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mercredi 29 décembre 2021

La mort est mon métier.











Robert Merle

Ed folio 1/06/1972

384 pages


Je ne pourrai retrouver une certaine paix intérieure que lorsque j’aurai couché sur le papier mes réflexions au sujet de ce livre effroyable, d’autant plus effroyable qu’il s’agit là d’une biographie romancée et qu’on n’est pas dans le thriller, mais bien dans la description d’actions réelles de la part de bourreaux qui surent mettre leur intelligence voire leur génie au service du mal et de l’horreur.

Un écrit démodé après sa parution, parce que la littérature concentrationnaire gênait des personnes qui avait vécu la seconde guerre mondiale, et qui a toutefois survécu sans manquer de lecteurs, affirmera Robert Merle parce que les personnes qui après les années 70 ont lu ce livre n’ont en général pas vécu cet enfer. Il reste donc un écrit majeur et indispensable au devoir de mémoire.

Cette biographie romancé nous livre le parcours de Rudolf Hoess, commandant du camp d’Auschwitz-Birkenau entre 1942 et 1945. Un personnage que l’on ne peut absoudre mais dont le cheminement est concevable quand on prend connaissance des éléments déterminants de son enfance. Une enfance juste qu’à l’adolescence aux côtés d’un père qui entretient dans le milieu familial, une austérité maladive, baignant ses enfants dans une pratique religieuse de fanatique, faisant subir à l’enfant Rudolf, harcèlement et mauvais traitement moral, lui demandant un comportement parfait afin qu’il expie les fautes d’un géniteur obnubilé par la crainte de voir sa progéniture faire ne serait-ce qu’un pas de travers, ce qui ne peut laisser un individu indemne.

Elevé dans un contexte d’obéissance absolue à un être supérieur, il s’engage naturellement dans l’armée et devient un bon petit soldat qui apprend à exécuter les ordres sans réfléchir, son chemin semble bien tracé. On remarquera dès lors, une absence quasi totale d’empathie chez ce personnage et on comprendra aisément les raisons pour lesquelles sa hiérarchie après la prise de pouvoir d’Hitler, lui refusera une affectation sur le front russe pour lui confier une « action spéciale », Himmler ayant constaté cette absence d’émotion et cette obéissance aveugle à l’autorité supérieure.

Et l’horreur est décrite, mais cette fois, contrairement à beaucoup d’écrits de cette littérature concentrationnaire, nous nous retrouvons dans les coulisses, du côté organisateurs de l’enfer : les déportés ? une gestion comme une autre, un cheptel que l’on envoie sans émotion vers l’abattoir, des hommes, des femme, des enfants éliminés sans aucun remort. Ce qui devait nécessiter une organisation sans faille.

Témoignage terrible que l’auteur a reconstitué en se servant de documents issus des écrits du psychologue qui interrogea Rudolf Lang (nom du personnage dans le livre) et des traces écrites laissées lors du procès de Nuremberg.

Un écrit édifiant, quoique difficile à lire et qui ne peut laisser indemne.

 

 

 

 

 

 Algues gourmandes












Régine Quéva, Catherine Le Joncour

Ed Flammarion 12/4/2017

160 pages



Il m’arrive très souvent de joindre l’utile à l’agréable en me procurant des livres de cuisine. Et je viens de m’offrir un beau cadeau ! Un magnifique ouvrage qui ne se contente pas de fournir de belles recettes faciles à réaliser, et dont les ingrédients, principalement algues bretonnes, sont faciles à trouver dans le commerce. Ce livre apporte également beaucoup sur la connaissance de cet étrange ingrédient.

L’auteure introduit cette cuisine en précisant qu’il ne s’agit nullement d’une mode, mais d’une pratique millénaire en Asie, que et que la consommation des algues contribue à une meilleure santé.

Riches en nutriments, elles nous apportent des sels minéraux, des oligoéléments, des vitamines et des antioxydants. Elles possèdent une teneur intéressantes en protéines, mais là, prudence : Il faudrait en manger beaucoup pour combler les besoins et un apport trop conséquent d’iode peut nuire à la santé.

Après une brève définition de l’algues, une dizaine de page est consacré aux différentes algues que nous pouvons consommer.

Puis viennent les recettes réparties en quatre chapitres très parlants : saupoudrer, ajouter, cuisiner et sublimer :

Saupoudrer sur les crudités, dans la soupe, sur l’omelette et même sur une mousse au chocolat, ce qui peut paraître surprenant, mais pourquoi pas ?...

 

Ajouter pour confectionner une moutarde aux algues, un beurre d’algues, un cake, une brandade, et ô surprise, un « mojitalg » ou mojito ou l’algue wakamé remplace la menthe.

Cuisiner des bouchées de la mer pour l’apéritif, ou un caviar de thon, une quiche...

Sublimer pour préparer des plats de fête avec des ingrédients un peu plus couteux, recettes alléchantes !

Pas moins de cinquante-six recettes dans ce livre agréable à feuilleter avec ses photos propres à taquiner les sucs digestifs et ouvrir l’appétit.

