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dimanche 20 novembre 2022

 Glen Affric











Karine Giebel

Ed Plon, 4/11/2021, 768 pages


"C’était en novembre, c’était un jeudi. Il pleuvait un peu mais il ne faisait pas froid…" Tel est le leitmotiv de Léonard, le mantra qui apaise ses souffrances… Léonard, harcelé de la façon la plus abjecte, racketté, violenté, puni, rejeté, qui accueille avec joie Jorge, ce frère qu’il ne connaissait qu’à travers une carte postale expédiée d’Ecosse, de cet endroit magique, de Glen Affric où il ira vivre, heureux, pour l’éternité.

Jorge, qui revient dans sa famille, fatigué, usé, Jorge, le beau jeune homme dont les qualités se dévoilent peu à peu, Jorge prodigieusement intelligent, sensible, aimant…

Mona, mère suppliciée par la souffrance des siens, femme qui n’est qu’amour pour ses fils.

Angélique, personnage mystérieux qui sort de l’ombre soudainement et dont on ne comprend pas le lien avec le reste du récit…

Durant cette lecture, je suis devenue Mona, je suis devenu souffrance, je suis devenue celle dont le cœur s’est serré à mainte reprises , celle qui avait envie de prendre sous son aile ses deux créatures trainées dans la boue, ces deux créatures devenues réelles dans mon esprit, deux créatures qui m’ont donné envie de hurler ma colère, de verser des larmes, de me révolter à leur place … … souvent.

Et puis dans ce roman, on oublie les droits de l’homme, on oublie la présomption d’innocence, on se retrouve en face de la bêtise humaine, que nos héros, de belles personnes savent mettre en évidence, on se demande quel événement va survenir pour mettre Léonard et Jorge en difficulté toujours croissante, on serre le cœur, on a peur !

Ce roman, je l’ai terminé à deux heures du matin, ne pouvant me résoudre à le refermer, et j’y pense encore… Il est avec « Toutes blessent, la dernière tue », l’un des romans les plus forts, les plus déstabilisants que j’ai lus, il fait partie de ces romans que l’on ne peut oublier.

Les livres de Karine Gebel, on les ouvre, on y saute à pieds joints, on se retrouve dans l’action dès les toutes premières pages, et il est inutile de lutter pour se dire qu’on ne veut pas être confronté à tant de méchanceté, car il est trop tard, on n’en sortira qu’au dénouement, on est piégé par l’action qui produit d’elle-même le suspense.

Je retiendrai tout de même, qu’une fois oubliée la violence et l’oppression des personnage, il restera l’amour, cet amour sans faille que se portent les victimes, unies dans leur malheur, amour rempart qui protège et rassure.

Je suis heureuse d’avoir réussi à écrire cette chronique sans divulgâcher, ce qui me semblait difficile avant de commencer.

Je me sens seul à présent, j’erre autour de ma pal, sans but, sans idée de lecture, encore envoûtée par ce récit.

jeudi 17 novembre 2022

 

Le nuage de Louise











Devin, Eric, Terry Fan (the Fan Brothers)

Ed Little Urban, 7/10/2022, 56 pages


Joli concentré de rêve et de poésie avec une touche humoristique, ce bel album est fait pour se sentir bien, sortir des sentiers battus, s’émerveiller… Il raconte avec tendresse, l’histoire de Louise, qui part se promener avec ses parents dans le grand parc rempli de kiosques et de fontaines, où tourne un grand carrousel et un théâtre de marionnettes, tout ce qu’il faut pour combler les enfants.

Mais Louise, elle, veut acheter un nuage, un nuage tout simple, surtout pas un nuage avec une forme d’animal ou un de ces nuages joufflus…non ! un nuage ordinaire. Son nouvel ami, elle l’appelle Milo.

Et Milo, désormais, partagera la chambre de Louise. Louise qui lit soigneusement la notice intitulée : « comment prendre soin de son nuage ».

Un livre qu’on commence, bien surpris par cette histoire… que l’on trouve très belle, que l’on veut poursuivre jusqu’à la fin, tout en s’arrêtant sur chaque page aux dessins si délicats qu’on a envie de les caresser, ces dessins tout doux, tout cotonneux, tout… brumeux !

