C’était ça ou mourir
Thélyson Orélien,
Ed Grasset, 19/08/2026, 256 pages
Haiti 2010 : un séisme de magnitude 7 détruit le pays et fait de nombreux morts, nous avons tous en tête ces terribles images. Nous sommes sous la présidence de Michel Martelly, l’instabilité grandit, la corruption commence à se faire sentir en Haïti. En 2024, le pays sans gouvernement devient le terrain de chasse des gangs qui revendiquent leur territoire. C’est dans ce contexte que Jonas Dorléon quitte sa maison, son métier de professeur d’histoire géographie. Le chemin jusqu’à la frontière dominicaine n’est pas si loin, 60 km à vol d’oiseau, cependant il doit braver le danger pour se réfugier en République dominicaine où commence son errance, car c’est bien d’errance dont on parle : devenu apatride, laissant là sa culture, ses attaches, sa vie.
De professeur, il passe à un
état de moins que rien pour raison de racisme anti haïtien de la part d’une
partie de la population dominicaine. Etape suivante : le Brésil pour ensuite
migrer de pays en pays, dans cette Amérique du sud dangereuse, où la corruption
et la violence semble mener nombre d’individus.
Que cherche-t-il ? La
sécurité, la reconnaissance… Que trouve-t-il : la compassion parfois, mais
surtout l’indifférence, la souffrance, la faim, l’injustice. Il n’est plus un
homme, il est un migrant sur ces endroits de la planète où les droits humains ne
font pas partie des exigences des communautés.
Et nous lecteurs ? que
nous apprend ce roman ? il précise à juste titre ce que peut ressentir une
personne non seulement pauvre matériellement, mais constamment rabaissée et
exclue, il dénonce la violence subie par ces hommes et ces femmes. N’est-ce pas
là une façon de nous aider à réaliser ce que vivent les migrants et à reconsidérer
nos vues sur le problème de l’immigration ?
Thélyson Orélien ne se
contente pas de décrire l’innommable, il présente un personnage debout,
énergique (C’est ça ou mourir !), ouvert, communiquant et capable de s’adapter.
La fin m’a amenée à me
questionner car j’ai ressenti un décalage entre les idées de Jonas durant son
errance et celle qu’il développe dans sa situation finale. Je suis disposée à
en discuter en message privé si besoin, par peur de divulgâcher.
Un roman nécessaire que je
suis heureuse d’avoir lu et que je conseille.