Un bijou réalisé par deux auteures : Régine Quéva, spécialiste des algues qui anime des conférences sur les algues et Catherine Le Joncour, restauratrice à Plestin-les-grèves.

Je ne tarderai pas à m’installer en cuisine pour essayer ces fabuleuses recettes.

dimanche 26 décembre 2021

 La grande traversée











R Goscinny, A Uderzo

Ed Hachette Astérix


Il fait bon relire des Astérix des anciens temps, riches en belles bagarres dont les poissons d’ordralphabétix font souvent l’objet, riches en jeux de mots et en situations cocasses.

Quelle différence, me demanderez-vous, avec les albums qui sortent depuis la disparition de Goscinny ? j’ai envie de répondre : nos bons vieux Astérix nous rappellent peut-être nos jeunes années, et proposent des histoires plus simples, moins alambiquées, des personnages peut-être plus expressifs, peut- être parce que notre quotidien semblait plus simple aussi, nous n’étions pas surinformés, entourés de médias comme aujourd’hui et notre accès à l’information était plus imités (là,  vous allez me dire OK Boomer ! je le sens).

Dans le présent ouvrage, nos deux héros se retrouvent par hasard, sur une terre, vraisemblablement une île, et ne cessent de se demander où ils sont, partant des connaissances acquises de leurs précédents voyages pour identifier un peuple dont ils ignorent le nom, les coutumes et la situation géographique. Le lecteur, lui, situe à peu près le lieu où ils ont échoué et connaît le peuple autochtone. On peut donc affirmer que la volonté de l’auteur était une sorte d’interactivité entre lecteur et héros : découverte d’une terre inconnue, interprétation des héros qui fait sourire, interprétation du lecteur qui possède les réponses aux questions de nos amis Gaulois. Belle réussite !

jeudi 23 décembre 2021

 Mistral perdu ou les événements











Isabelle Monnin

Ed Livre de poche


Nouveau coup de cœur 2021, un roman que j’ai d’autant plus vécu que l’autrice, dans cette autobiographie, commence par raconter les années 80, me donnant l’impression de mêler ma jeunesse à la sienne dans de magnifiques pages à l’écriture parfaite.

Elle raconte, sa relation fusionnelle avec sa sœur omniprésente, elle raconte la succession des gouvernements, les événements marquant entre ces années 80 et nos jours, événements donnant des indication de temps dans un récit ou les années ne sont pas précisées, jalons qui permettent de se repérer et grâce auxquels on retrouve ses jeunes années.

Elle raconte la relation avec sa sœur en usant de leitmotivs parlants et évocateurs de sa souffrance au début de chacun des chapitres : nous sommes deux, je suis seule, je suis deux... Elle s’exprime en hurlant sa souffrance, en racontant son travail de deuil, elle communique sa tristesse dans un texte qui invite au recueillement, à l’intériorisation, comme un trésor cachée au plus profond de soi.

Je ne connaissais pas cette écrivaine, et je suis heureuse d’avoir trouvé ce roman sur mon chemin. Une belle découverte.

lundi 20 décembre 2021

 

Ho'ponopono
















ME Hurtado Graciet - Dr Luc Bodin

Ed Jouvence


Donc résumons-nous : mon esprit, comme celui de mes pairs, est constitué d’un subconscient ou partie émotionnelle de notre être, là où nos mémoires sont stockées, d’un conscient, notre partie mentale celle qui nous permet de réfléchir et de faire des choix, notre super conscient qui correspondrait à notre âme reliée à une intelligence divine qui se situe en nous. Nous possédons en nous des mémoires erronées, ces certitudes et ces croyances qui nous amènent à produire une réalité qui nous est propre. Jusque-là, tout est admissible et je trouve magnifique que dans notre vie, nous puissions nous rendre capables de reconnaître qu’en chacun de nous, il y ait du divin, ce qui oblige à un grand respect des êtres humains. Il y a donc un travail certain à faire sur soi pour éviter de se laisser aller à une interprétation subjective des événements, des comportements, des faits, des obstacles qui peuvent se dresser sur nos chemins de vie et pour rayonner de façon à enjoliver notre vie, à enrober son être de positif et à le communiquer à autrui pour voir évoluer son propre comportement et celui de l’autre.

 

Je me permets toutefois de douter sérieusement lorsque je lis que tout ce qui nous entoure n’est que création de notre esprit. Je n’ai peut-être pas tout saisi, mais il me semble que la vie est plus complexe que cela, qu’il existe des paramètres qui ne dépendent pas de nous : je pense en écrivant cela, que l’individu qui jette son masque par terre, ou qui se gare en prenant deux places de parking, ou qui fait volontairement le pitre en provoquant une certaine hilarité en moi, ce n’est pas une création de mon esprit, je veux bien rayonner pour faire évoluer mon entourage, mais j’ai mes limites. J’irais même jusqu’à demander si les camps de concentration, les infos que je perçois au sujet de notre Terre malade sont une création de mon esprit.

 

Cette méthode de travail sur soi me paraît un peu simpliste et réductrice dans ce monde où nous vivons. Peut-être convenait-elle aux Hawaïens des temps anciens, mais je ne peux personnellement adhérer au fait que nous sommes entièrement responsables de notre réalité.