Coup de cœur des albums jeunesse pour moi. J’ai hâte de le lire aux plus petits, de les emmener dans ce beau rêve éveillé.

mercredi 16 novembre 2022

 Conte et légendes du Nord

Mon album de l'Avent











Caroline Dhery

Ed Auzou, 28/10/2022



Belle découverte que celle d’aujourd’hui ! Un trésor pour entretenir la goût des livres, la joie de se bercer dans de belles histoires, et le bonheur pour tous de redécouvrir la magie de Noël. Conte et légendes du nord est bien plus qu’un livre de conte ! C’est un calendrier de l’Avent littéraire. On commence, quelques jours avant le 1er décembre, par lire le début du conte écrit dans un livret : une histoire qui se passe en 1902 dans le village de Tromsø, en Norvège. Aline est une petite fille qui adore les livres. Un jour, elle trouve sur le registre de la bibliothèque, un livre de contes qu’elle n’a pas lu. La bibliothécaire une méchante femme, affirme qu’elle n’a pas reçu ce livre. Aline parvient à s’introduire dans la réserve et retrouve ce livre de contes samis, dont la langue avait été interdite dans le pays. Mais la bibliothécaire survient, et folle de rage, déchire le livre feuille par feuille et jette tout dans la neige…

Aline ramasse ces pages déchirées, et commence à lire… Les pages sont à présent dans les vingt quatre enveloppes que contient le coffret, on ouvre une enveloppe par jour, on lit chaque jour, la suite de l’un des six contes contenus dans le coffret. Et le 24 décembre réserve une belle surprise, à condition de garder précieusement les pages lus dans cette belle période qui mène à Noël… Je n’en dis pas plus…

J’ai ouvert la première enveloppe, juste la première pour pouvoir aller au bout de ma critique : il s’agit bien de la suite du conte commencé dans le livret.

Promis, je découvrirai les pages avec les enfants de ma classe, nous serons obligés de terminer en janvier.

Un calendrier de l’avent original pour patienter jusqu’aux festivités.

samedi 12 novembre 2022

 L'arche de Rantanplan











Jul, Achdé d'après Morris

Ed Lucky Comics, 21/10/2022, 48 pages


Il est bien surprenant, ce volet des aventures de notre Cowboy solitaire !

 un scénario original, certes, mais quelque peu ennuyeux et qui ne cadre pas du tout avec Lucky Luke, la légende de l’Ouest. Jul Prend bien comme point de départ, un personnage réel, Henry Bergh, fondateur du mouvement de protection des animaux en 1866, toutefois, il invente un héros sans relief, qui incite au végétarisme et sera abusé par quelques hors-la-loi qui imposeront le régime végétarien à la population de la ville. Ce n’est pas l’esprit de Lucky Lucke notre justicier préféré qui, s’il nous régales de multiples aventures, vit tout de même avec son temps. Le phénomène végétarien est plutôt actuel, et lire des propos d’actualité sortant de la bouche des personnages, cela fait vraiment artificiel, je crois avoir ressenti de l’agacement en lisant ces pages sur lesquelles j’ai failli piquer du nez.

Bien sûr certains traits d’humour feront sourire, Rantanplan est très Rantanplan, (ce chien me fera toujours rire !), les Dalton font une brève apparition, le splendide Jolly Jumper fait toujours preuve de caractère et se montre toujours aussi expressif et semble dialoguer avec les lecteurs, il y a toujours un pénitencier, mais cela ne comble pas la faiblesse concernant le scénario.

Cet humour, il est certainement plus confortable d’en rire dans les bons vieux albums de Goscinny et Morris.

vendredi 11 novembre 2022

 L'Iliade

La pomme de discorde











Luc Ferry, Pierre Taranzano

Ed Glénat, 14/09/2016, 56 pages


En parcourant rapidement cette bande dessinée avant de me plonger dans la lecture, j’ai eu un peu d’appréhension, je suis donc allée consulter l’exposé de Luc Ferry qui se trouve à la fin. Ma peur ? Que le récit soit réduit à la guerre de Troie… Mais le philosophe précise bien que l’Iliade ne relate que la fin de la guerre, et de fameux épisodes célèbres tels que le cheval de Troie et la mort d’Achille n’y figurent pas, de même que l'épisode de la pomme d'or, servira dans cet ouvrage, à expliquer les causes de la guerre et ne doit pas être considéré appartenant à l'œuvre célèbre attribuée à Homère.

J’attends donc de pouvoir découvrir les deux autres tomes pour me faire une idée de  la fidélité  de cette célèbre épopée en bande dessinée. 

Le premier volet montre l’enlisement de la guerre, une tentative de paix, la reprise des combats et surtout l’origine de cette guerre mythique : la pomme d’or ou pomme de discorde. On y comprendra que la guerre de Troie est l’affaire tant des mortels que des Dieux : discorde dans l’olympe, vengeance des déesses, soutien de chaque armée par des dieux.

