Nishim
Michel Jean
Ed Seuil, 2/10/2026, 272 pages.
Je remercie Babelio et les
éditions Seuil de m’avoir permis de découvrir ce roman.
Michel Jean, lui-même d’origine
innue communique dans ce livre, toutes les facettes de la question indienne. Je
m’étais déjà informée en lisant « cinq petits indiens » de Michelle
good de la situation de ces enfants enlevés à leur famille pour être « incarcérés »
dans ces pensionnats ou il était impératif de « tuer l’indien pour sauver
l’homme » (sic). C’est ainsi que l’on détruisit nombre d’enfants en les
privant de leurs parents, culture et de leur langue. Ce génocide culturel
aboutit à des situations catastrophiques dans les populations indiennes privées
de repères et d’identité.
J’ai apprécié, dans le roman à
deux voix que nous propose l’auteur, de faire un bout de chemin avec cette famille
sur plusieurs générations, et on ne peut que constater les effets délétères de
ces tentatives d’acculturation.
La situation des personnages
est intelligemment pensée : une famille avec les grands-parents, qui ont
eu des enfants parmi lesquels, deux filles : l’une : la maman de
Claude, s’est mariée avec un blanc et s’est installée en ville, l’autre, la
maman de Jeannette vit à dans la réserve de Pointe-Bleue, ou les innus peuvent
vivre encore selon leurs traditions.
Claude et Jeannette font
connaissance assez tardivement, et on découvre grâce à la narration alternée de
ces deux fillettes, que leur éducation n’a que très peu de points communs.
Claude s’initie à la pêche et à la chasse avec Jeannette, et la première partie
du roman montre combien les indiens sont respectueux de la nature, et combien
ils communiquent avec leur environnement.
La deuxième partie est plus
difficile à supporter, il faut y considérer le mal que des individus on fait à
un peuple pacifique et présent bien avant ces colons. On suivra donc le cours
du temps, les générations qui se succèdent, la perte, puis les tentatives de
renouer avec sa culture, les échecs, les réussites, les deuils. Cette mini saga
m’a absorbée car je me suis attachée à ces personnages bien que l’ensemble soit
constitué de chapitres rapides, comme un survol de différents moments de vie.
Un roman nécessaire pour ne
pas oublier ces peuples spoliés qui tentent encore aujourd’hui de sauver leur
savoir, leur langue, leurs fondations.
Pensées pour ces enfants morts
en pension, suite aux mauvais traitements et au manque de soin.