 

Je ne doute pas non plus que nous ayons le pouvoir de guérir des maladies par la force de notre esprit, mais je demeure sceptique sur les effets produits par cette méthode, à moins de travailler d’arrache-pied pour parvenir à maîtriser notre mental et à le rendre puissant au point d’éliminer toute maladie.

 

Ne renions pas toutefois, les bienfaits des méditations proposées dans ce livre, et accordons-leur les bienfaits reconnus à l’heure actuelle par les spécialistes de la question. Un livre qui vient donc s’ajouter aux nombreux écrits de travail sur soi qui nous sont aujourd’hui proposés.



lundi 13 décembre 2021

 Le père Noël qui n'aimait pas les cadeaux












S de la Croix - Anthony Signol - Pauline Roland


Après la petite souris qui n’aimait pas les dents, voici le père Noël qui n’aimait pas les cadeaux. Et cet album de la série « qui n’aimait pas »   prend actuellement la première place dans ma liste pour ce qui est de l'humour et je le recommande d’autant plus que je l’ai testé sur les enfants qui en redemandent. Pourquoi donc un tel succès ?

D’abord parce que le père Noël présenté sur la couverture est très attirant : il semble pourtant de bien mauvaise humeur, mais on devine que cette mauvaise humeur est la conséquence de ses multiples mésaventures. 

On rira d’abord des essais infructueux de notre père Noël pour envoyer les cadeaux sans avoir à passer par la cheminée d’où il sort une peu sale, et que certains cadeaux conséquents lui font râper les fesses contre les parois du conduit de cheminée et déchirent son pantalon ! (et là : hurlement de rire des enfants !).

Question emballage des cadeaux, c’est parfois délicat, quelques illustrations nous le feront comprendre.

Question distribution, ce que je ne savais pas et que je viens d’apprendre : le Père Noël est distrait, et les cadeaux parfois inappropriés (imaginez un bébé qui reçoit un blouson de loubard).

Et il y a le cheptel à gérer, les rennes ont parfois des difficultés pour se mouvoir on dirait ! Et ils ne comprennent pas tout ce qu’on leur demande ces bécassous de rennes ! (je cite).

Bon ! ben il trouvera bien une solution, ayons confiance.

Les illustrations valent vraiment le coup d'oeil, elles me rappellent les dessins animés de Tex Avery.

Très drôle cette série , peut-être devrais-je suggérer aux auteurs de nous concocter un autre album, par exemple, le babéliote qui n’aimait pas les livres, ça pourrait faire son effet !

Si vous cherchez une idée de cadeau, n'hésitez pas, bien que saisonnier, ce livre plaira !

dimanche 12 décembre 2021

 Jeux de ficelle













G MacLachlan

Ed Vagnon


Les enfants aiment toujours autant jouer avec des ficelles, ils peuvent même y passer beaucoup de temps. Ce livre pourrait leur fournir de belles idées !

D’abord la magie dont ils sont friands : avec quelque beaux nœuds qui se défont tout seuls, auxquels on ajoute clefs et anneaux à libérer sans lâcher le fil et autres tours pour lesquels ils devront tout de même s’entraîner pour parvenir à bluffer leur entourage.

Viennent ensuite les nœuds pour jouer, défis, lacets (fort utiles ! quoique personnellement, je n’ai rien compris à la procédure pour faire les lacets et je ne suis pas certaine que ces lacets tiennent).

L’ouvrage termine par quelques figures comme on en a toujours réalisées : tour Eiffel, paire de ciseaux et autres objets à représenter de façon amusante.

Malheureusement j’ajouterai un bémol : si certaines figures sont assez faciles à réaliser, l’ensemble manque de clarté. Pensant que ça venait de moi qui ne suis pas très douée pour les nœuds, j’ai confié l’ouvrage à des personnes plus aptes à suivre les différentes étapes de chaque réalisation, et cela m’a rassurée parce que ça ne relevait apparemment pas d’une incompétence de ma part.

Quelques activités seront toutefois à retenir, mais peut-être les nœuds demandent-ils des démonstrations autres que les dessins proposés dans les livres.


mercredi 8 décembre 2021

 Fracture

















F Thilliez

Ed Pocket, Passage, audiolib


Du mystère, du mystère, du mystère... et des questions ! Voilà ce qui m’est venu à l’esprit dès le début et pour un long, très long moment. 

Qui est cette Alice, quels sont les liens entre les personnages ? Si l’auteur amène parcimonieusement quelques données qui permettent de relier certains protagonistes les uns aux autre, il n’en demeure pas moins un épais brouillard qui entretient la curiositédu lecteur et qui le pousse à poursuivre pour parvenir à la fin. 


Ce roman aurait pu aisément s’intituler « Puzzle », car du début à la fin, on ajoute des pièces les unes aux autres pour cheminer lentement vers un dénouement aux réponses multiples, parfois sans surprise, parfois bien surprenantes.