L’album est très agréable, les personnages magnifiques, l’illustrateur, Pierre Taranzino transmettant à merveille par le dessin, la puissance des combattants, la beauté des femmes, la cruauté des combats, une page particulièrement m’a captivée : il s’agit d’une double page montrant les armées prêtes à s’affronter à Troie, surplombée par les dieux qui se placent en observateur au-dessus de la ville, double page superbe que je ne me lasse pas d’admirer.

L’exposé de Luc Ferry rappelle quelques aspects importants de l’œuvre d’Homère, supposé auteur de l’épopée.

Ma peur se dissipe donc légèrement après la lecture de ce premier volet. Quoi qu'il en soit on se retrouve face à un travail de qualité de la part des auteurs.

 

 

 

jeudi 10 novembre 2022

 

Chien 51

















Laurent Gaudé

Ed ACTE SUD, 17/08/2022, 302 pages



Des dystopies je n’en ai pas lu énormément, mais je peux tout de même affirmer qu’elles excitent ma curiosité et me poussent à poursuivre jusqu’ au dénouement, tout en provoquant chez moi un malaise, sorte d’angoisse que je ne peux contrôler, sans doute parce que, si certains romans développent un scénario peu probable, d’autre m’amènent certainement à envisager l’avenir de l’humanité de façon similaire au récit.

Chien 51 est tout à fait le type de récit qui laisse pensif : la Grèce en faillite, on l’a vu, et qu’un empire financier tout puissant rachète des pays… Pourquoi pas ? L’informatique ayant propulsé l’humanité dans un monde qu’on n’aurait pas imaginé il y a ne serait-ce que trente ans, on pourrait être amené à penser qu’une élite aurait les moyens de prendre le pouvoir et de surveiller chaque individu de la même manière que cela se pratique à Magnapôle, cité ultra moderne, née du rachat de la Grèce, utilisant une technologie de pointe, c’est même plus plausible que la domination de big Brother par écrans interposés.

Et là, on réfléchit, on se demande si cette société décrite dans Chien 51 n’existe pas déjà,  sommes-nous vraiment égaux ? Non bien sûr ! Mais la différence entre ce récit et notre société actuelle, c’est que les inégalités existent naturellement quel que soit le gouvernement d’un pays… Dans chien 51, on cloisonne volontairement la société : les nantis, les travailleurs honnêtes qui méritent qu’on les gratifie de confort supplémentaire, et les autres : chômeurs, petits boulots, pauvreté, précarité… et on veille à ce que ces trois mondes ne se croisent pas !

Autre aspect anxiogène du roman : l’environnement : les pluies acides surviennent sans prévenir, un liquide jaune vous tombe dessus, les furies peuvent se déchaîner et tout emporter sur leur passage, On est bien face à un dérèglement climatique.

On n’oubliera pas l’action : il s’agit bien d’un thriller policier, avec un bon suspense, de la violence, une violence inouïe, avec des enquêteurs qui bien sûr, n’agissent pas en toute liberté et qui passent leur temps à « marcher sur des œufs » dans ce monde où une poignée d’hommes fourbes et assoiffés de pouvoir font leur loi.

Un page-turner efficace et dont la lecture ne manquera pas de rester gravée dans les mémoires.

mercredi 9 novembre 2022

 

Les enfers.

Au royaume d'Adès











Luc Ferry, Diego Oddi

Ed Glénat, 1er/12/2021, 56 pages


Ulysse est revenu sur ¨l’île d’æae, rappelé par Circé la magicienne, qui a reçu un message des dieux à destination du héros. Celui-ci doit se rendre aux enfers où Tirésias l’attend pour lui livrer une prophétie le concernant, nous partons donc vers ce lieux mystérieux, dont chacun d’entre nous connaît au moins quelques aspects.

Cet album, est destiné, à travers les enseignements de Circé qui informe notre courageux Ulysse, à proposer au lecteur de descendre aux enfers, d’y entrer en traversant le Styx aux eaux vénéneuses, de voguer sur l’Achéron ou rivière du chagrin, de saluer au passage les âmes privées de sépulture et qui par conséquent, n’ont pu payer l’obole due à Charon, le passeur. Elle se retrouvent errantes sur les rives du Cocyte. On y croisera divinités des enfers et créatures impitoyables, Harpies, furies, monstres …

Circé en profite pour avertir le mortel : en enfer, il sera jugé et dirigé vers l’un des trois lieux où terminent les âmes… Les enfers, on y entre difficilement, surtout si l’on ne fait pas partie des innombrables trépassés qui s’y rendent, on en sort encore plus difficilement, car Cerbère veille…

Ulysse devra donc faire preuve d’un grand courage pour mener à bien ce voyage dans les entrailles de Gaïa.

