Il pleut sur la parade
Lucie-Anne Belgy
Ed Gallimard, 14/08/2025, 256 pages
Une histoire assez complexe que
l’histoire de Lucie : Lucie qui ne réagit pas quand sa mère décide qu’elle
ne ferait pas de communion, Lucie qui pas amour, sacrifie ses valeurs pour se
consacrer à un homme de religion juive, non pratiquant, enfin presque non
pratiquant, Lucie qui devra affronter un beau père qui ne discute pas avec les
obligations liées à sa pratique religieuse et qui s’entend qualifier de shikse, une souillure, parce qu’elle
ne pourra pas transmettre la judéité à
son fils, Lucie qui devra renoncer à sa religion pour accepter de voir son Mari
initier son fils à quelques pratiques. Cette situation constitue le premier
grand thème abordé dans ce premier roman.
Le
récit offre une deuxième problématique plus ou moins liées sans doute à la
première, quoique…
Ariel,
le petit garçon de Lucie et Jonas, fréquente alors l’école maternelle. Cet
enfant fait preuve de violence à l’égard de ses pairs, au point de compromettre
un week-end au cours duquel Lucie doit retrouver son amie d’enfance, au point
de blesser. On laisse là l’aspect religieux pour aborder des questions plutôt
éducatives.
La
difficulté de ce sujet éducatif comme religieux, c’est que l’on aborde ces
sujets avec son vécu, c’est pourquoi j’ai pu me sentir agacée par moment par le
manque de réaction de Lucie lorsqu’on lui expose les faits de violence
reprochés à Ariel, et par son incapacité à délivrer des messages clairs :
elle se confie au lecteur dans une très belle et intéressante déclaration de
son ressenti alors qu’elle doit accepter toutes les pratiques religieuses
imposées à son fils, mais face à sa famille, elle n’émet pas son avis de façon
très dynamique, on va dire qu’elle est dans le carcan d’une communauté plus
puissante qu’elle.
Le
petit Ariel apparaît comme un enfant particulièrement intelligent, capable
de comprendre les choses, et qui ne demande qu’à apprendre, alors que se
passe-t-il ? On le découvre peu à peu pour arriver à une fin plutôt décevante,
façon conte de fée ou issue miraculeuse, chacun choisira.
Cela
n’empêche pas de s’attacher au vécu de cette famille mixte et de compatir, se
désoler où partager les bons moments.
Si
certains passages m’on fait réagir, j’ai tout de même passé un excellent moment
de lecture et j’ai beaucoup appris sur la pratique des juifs ashkénazes, ce
livre se boit comme du petit lait.