 

On y apprendra beaucoup sur certaines maladies psychiatriques, le locked-in syndrome, les personnalités multiples et son cortège de bizarreries. Je sors vraiment admirative ce roman de Franck Thilliez dont je ne doute pas du génie, car il en faut du génie pour construire et structurer un tel roman.

 On pourrait élaborer une carte mentale du récit : au milieu, une femme quasi inconnue, soignée par un psychiatre Luc Graham. Un individu rencontré par hasard, Fred qui porte secours aux migrants, un assistante sociale, Julie, quatre personnages qui prendront des directions différentes pour converger sans le savoir, et, gravitant autour de ces personnes en recherche, quelques victimes, un psychopathe et des flash-back intéressants qui aideront à y voir plus clair.

Un très bon roman, et sans aucun doute un coup de cœur pour cette année qui se termine.

 

 

jeudi 2 décembre 2021

 La maîtresse qui n'aimait pas les élèves












S de la Croix, A Signol, P Roland

Ed Splash !


Armance est une maîtresse incroyable : elle n’aime pas les élèves qui font crisser les craies sur le tableau (ça, ça n’existe plus de nos jours, ou très peu !), qui refont la peinture de la classe à chaque séance d’art plastique, qui font exploser les mélanges des expériences, qui se rendent malades pendant  la visite de la chocolaterie et restituent le trop-plein d’estomac dans le car, bref, Armance en a marre, alors elle va essayer de faire disparaître les élèves, mais c’est qu’ils sont résistants les bougres !

Heureusement, notre enseignante a plus d’un tour dans son sac ! mais elle s’apercevra rapidement, et c’est l’instant  tendre du livre, que finalement, c’est bien triste une classe sans élèves...

Un tantinet caricatural (surtout quand le lecteur est une maîtresse), mais rions, rions, et faisons rire les enfants qui aiment les histoires basées sur des événements et avec des personnage qui font partie de leur vie quasi-quotidienne. Faisons rire les enfants avec des situations cocasses et des illustrations comiques à souhait. A lire aux débutants, abordable pour les 7-8 ans.

mercredi 1 décembre 2021

 Au début, il y a une graine




Laura Knowles, Janie Weber



Un peu de douceur, de poésie et de simplicité dans ce monde alambiqué.

Ce bel album dont la couverture au titre doré et au graphisme agréable aux yeux conte la belle histoire d’une petite graine.

Et l’on comprendra rapidement que l’ouvrage entier est un beau poème, L’histoire d’une petite graine dans le vent, une graine qui atterrit sur le sol, qui s’y enfonce, bien au chaud, qui développera des racines, qui devint un perchoir à libellules, qui veut désormais toucher le ciel, qui d’arbuste devient arbre, celui-là même qui abritera un grand nombre de créatures, qui deviendra un monde à part entière.

Un livre qui apprendra que la nature est là, qui protège la vie, notre vie.

Un livre dont l’auteur réserve une petite surprise à la fin.

Un livre qui, une fois lu, donne vraiment envie de chérir la nature, de l’aimer, de l’admirer, de la respecter. Un livre modeste qui apporte beaucoup à qui voudra le découvrir.

jeudi 25 novembre 2021

 La petite souris qui n'aimait pas les dents.












Séverine de la Croix - Pauline Roland

Ed Splash


Une question que je me posais depuis longtemps : mais que fait la petite souris avec toutes ces dents qu’elle vient chercher le soir sous les oreillers ? Maintenant je sais ! Elles construisent des édifices... Le problème, c’est que notre héroïne n’aime plus récolter des dents, elle doit vieillir, son chargement devient trop lourd, les quenottes sont de plus en plus noires, les chat la prennent pour une friandise... Ne serait-t-elle pas en train de nous faire un Burn out ? 


Et voilà en plus, la fée des dents qui vient la voler ! Elle tente bien de trouver quelques intermédiaires qui pourraient travailler à sa place, mais ils ne sont pas très fiables ! Elle demande donc au vent de souffler pour expédier des lettres aux enfants. Ils seront désormais invités à apporter eux-mêmes leurs dents à la petite souris, mais une nouvelle fois, le vent souffle où il veut ! Et nom d’un chicot pourri ! la petite souris n’est pas au bout de ses surprises !

En voilà un beau petit album plein d’humour et d’illustrations comiques. Livre testé sur les enfants de six ans (justement ceux qui perdent leurs dents), succès garanti !



dimanche 21 novembre 2021

Vent d'est, vent d'ouest












Pearl Buck

Ed livre de poche


Il faut croire que, comme l’affirmèrent certains écrivains, le vent ne souffle pas où il veut ! C’est bien ce que l’on est amené à penser en lisant ce roman qui pourrait se résumer à un choc des cultures doublé d’un conflit des générations, enjolivé par une écriture poétique empreinte de la culture de l’empire du milieu.

On y apprend beaucoup sur la Chine du début du XXème siècle, et où pendant de longues années et aujourd’hui encore, on éprouvait un profond respect pour tout garçon qui naissait, et dans les familles aisées, une jeune femme, promise à un homme dès sa naissance, avait le « devoir » de donner naissance à un garçon, et tandis qu’il grandissait, choyé, adulé parce qu'il perpétuait la lignée, on se chargeait de contenir les fille dans un moule dont elles ne pouvaient que difficilement sortir.