Cette bande dessinée magnifique permet également de réviser les différents supplices connus des mortels que nous sommes : Tantale, les Danaïdes, le mythe de Sisyphe, et si on lit ces quelques lignes de critique, rien que des réjouissances…

Album captivant issu du savoir de Luc Ferry, avec , comme tous ses albums, d’un exposé philosophique plus difficile à lire, mais très intéressant.

Un livre sombre, à vous glacer le sang, une description précise de ces lieux mythiques peut-être difficilement égalée dans la littérature. Quelques planches peuvent apparaître confuses en raison d’un texte trop rare, ce qui demande au lecteur un travail d’observation de chaque vignette. Quelques cartouches supplémentaires y seraient les bienvenus.

 

 Les expressions animalières dynamitées.











Margaret Boislève, Magali Le Huche,

Ed Gautier Languereau, 20/04/2022, 152 pages


Encore une pépite découverte au hasard de mes flâneries en librairie. Cette fois il s’agit de contes des origines, le type de récit que j’aime particulièrement parce que j’apprécie leur fond humoristique. Dans cet album, il ne s’agit plus de touche humoristique, mais bien d’humour avec un grand H.

On y apprend que les singes sont malins (comme des singes), les agneaux sont doux, les oies sont bêtes les poux sont moches, les mules têtues, les taupes myopes, mais qu’il n’en a pas toujours été ainsi...

Contes revisités avec un vocabulaire très « contemporain »,  des situations cocasses, des récit truffés de remarques hilarantes, des illustrations sur lesquelles on s’attardera… tout pour plaire à nos tête blondes (et aux autres)… un livre à savourer jusqu’à cent-vingt ans

Attention, je l’ai testé chez des enfants de six ans , il faut tout de même expliquer le sens des expressions, ils ne comprennent pas toujours le sens figuré, mais sensibles à l’humour regorgeant de ces histoires,  ils rient tout de même de bon cœur et en redemandent.

Si j’avais encore une classe de CM2, il est certain que je partirais de cet ouvrage pour leur faire produire des récits de ce type.

Un album à lire et à relire.

dimanche 6 novembre 2022

 

La naissance des dieux











Luc Ferry, Dim.D, Federico Santagati

Ed Glénat, 8/11/2017, 56 pages


Je découvre avec bonheur cette immense série : « la sagesse des mythes » créée par Luc Ferry, pas moins de trente-quatre tomes traitant chacun de grands thèmes mythologiques différents. Des heures de lecture et de délice pour qui aime la mythologie !

Un hasard heureux a voulu que, déambulant dans une librairie, je tombe sur le volet relatant la naissance des Dieux. Un récit fidèle à ce que l’on connaît sur ce mythe.

L’album s’ouvre sur le chaos. Le néant y est représenté par une page aux couleurs de feu et trois cartouches destinés à décrire ce que l’on peut en décrire : désordre absolu, divinité impersonnelle, indistinct, sans forme, sans contour… Chaos donnera naissances aux entités primordiales : Terre, Ciel, nuit, ténèbres, tartare et éros.

De belles planches illustrent cette création : rien n’est posé, c’est un monde sauvage, explosif, on y aperçoit d’effroyables créatures sorties des entrailles de Gaïa, et c’est avec la naissance de Zeus que le dessin semble moins perturbé, on est pourtant loin de l’équilibre de l’Olympe, ce qui donne envie de poursuivre l’aventure avec Zeus dans sa lutte contre les titans…

Une magnifique bande dessinée dans laquelle on s’enfonce avec délice, on s’arrête à chaque vignette pour contempler le dessin, parfois pour le comprendre mieux, car il faut reconnaître qu’un combat contre des monstres hideux n’est pas forcément facile à transmettre par le dessin.

Un bémol : question terminologie : pourquoi appeler « cent bras » les hécatonchires (monstres à cent bras et cinquante têtes), pourquoi ne pas reprendre les noms grecs des cyclopes, cela m’a quelque peu surprise. Par ailleurs, si cela ne m’a pas empêchée de savourer ce récit, j’ai trouvé que Zeus ne correspond pas à l’image que je m’en faisais : il apparaît comme un jouvenceau plutôt fluet, à se demander comment il entrera en conflit avec des titans. Mais ceci est une réflexion personnelle qui ne doit aucunement perturber les autres lecteurs.

Je me dépêche d’aller commander d’autres volets de cette belle mythologie.

