L’inconnue du quai de Javel
Philippe Jaenada
Ed Flammarion, 12/08/2026, 515 pages
L’avis que je me prépare à
émettre est tout à fait personnel. Amatrice
de policier, je me décide à ouvrir ce livre. Les faits sont exposés : une
inconnue, assez vite identifiée retrouvée morte sur le quai de Javel. Très
vite, l’auteur évoque le travail des enquêteurs, des pistes s’ouvrent, on
commence à se promener dans le Paris d’après-guerre, tout va bien.
Et puis s’installe une
lassitude, j’imagine sans peine Philippe Jaenada face à un dossier vieux de
soixante-seize ans aux pages accumulées les unes sur les autres, en classement
vertical, et qui lui fournissent les renseignements au sujet de ce meurtre.
Cela devient fatigant, s’il s’était servi de cette documentation pour écrire un
récit plus linéaire, j’aurais certainement savouré son travail. Oui il y a de l’humour
dans cet exposé, mais je me revois le lisant, sourcils froncés de peur de
louper une info capitale, mais je suis passée à côté de cet humour. Que de
digressions ! L’une d’elle m’a particulièrement agi sur la patience :
l’un des amants de Lise, la victime, lui offre un éventail ayant appartenu à Marie
Mancini, nièce de Mazarin, beau cadeau, mais je me serais passée de cette
histoire qui nous ramène au temps de Louis XIV.
Ce fut pour moi une lecture laborieuse,
un texte brouillon qui regorge de personnages dont j’ai eu tendance à oublier
les noms, à ne plus savoir qui est qui, à reprendre le fil vite recoupé par les
passages de vie personnelle de l’auteur, par le méli-mélo de références à Maigret,
par les errances dans Paris à la recherche de la blanquette de veau l’un des
plats que Maigret aime particulièrement, ou de je ne sais quel indice.
J’ai pourtant poursuivi la
lecture jusqu’au bout, assidument dans le but de passer rapidement à autre
chose, je n’aime pas abandonner les livres. Tout est, concernant ce roman trop
documentaire et trop bavard pour moi. Chapeau bas à tous les lecteurs qui sont
parvenus à la fin.