C’est le cas de Kwei-Lan, qui dès le début, juste avant de se marier, reçoit les dernières recommandation de Madame Mère qui a œuvré pour qu’elle reçoive la meilleur éducation, qu’elle excelle pour servir le thé, s’habiller, se maquiller, se mouvoir, tout cela dans le but de plaire à son époux.

Mais la vie, même dans ce cercle fermé de la famille chinoise, peut réserver des surprises : et Kwei-Lan se retrouve marié à un Chinois qui s’est occidentalisé, qui rejette coutumes et croyance et qui la considère comme son égale. D’abord consternée, notre jeune héroïne va observer, écouter, cheminer, murir...

On assistera ensuite à la déchéance d’une famille que l’on croyait érigée sur des fondations ancestrales, mais le déclin s’amorce et vient menacer le fragile équilibre de la « dynastie » par l’intermédiaire du fils, frère de Kwei-lan, qui revient des Etats-Unis avec une femme qu’il a choisie alors qu’il était fiancé à une Chinoise.

Révolte !  La mère réagit fortement, la mélancolie entre dans la maison et Kwi-lan ne sait pas, ne sait plus que pense, partagée qu’elle est entre mère, mari et frère et cette « étrangère » avec qui elle devra communiquer.

Un roman qui montre comment l'occident a pu s'immiscer en Orient par le biais des échanges : occidentaux venus s'installer ou Chinois parti suivre des études aux Etats-Unis et revenus occidentalisés. Souvent des jeunes remettant en question l'éducation qu'ils ont reçue.

Naïveté de la jeune femme qui peut faire sourire quand elle découvre les habitudes occidentale que dans son cloître, elle ignorait, critères de beauté qui varient d’une culture à l’autre, agacement lié à l’entêtement et à l’esprit fermé de la première épouse, la mère, attendrissement à la lecture des phrases pleines de poésie qui sortent de la bouche de Kwei-Lan, révolte quand on constate la condition de la femme, soulagement de voir certains protagonistes cheminer et s’ouvrir, voilà ce que j’ai pu ressentir à la lecture de ce merveilleux et prenant roman.

Je ne connaissais Pearl Buck que de nom, son parcours me semble des plus intéressants et sa littérature délicieuse et édifiante.  

mercredi 17 novembre 2021

 Les mots du chat












P Geluck 

Ed Casterman


Bon ! Je vais peut-être pas citer tout le bouquin, les citations, c’était pour donner aux babéliotes, une idée du contenu de ce livre, ça, c’est fait ! Un minet en pleine forme, avec des blagues plus ou moins drôles, c’est fou comme ça me rappelle Pierre Dac qui sortait des sentences d’on ne sait où.

Ce que je n’ai hélas pas pu citer, ce sont les dessins légendés qui sont souvent hilarants.

Ce livre me suit partout, on le retrouve généralement sur les lieux de passage de la maison, les membres de la famille le consultent un petit peu, rigolent, partagent leur lecture avec le reste de la famille, bref, ce chat, il met une bonne ambiance dans le foyer et il permet de parfaire la culture générale de chacun, par exemple, saviez-vous que les contractuelles ont souvent les yeux en amende ?

Bon, je vais pas aller y chercher ma phrase de méditation du jour, mais je trouve quand même qu’on a besoin de ces livres qui font, plusieurs fois pas jour, esquisser une sourire !

mardi 16 novembre 2021

 La ferme du crime












Andréa Maria Schenckel

Ed Actes Sud


Ce récit est tiré d’un fait réel : 31 mars 1922, les six habitants d’une ferme située à Hinterkaifeck en Bavière, sont retrouvés sans vie, assassinés à coups de pioche. Il s’agit là d’une des affaires non résolues de l’histoire allemande.

Ce roman choral habilement écrit, retrace l’histoire d’une famille et d’un village confronté à l’horreur. L’auteure situe l’action en 1950 et rebaptise la famille Danner : Le père et la mère, Barbara leur fille, leurs deux petits-enfants Marianne et Joseph ainsi que marie, une fille de ferme  employée par le père.

Le roman n’est constitué que de témoignages des personnes ayant côtoyé les victimes, chacun relatant sa version des faits, signalant ce qui a été vu ou entendu, ce que l’on connaît de cette famille, chaque déclaration venant admirablement compléter le récit pour renseigner le lecteur.

On découvre alors de lourds secrets et des faits graves renforcés par une ambiance lourde et un décor austère que l’on imagine parfaitement : brume, animaux affolés, chien qui geint et hurle, chapitres entrecoupés de prières, les prières de la mère pieuse et tourmentée

On refermera le livre avec en tête un criminel tout en gardant en mémoire que dans cette affaire, si des doutes sur certaines personnes ont surgi, on ne conservera que le souvenir de criminels potentiels sans jamais avoir prouvé de culpabilité, les supposés auteurs de ces meurtres n’étant plus de ce monde ou s’étant évaporés sans laisser aucune trace.