 

jeudi 3 novembre 2022

 

Circé



Madeline Miller

Ed Pocket, 2/05/2019, 576 pages


Coup de cœur pour une Nymphe, divinité secondaire aux modestes pouvoirs qui garantissaient tout juste l’éternité : Circé, fille d’Hélios et de la naïade Perseis, fille Océan, Circé, pour qui tout espoir de rencontrer l’amour semble vain, Circé chahutée par sa sœur Pasiphaé et son frère Persès, Circé la divinité à la voix de mortel, qu’aucun roi ne veut pour épouse… sera-t-elle condamnée à l’errance éternelle ?

 

Mais la fille du soleil, intelligente et vive, saura se servir de ses erreurs pour forger elle-même sa destinée, elle n’hésitera pas à affronter les dieux de l’Olympe,puissants, jaloux, vindicatifs, belliqueux, concupiscents, inflexibles. Reine solitaire de l’île  Æaea, elle deviendra redoutable sorcière qui livrera quelques- une de ses effroyables recettes. Elle évoluera aux côtés de héros célèbres que l’on aura plaisir à redécouvrir. 


Le lecteur tremblera face aux monstres redoutables et impitoyables qu’il rencontrera, redoutera la colère des dieux, admirera la persévérance de l’héroïne et cherchera à comprendre ses ruses.


Ce fut une grande joie d’accompagner cette figure de la mythologie grecque, d’abord simple nymphe, puis grande magicienne crainte des dieux comme des mortels.



Ce livre m’a permis de retrouver une de mes  passions éteintes : la mythologie grecque, il m’a amenée à fouiller dans ma mémoire, à consulter des ouvrages pour aider les connaissances assoupies à refaire surface, connaissances indispensable pour visiter un musée, pour observer une œuvre de peintre ou de sculpteur, pour se promener dans une ville inconnue…

 

Mais ce roman est plus que le parcours d’une sorcière, c’est une belle œuvre poétique, ode à la nature riche des divinités qui la peuplent. Puissions nous imaginer la nature qui nous entoure, regorgeant de ces divinités afin de faire preuve à son égard, du plus profond respect. Car c’est bien à cela que devait conduire cette religion antique : se sentir tout petit face aux éléments, face à une nature toute puissante.

 


Je remercie infiniment les babeliotes qui ont lu ce fabuleux récit avant moi, et qui m’ont donné envie de le découvrir. 

 

samedi 29 octobre 2022

 

Tu lis quoi ?












Géraldine Collet, Mylène Rigaudie

Ed Glénat, 9/06/21, 32 pages


Zoé lit une bande dessinée, Armand termine son roman, Et toi Lou, tu lis quoi ?Lou ne répond pas, sans doute ajoute-t-elle un mystère pour épicer ce joli petit ouvrage.

Un livre très vite lu et apprécié des enfants. Un livre fait pour montrer que la lecture, il y a en a pour tous les goût, du roman au mail, du journal aux bandes dessinées… Un livre pour insister sur l’importance de la lecture dont personne ne peut se passer. Un livre pour inviter nos petits amis à s’ouvrir et à explorer le monde à travers toutes sorte de lecture.

Cet album aux illustrations fournies, agréables et comiques pourra être rapidement lu par des enfants dans le courant de leur année de CP.


jeudi 27 octobre 2022

 Le cœur de l'Angleterre













Jonathan Coe

Ed Gallimard, 25/03/2021, 608 pages


Le Brexit,  comme beaucoup en France, je l’ai vécu par le biais de l’information et à travers les paroles et affirmations des uns et des autres,  comprenant alors que la situation était grave pour le royaume uni comme pour une bonne partie de l’Europe, particulièrement d’un point de vue économique, mais mon ressenti était faible, je m’en rends compte aujourd’hui à la lecture de ce roman dans lequel Jonathan Coe raconte l’Angleterre des difficiles années 2010, la crise économique, le chômage, les difficultés de la jeunesse à se projeter dans un avenir incertain.

Il explique comment le pays en est arrivé à ce point : tensions politiques, manipulations du gouvernement, galvanisation par des groupes extrémistes écoutés par une fraction de la population qui ne manquera pas de penser que l’immigration est la cause de tous les maux.

Personnage bien choisis, représentant une jeunesse en révolte, quelques nostalgiques de la vieille Angleterre industrielle, au fait des manœuvres politiques où se laissant porter par les événements, certains accepteront les faits, d’autre envisageront l’exil…

 Roman édifiant pour les non britanniques qui s’apercevront de la violence générée par ce Brexit, à tel point que j’ai eu le sentiment que tout cela aurait pu dégénérer en émeute, le fossé se creusant entre les pro et anti-Brexit.

