Les bouchères
Sophie Demange
Ed l'iconoclaste, 07/05/2026, 310 pages
Trois héroïnes pour un roman,
trois jeunes femmes qui ont quelques points en commun : deux sont bouchères, la troisième le
deviendra rapidement. Mais ce n’est pas tout : chaque membre de ce trio d’enfer
a croisé sur son chemin, un homme avide de sexe ou un père autoritaire et macho. Et la
vie a une dette envers elles...
En observant la couverture et
le titre, on ne peut que se demander quelle sera la teneur du récit. Et l’on est
vite informé, vite entraîné par l’énergie que déploie chacune pour faire
tourner la boucherie : mise en valeur des morceaux de viande comme s’ils
étaient des œuvres d’art, quasi jonglage avec leurs instruments de prédilection :
les couteaux, toutes trois travailleuses et courageuses, toutes trois
volontaires et autoritaires, c’est sans doute ce qui permettra de fournir
quelques excuses au comportement du trio en action somme toute compréhensible
mais non excusable.
J’aime beaucoup l’humour noir,
si vous avez des titres, je suis preneuse, le fait que trois femmes deviennent
bouchères, abattent le travail dans rechigner, possèdent le répondant ad hoc vis-à-vis
des clientes pénibles, tout cela épice le récit. Mais ne sont-elles pas un peu
expéditives ? Pour moi personnellement, le comique n’était pas toujours au
rendez-vous, mais qu’importe, on est tout de même en présence de trois
féministes qui dénoncent les violences faites aux femmes, c’est essentiel.
J’ai trouvé délicieux les
passages qui exposent nos charmantes vendeuses de viande en plein cœur d’une
petite ville, dans un quartier où tout le monde se connaît, où les potins vont
bon train, où la bêtise humaine s’invite dans le voisinage et qui montrent comment
la rumeur devient reine.
Ce roman, sans me charmer, m’a
offert de bons moments de lecture.