Un roman fascinant !

jeudi 11 novembre 2021

 La loi des hommes












Wendall Utroi

Ed Livre de poche



Durant tout le temps qui m’a été nécessaire pour découvrir cette pépite et percer le mystère de ce récit, je suis devenue Jacques, cantonnier, qui découvre dans une tombe, le témoignage d’un défunt anglais, et comme Jacques, le récit m’a happée.

Nous sommes dans l’Angleterre victorienne, cette Angleterre où l’extrême richesse côtoie l’extrême pauvreté. Ce Londres des bas quartiers où l’on est prêt à tout pour survivre, où des hommes exploitent la misère des hommes, où la haute société, et la chambre des Lords crée des lois pour les nantis, la loi des hommes, une loi que  la logique et l'équité ne devrait pas permettre.

Le défunt, J. Wallace Hardwell est un policier officiant pour Scotland Yard, il raconte la plus délicate de ses enquêtes, et son récit mettra en évidence les travers de la société anglaise et la politique menée durant cette époque victorienne avec ses contradictions et ses incohérences.

Les témoins, Rebecca Brianey, patronne d’un lupanar, Myrtle River, recruteuse, et Thimothy Brianey, fils adoptif de Rebecca, sont interrogés individuellement et livrent quelques secrets qui permettront à l’enquête demandée au policier d’avancer. 


Mais avancer sur quoi demandera-ton légitimement ? C’est l’intérêt de cette enquête, Wallace Hardwell ne sait pas ce qu’il doit trouver exactement. C’est aussi la magie de ce roman qui amène le lecteur à découvrir en même temps que l’enquêteur ou mènent ces interrogatoires passionnants. Seule indication : la couronne est en danger, c’est envoutant !

Les personnages viennent pimenter chacun à leur manière ce passionnant récit pour y mettre de l’action. C’est une réussite !

Notre héros britannique rencontrera maints écueils, se fera des ennemis, des amis, et devra confronter ses idées au pouvoir souverain, un chemin bien tortueux et semé d'embûches

Futurs lecteurs, vous pourriez être amenés comme moi, à vous demander le pourquoi de cette mise en abyme : l’histoire de Jacques le cantonnier et l’histoire de J. Wallace Hardwell, ce que je n’ai vraiment découvert qu’à la fin de l’histoire, alors soyez rassurés, ce roman dans le roman possède plusieurs objectifs.

Je ne connaissais pas cet auteur et je suis enchantée de l’avoir découvert, en espérant que ses autres romans s’avèrent aussi originaux que celui que je referme à grand regret.

 

jeudi 4 novembre 2021

 Plats uniques veggie













Isabelle Guerre

Ed Hachette



Ce livre, je l’ai découvert à la bibliothèque et repris par trois fois, j’ai donc eu le temps de le tester pour moi-même et pour vous : végétariens qui cherchez de belles idées de recettes à base de légumes ou simplement vous, personnes soucieuses de limiter la viande et qui cherchez des idées pour le soir, l’auteur précise qu’elle est une omnivore convaincue mais qu’elle s’intéresse à toutes les cuisines.

Je peux à présent affirmer que toutes les recettes que j’ai essayées sont délicieuses et montrent comme il peut être facile de se passer de viande.

Très bien pensé, le livre commence par un sommaire en images, de telle sorte que on n’a pas forcément à feuilleter l’ensemble du livre pour chercher une idée de recette.

L’auteure a organisé les recettes en quatre grands chapitres : Les légumes à l’honneur, les substitut végétaux qui parleront plus aux végétariens, les pâtes et le riz, les légumineuses et céréales que l’on ne peut oublier car ils sont la base pour obtenir des protéines végétales.

Concernant les légumes, on se régalera avec les pizza végétariennes, la polenta, les crumbles, le riz de chou-fleur, les tartes de légumes, on rencontrera ensuite les substitut végétaux : séitan, tempeh et autre tofu avec les currys, les gratins et les plats mijotés, tandis que le chapitre pâtes et riz offre de belles idées de soupes japonaises, de gratins et de plats, parmi lesquels les lasagnes courgettes, tomates, ricotta, basilic, et le dernier volet propose des plats complets de type coucous, parmentiers, Dahl sans oublier les sympathiques buddha bowls à emporter au travail.

Des recettes qui ne prennent pas beaucoup plus de temps que si on préparait un repas avec viande et qui montrent les possibilités de varier à l’infini les préparations à base de légumes.

Tellement convainquant que je l’ai rendu à la bibliothèque et acheté.

Attention,  ce livre n’est pas un livre de cuisine végane.

 

 

mardi 2 novembre 2021

 Billy et les minuscules












Roald Dahl

Ed Folio Cadet


Billy a promis à sa maman d’être sage, et pendant qu’elle fait son travail de maman, Billy, sur le balcon, regarde la grande forêt qui s’étale sous ses yeux, la grande forêt si attirante, et qui est interdite car peuplée de monstres pires que les tigres ou les lions : des Griffomings, des écornouflons, des tarloubards et des Kpoux Vermicieux et le pire de tous ? ... Je ne vais pas le nommer, ça l’attirerait !