 Un roman écrit pour comprendre…

Un roman qui m’a intéressée et instruite, mais que j’ai parfois eu du mal à poursuivre, peut- être parce que les questions politiques ne sont pas ma «cup of tea », et sans doute parce que je n’ai pas lu les premiers tomes et que j’ai dû plonger dans un milieu inconnu sans pouvoir m’attacher aux personnages qui avaient commencé à évoluer dans les précédents romans.

 Je ne regrette toutefois pas de l'avoir lu.


mercredi 5 octobre 2022

 

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Eric Pasquinet

Ed France Loire, 24/08/2016, 264 pages


Ce roman, je j’avais abordé comme un thriller et je sentais naître l’histoire policière … Quelle méprise ! Je me suis vite rendu compte de mon erreur.

L'histoire commence par un suicide, celui de Geoffroy, ingénieur dans une entreprise pharmaceutique, un jeune homme à qui la vie sourit, un être délicat, intelligent, qui a le sens de la relation, et qui montre son empathie, un personnage apprécié de son entourage, compétent dans son travail, dynamique et toujours de bonne humeur, que demander de plus… Et Geoffroy met fin à ses jours… ce qui amène ses proches à affirmer que ce n’est pas possible, Geoffroy n’a pas pu se suicider car il profitait pleinement de la vie…

Façon géniale d’accrocher le lecteur qui cherche des explications : le récit nous emmène sur le chemin du défunt : depuis son enfance jusqu’à cet acte que l’on pourrait attribuer à un individu désespéré, en manque d’amour, seul, ou dépressif … la question reste entière, les réponses viendront à la fin, dans le journal éphémère qu'écrit Geoffroy et qui ne sera connu que du lecteur.

Un roman original qui traite de la question du suicide, un récit magnifiquement écrit par un auteur qui mérite vraiment d’être lu.


jeudi 22 septembre 2022

 

Meurtriers sans visage.











Henning Mankel

Ed point, 16/11/2015, 384 pages


Un roman policier banal, tendance thriller, avec pour victimes un couple d’agriculteurs suédois dont le mari est torturé et mis à mort, et pour indice un mystère sous la forme d’un mot qui sort de la bouche de son épouse mourante : « étranger « , un émigrant exécuté en pleine rue, un inspecteur de police qui mène son investigation en Scanie, policier taciturne et complexé (ce n’est pas rare dans les roman de ce style) qui se bat contre ses collègues, contre les autorités, un homme qui malgré tout, n’a pas froid aux yeux, une enquête qui patauge… Rien d’original. Cela n’empêche tout de même pas de passer un moment de lecture pas très « épicé ». Peut-être ai-je trop lu de policiers, peut-être le suspens fait-il défaut à ce récit ? Pour finir, je referme ce livre avec plus de questions que de réponses, car la fin me paraît sans saveur ni surprise.

Ce roman ne me laissera pas une souvenir impérissable, ce qui ne m’empêchera pas d’essayer de lire un autre roman d’Henning Mankel. Ce livre ne m’a pas interpellée, c’est tout.

dimanche 28 août 2022

 

Aux portes de l'éternité
















Ken Follet

Ed Robert Laffont, livre de poche, 25/09/2014, 1224 pages


Je suis enchantée d’avoir lu les trois tomes de la saga du siècle, d’être venue à bout de ces 3 288 pages et d’avoir approfondi les événements survenus durant ce siècle d’histoire.

Le premier tome m’a propulsée au début du siècle, me mêlant aux polémiques de l’époque et m’amenant à comprendre les enjeux de la première guerre mondiale et ses coulisses, témoin de ceux qui œuvrèrent pour empêcher la guerre comme de ceux qui avaient intérêt à la voir éclater. Un tome qui introduit les personnages disséminés aux quatre coins du globe et auxquels je me suis attachée.

Je dois avouer que quelques années ont passé avant que je découvre le deuxième tome, la difficulté fut alors de récréer les liens entres la première génération et les héros de la deuxième guerre mondiale, c’est pourquoi j’ai attaqué le troisième tome, celui qui nous intéresse dans cette critique, juste après sans attendre, et je ne le regrette pas, même si j’y ai passé de nombreuses heures de lecture.

Le volet intitulé « Les portes de l’éternité » couvre la période de la guerre froide, entre 1961 et 1989 avec un épilogue correspondant à l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis en 2008.

Ce tome m’a beaucoup interpellée parce que je suis née au début de cette période et que j’avais entendu parler de la majeure partie des événements qui y sont rapportés, sans en connaître le détail parce que j’étais trop jeune pour m’y intéresser.