Sa maman lui rappelle sans cesse ce petit poème :

Interdite, interdite la forêt,

Beaucoup y sont entrés,

Aucun n’en est sorti.

Oui mais voilà, quand c’est interdit à ce point, cela excite la curiosité, et Billy, aidé pas ses petits démons intérieurs va braver l’interdit, et le petit garçon timoré et prisonnier de la grande forêt va devenir le héros du petit peuple qui l’accueille dans son arbre : le peuple des minuscules, de tous petits êtres humains avec lesquels il va sympathiser. Et Billy devient un courageux combattant.

Une mignonne petite histoire qui pour quelques heures, transformera nos jeunes lecteurs en héros. Je ne pense pas qu’il faille y chercher une morale qui serait certainement inappropriée, une morale du style, « n’écoutez pas vos parents », on peut cependant y observer un petit garçon courageux qui sait garder les secrets.

Une histoire à lire de 6 à 99 ans.

lundi 1 novembre 2021

Seuls les vivants











Lou Berney

Ed Harper Collins


Si je n’ai eu aucune difficulté à entrer dans ce roman qui m’a happé dès le début par un style humoristique en dépit de la noirceur de l’événement décrit dans les premières pages, le massacre d’employés du cinéma à Oklahoma city, la lecture m’a semblée par la suite longue et laborieuse.

On y rencontre Wyatt, détective privé de son état, qui enquêtera sur une affaire de harcèlement d’une jeune femme, Candace, entrée en possession suite à un legs, d’une salle de concert et en alternance, des chapitres consacrés à Julianna, dont la sœur aînée disparut peu après la tragédie du cinéma. 

Ces deux protagoniste n’ont en commun, que le fait de résider à Oklahoma au moment de ce drame. Ils se mettent en recherche vingt-cinq ans après, le détective mêlant à son enquête, d’éternelles questions sur le massacre du cinéma, cet événement perturbant son enquête, et l’amenant à patauger durant les trois quarts du roman. En parallèle, Julianna qui prend les rênes de l’enquête non aboutie sur la disparition de sa sœur semble plus efficace.

Les personnages deviennent assez vite attachants, Wyatt, perspicace et réactif montre une énergie et une volonté de résoudre l’affaire malgré les écueils, il rencontre des personnages au caractère original qui pimentent le roman, Julianna, déterminée à faire la lumière sur une disparition pour laquelle elle ne possède aucun indice, déploiera également son énergie, et prendra des décisions qui ne seront pas forcément intelligentes, excusée toutefois par cette disparition qui la prive d’une famille.

Je n’ai pas bien saisi le pourquoi de ces deux enquêtes de la part de personnages sans réel point commun, si ce n’est pour installer une espèce de suspense sans beaucoup d’effet sur la lecture. L’auteur semble manier l’art de la dilution dans un récit qui devient pesant et long.

Je suis heureuse d’être venue à bout de ce pavé.

 

 Astérix et le griffon












Jean-Yves Ferry, Didier Conrad

D'après A Uderzo et R Goscinny

Ed Conrad



Mais où donc se rendent notre malin petit guerrier avec son gros compagnon (pardon, n’y a pas d’gros, ici, y en a qu’un, et il est pas gros ! Qu’on se le dise !), accompagnés de leur fidèle druide qu’est peut-être pas au mieux de sa forme, le pauvre ! 

Il faut dire que nous sommes en plein « Barbaricum », et que nous approchons du territoire des Sarmates où ils vont retrouver leur vieil ami, Cékankondine  qui semble avoir connu des jours meilleurs, il en a prévenu Panoramix pas un canal bien plus fiable qu’internet apparemment.

Ils vont donc prendre les chemins enneigés et glacés, sur la trace de la patrouille romaine elle-même sur la trace du griffon, animal sacré des Sarmates.

Course poursuite, chouette ! on va casser du romain, on va assister à quelques belle dispute entre soldats pour des histoires de cyclope et de girafe, on va côtoyer avec nos héros, les mythiques, excentriques et comiques guerrières amazones, qui ne laisseront pas nos héros indifférents, on apercevra de temps à autres, notre Idéfix qui a bien d’autre chose à faire que poser pour les besoins de la BD, on assistera tristement aux déboires du druide qui pour une question de barrière de la langue, aura bien des difficultés pour concocter sa potion, question langue d’ailleurs, c’est très réussi, mais nos héros semblent tout de même bien se débrouiller, question noms propres, c’est juste génial, et l’auteur à travers le choix des noms, amènera le lecteur à prendre conscience de l'évolution de notre langue, il suffira de comparer avec les noms des premiers Astérix.

Dynamisme, humour sous diverses formes, tout y est, j’ai vraiment eu l’impression de retrouver nos héros avec une histoire qui pourrait se fondre dans la série des « Goscinny ». Pas d’hésitation donc, cet album est une valeur sûre !

 

mardi 19 octobre 2021

 

L'enterrement de Serge













Stéphane Carlier

Ed du Cherche-midi


D’abord il y a Serge, celui qui rassemble, celui dont on découvre la vie passée, par petites touches, celui que l’auteur dévoile au fil du livre, celui autour duquel se forme cette « communauté » d’un jour, peut-être plus, celui qu’on a aimé, ou pas...