Les deux premières générations vont y laisser place à la jeunesse, les enfants nés durant la guerre où dans la période d’après-guerre ont grandi, ils font leur chemin, les uns encore étudiants, les autres en fin d’étude, et deviendront avocats, journalistes, travailleront dans la politique, ou excelleront dans l’art de la musique ou du cinéma, intéressants itinéraires de jeunes déterminés et courageux, certains bravant de réels dangers pour parvenir à leurs fins et prendre en main leur destinée. On ne pourra que s’attacher (ou pas) à chacun.

Les événements qui surviennent sont livrés au lecteur avec force détail, ce qui contribue à la compréhension fine de l’actualité de l’époque : on commence par la politique de Kroutchev : les débuts de la RDA, la construction du mur de Berlin et ses effets sur la population de Berlin Est, son implication dans la crise De Cuba, terrain de jeu des deux super-puissances qui auraient pu intervenir, fortes de leurs armements nucléaires respectifs.

Côté américain, on assistera au bras de fer entre le président Kennedy et le leader russe, et on apprendra beaucoup sur les tentatives de législation anti-ségrégation du gouvernement américain, on côtoiera Martin Luther King, on apercevra Joan Baez et on comprendra combien il fut difficile pour les Afro-Américains de faire valoir leurs droits.

Ken Follet, le musicien n’a pas omis d’inclure dans son roman, des musiciens, et on suivra le parcours d’un groupe de rock naissant avec ses difficultés et ses réussites, on comprendra alors la difficulté pour bien des groupe qui se sont formés à cette période, de percer et de devenir célèbres.

Ce dernier volet, c’est aussi la plus grande mobilité de la population, son épanouissement, en contraste avec les habitants de Berlin Est et du bloc communiste, c’est la libération sexuelle, de grands pas vers la tolérance et l’antiracisme, même si le chemin est encore long, c’est une évolution de la société à grande vitesse, c’est une dénonciation des méfaits du communisme dans sa lutte contre la dissidence et sa non-reconnaissance des libertés fondamentales, c’est aussi le détail de sa chute.

Certains passages m’ont paru longs, très longs, nécessaires négociations et manœuvres politiques, cela n’amoindrit pas mon enthousiasme et ma soif de connaître les faits historiques et de les comprendre.

A quand le tome suivant ? la période comprise entre 1989 et 2020 est riche en événements, je crois que s’il était édité, je me jetterais dessus pour le dévorer.

 

                                          

 


mardi 23 août 2022

 

Blackwater T1 : la crue













Michael Mcdowell

Ed Monsieur Toussaint Louverture, 7/04/22, 256 pages


Avant de vous livrer mon ressenti sur ce premier tome, je crois que je vais m’attarder sur la couverture. Moi qui lis essentiellement sur liseuse, je n’ai pu m’empêcher de commander le livre papier parce que la couverture est très attirante. Et je ne fus pas déçue à la réception de l’ouvrage car il est vraiment magnifique et j’avoue avoir passé beaucoup de temps à caresser cette merveille et à la regarder avant de l’ouvrir. Voilà, c’était mon coup de cœur « couverture de livre ».

Par ailleurs, ce volume me fait penser à une mise en bouche pour le lecteur : on prend le temps de situer les personnages (tableau généalogique à l’appui) et les lieux (plan de Perdido, petite ville de l’Alabama), ce qui est une fort bonne chose parce que cela permet de prendre dès le début, des repères parmi les protagonistes, et d’imaginer l’action dans les lieux annoncés.

L’histoire commence par un événement clé : la crue tant redoutée par les habitants de Perdido qui devront se réfugier dans l’église. On comprendra par la suite que la vie des gens est dominée par la présence de cette rivière qui façonne la vie de chacun.

Puis survient le mystère, un mystère que l’on ne peut que percevoir à travers des lignes sibyllines : Elinor ! qui est cette jeune femme rousse venue de nulle-part, sauvée des eaux, peu loquace, qui s’installe dans la ville et crée des liens avec chacun ? c’est ce qui, malgré une action lente, fera voguer le lecteur qui ne cessera de se poser moultes questions sur ce personnage énigmatique.

L’action s’intensifie à la fin du livre, et après cette mise en bouche on se sent prêt pour lire la suite.

Ecriture délicate, véritable tasse de thé que l’on consomme à petites gorgées savoureuses. Ce livre peut être lu par les jeunes et les moins jeunes.

mercredi 10 août 2022

 11 septembre : le jour où le monde a basculé












Baptiste Bouthier, Héloïse Chochois

Ed Dargaud, 20/08/2021, 144 pages


11 septembre 2001, une date que l’on n’est pas près d’oublier. Ceux qui l’on vécue se souviennent encore de ce qu’ils faisaient lorsqu’ils ont appris la terrible nouvelle.