Et puis il y a Gilberte, celle qui apitoie, qui a perdu son fils, qui a des choses à dire, des choses bien intéressantes pour une partie de la famille qui arrive, qui l’entoure, certainement pas par compassion, Gilberte, proche d’Arlette, le grand amour du défunt, elle qui ressent un grand vide à présent, qui ne demandait pas la richesse, et puis il y a la sœur de Serge, son époux et leur fille Garance, dont on découvrira les préoccupations et les travers, et pour finir, on fera connaissance de Romain et Jean-Pierre, employés des pompes funèbres, membres actifs de cette communauté, et de Dédé, ami de Serge, observateur de ces gens-là, qui avec Brigitte, livrera d’intéressantes précisions sur la vie du disparu.


On s’apitoiera sur le sort de cet homme bien peu entouré à l’occasion de son dernier voyage, le journal n’ayant pas publié d’avis de décès pour cause de grève, on s’amusera du comportement des participants, on appréciera les pensées vagabondes de chacun durant la cérémonie, on sourira en vivant avec l’assemblée, quelques péripéties qui pimentent une réunion de personnes sensées montrer un certain recueillement et oublier pour quelques heures, ce qui fait leur vie et leurs soucis du moment, on abordera la phase finale de l’événement et l’après avec non pas un, mais plusieurs dénouements liés à quelques protagonistes qui prendront des chemins différents.


L’auteur, tel un photographe, nous offre une photo de groupe, et ne se contente pas de prendre une masse d’individus, il exerce son art en zoomant sur chacun, en s’arrêtant sur des comportements, en constituant un état des lieux de notre société bien représentée par ce groupe d’humains qui se côtoient et que les circonstances rassemblent, amènent à communiquer, à se tolérer, à s’entraider. Il nous offre un bel album de photos, à bien regarder si l’on souhaite observer l’évolution de chacun entre le début et la fin de ce roman capable de happer le lecteur.

mercredi 13 octobre 2021

 J'irai cracher sur vos tombes













Boris Vian

Ed Livre de poche


Juste une question : comment, ayant déjà lu ce roman de Boris Vian il y a bien des années, c’est vrai, j’étais alors au lycée, comment ai-je pu oublier ce terrible récit ? Je conservais un vague souvenir de violence, mais cela s’arrêtait là. J’ai donc redécouvert cet écrit, le cœur au bord des lèvres, et dans une angoisse grandissante puisque l’auteur annonce dès le début ce qui va suivre : la vengeance d’un homme de couleur après le lynchage de son jeune frère. On sentira alors une haine montante qui éclatera avec une violence inouïe.

Comment alors considérer le héros ? Justifier sa vengeance en raison de la souffrance qui lui fut infligée par la mort de son frère ? Légitimer la façon dont il trahit en se faisant passer pour blanc ? Excuser le carnage qui nous est offert ? Rien de tout cela je pense, car ce personnage est pure fiction et l’instrument de la dénonciation par Vian/Sullivan du racisme, de la discrimination, de la ségrégation, l’auteur ayant pour objectif de frapper fort pour conditionner les esprits. Il annonce la couleur déjà, avec un titre qui ne peut laisser indifférent.

On comprendra pourquoi, après avoir fait couler de l’encre, révolté, choqué par son caractère violent et ses passages pornographiques, le roman édité, interdit à une époque où le lecteur n’était pas prêt à recevoir des scènes aussi crues. Ce scandale après la parution d’une centaine de milliers d’exemplaires lui aura sans doute offert une certaine publicité.

Il est aujourd’hui devenu un classique, à connaître, et je suis heureuse de l’avoir redécouvert, bien que je préfère le Boris Vian surréaliste.

dimanche 10 octobre 2021

 Colline












Jean Giono

Ed Livre de poche


Ce roman m’a d’abord effrayée, je ne m’attendais pas à un récit aussi puissant, et cette frayeur a ensuite laissé place à la perplexité : quel message Jean Giono a-t-il voulu faire passer ? 

Entre poésie et réquisitoire d’un mourant contre la folie humaine, entre douceur des bastides et nature qui, impitoyablement, reprend ses droits, que penser ? 

Perdue dans ce texte que j’avais l’impression de ne pas saisir, j’aurais pu abandonner, mais c’est tout de même un texte de ce merveilleux Jean Giono dont les écrits bercent le lecteur et offrent la beauté d’une région chère à l’auteur. Giono ne se contente pas de décrire, il y met toute son âme, n’hésitant pas à personnifier les éléments, tel le feu qui ravage la colline et qui devient un monstre prompt à piétiner êtres humains et arbres sur son passage.

L’aspect effrayant du roman proviendra sans doute de ce vieux moribond tenu pour responsable des catastrophes, fait entretenu par la superstition ambiante, sorte de démon par qui vient les punitions et les malheurs, sorte de sage qui a compris la toute puissance de la nature et son insoumission.

Un roman qui personnellement restera gravé dans ma mémoire. Je le digère lentement avant de continuer cette trilogie de Pan.