Cette bande dessinée reconstitue parfaitement l’enchaînement des événements, et, si elle peut paraître confuse, c’est parce que l’auteur exprime le climat de confusion qui régnait le jour même et dans les jours qui ont suivi l’attentat : population perturbée, foyers atterrés, fascinés et terrorisés qui regardaient en boucle les programmes afin de savoir ce que nul ne savait encore et ce qu’on pouvait imaginer pour l’avenir : conflit ? nouveau attentats ?

Le scénario, bien construit, est un bel exposé livré par l’œil de Juliette, exposé complet sur l’attentat en lui -même, les secours, les pompiers qui laissèrent leur vie entre les décombres, le problème terroriste, l’action des Etats-Unis. L’auteur traduit également à merveille l’état d’esprit des individus : événement anxiogène, compassion, recherche du sensationnel chez certains.

Je dois avouer que j’avais oublié certains aspect de cette terrible journée du 11 septembre, et lisant très peu la presse, j’ai reçu de ce livre, une compréhension plus fine du déroulement de cette catastrophe.

Bon exposé pour les personnes nées en ce début de siècle et qui n’ont pas vécu cet événement, pour les personnes qui veulent compléter leur information sur la question, pour la mémoire des gens qui laissèrent leur vie dans les avions et les tours.

lundi 8 août 2022

 La princesse des glaces













Camilla Läckberg

Ed Acte sud, Babel noir, 512 pages


Je me suis dit qu’il y avait longtemps que je n’avais pas lu un roman de Camilla Läckberg, auteure qui ne m’a jamais déçue.  Après avoir lu, dans le désordre, comme à mon habitude, Le tailleur de pierres, la faiseuse d’anges, et l’enfant allemand de la série Erica Falk et Patrik Hedström, je me suis décidée à lire le premier : La princesse des glaces.

On entre dans ces romans sans difficulté, et j’ai tout de même pris conscience que si les romans pouvaient fort bien être lu dans le désordre, il est intéressant de suivre l’évolution des protagonistes. Dans le présent récit, on découvre une Erika Falk bien seule, et un Patrik qui se remet avec peine d’un divorce, puis on sent, on sait qu’un couple va se former, on découvre deux amoureux timides et, ce qui rend leur situation comique, chacun craint de déplaire, ils ont mutuellement peur de l’autre. Et puis… !


L’intrigue est vraiment intéressante, histoire d’un crime qui prend sa source dans le passé de la petite communauté que représente Fjällbacka où une jeune femme est retrouvée morte dans sa baignoire, les poignets tailladés, ce qui fera penser à une suicide. Les déclarations et les silences des personnes concernées, famille, amis, seront à l’origine de rebondissements comme on les aime, et notre enquêteur rencontrera bien des difficultés à faire évoluer ses recherches dans cette petite ville ou tout le monde semble se connaître.


Cette série promet d’excellents moments de lecture et je vais désormais la lire dans l’ordre des titres.

vendredi 22 juillet 2022

 Les hommes ont peur de la lumière
















Douglas Kennedy

Ed Belfond, 5/05/2022, 255 pages


Enfin, Douglas Kennedy nous revient avec ce bon roman qui m’a ramené au temps de piège nuptial, des charmes discrets de la vie conjugale, quitter le monde…

 Un récit plein de rebondissement, de suspens, de belles personnes et de moins engagé vers le bien, de scènes suffisamment graves pour captiver le lecteur.

L’auteur y aborde ses thèmes de prédilection : la société américaine, le travail, l’exploitation, les débordement des puissants mais surtout un sujet grave qui demande réflexion : l’interruption volontaire de grossesse, sujet brûlant, particulièrement aux Etats-Unis, où des cohortes d’opposants sont capables de manifester plus que bruyamment, avec pour bannière, leurs émotions et leur génie culpabilisateur, et imperméables à toute discussion.

Je me suis sentie, dès le début du roman, dans la peau de Brendan, le personnage principal : un homme qui vit simplement, ne se pose pas trop de question, ne juge pas verbalement, un homme qui a baissé les bras face à une femme déterminée quoique déséquilibrée par les épreuves qu’elle a subies, et face à un prêtre, son ami d’enfance, corrompu et arriviste.

On assistera au cheminement de notre héros, aidé par une femme hors du commun et qui semble avoir les pieds sur terre, poussé par sa fille, Klara, jeune femme obstinée pour laquelle il est prêt à donner sa vie.

Le dernier tiers du livre est très mouvementé : difficile de refermer le livre avant de … savoir…

 

Un véritable page-turner relativement court que l’on referme avec un certain vague à l’âme.