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mercredi 9 novembre 2022

 

Les enfers.

Au royaume d'Adès











Luc Ferry, Diego Oddi

Ed Glénat, 1er/12/2021, 56 pages


Ulysse est revenu sur ¨l’île d’æae, rappelé par Circé la magicienne, qui a reçu un message des dieux à destination du héros. Celui-ci doit se rendre aux enfers où Tirésias l’attend pour lui livrer une prophétie le concernant, nous partons donc vers ce lieux mystérieux, dont chacun d’entre nous connaît au moins quelques aspects.

Cet album, est destiné, à travers les enseignements de Circé qui informe notre courageux Ulysse, à proposer au lecteur de descendre aux enfers, d’y entrer en traversant le Styx aux eaux vénéneuses, de voguer sur l’Achéron ou rivière du chagrin, de saluer au passage les âmes privées de sépulture et qui par conséquent, n’ont pu payer l’obole due à Charon, le passeur. Elle se retrouvent errantes sur les rives du Cocyte. On y croisera divinités des enfers et créatures impitoyables, Harpies, furies, monstres …

Circé en profite pour avertir le mortel : en enfer, il sera jugé et dirigé vers l’un des trois lieux où terminent les âmes… Les enfers, on y entre difficilement, surtout si l’on ne fait pas partie des innombrables trépassés qui s’y rendent, on en sort encore plus difficilement, car Cerbère veille…

Ulysse devra donc faire preuve d’un grand courage pour mener à bien ce voyage dans les entrailles de Gaïa.

Cette bande dessinée magnifique permet également de réviser les différents supplices connus des mortels que nous sommes : Tantale, les Danaïdes, le mythe de Sisyphe, et si on lit ces quelques lignes de critique, rien que des réjouissances…

Album captivant issu du savoir de Luc Ferry, avec , comme tous ses albums, d’un exposé philosophique plus difficile à lire, mais très intéressant.

Un livre sombre, à vous glacer le sang, une description précise de ces lieux mythiques peut-être difficilement égalée dans la littérature. Quelques planches peuvent apparaître confuses en raison d’un texte trop rare, ce qui demande au lecteur un travail d’observation de chaque vignette. Quelques cartouches supplémentaires y seraient les bienvenus.

 

 Les expressions animalières dynamitées.











Margaret Boislève, Magali Le Huche,

Ed Gautier Languereau, 20/04/2022, 152 pages


Encore une pépite découverte au hasard de mes flâneries en librairie. Cette fois il s’agit de contes des origines, le type de récit que j’aime particulièrement parce que j’apprécie leur fond humoristique. Dans cet album, il ne s’agit plus de touche humoristique, mais bien d’humour avec un grand H.

On y apprend que les singes sont malins (comme des singes), les agneaux sont doux, les oies sont bêtes les poux sont moches, les mules têtues, les taupes myopes, mais qu’il n’en a pas toujours été ainsi...

Contes revisités avec un vocabulaire très « contemporain »,  des situations cocasses, des récit truffés de remarques hilarantes, des illustrations sur lesquelles on s’attardera… tout pour plaire à nos tête blondes (et aux autres)… un livre à savourer jusqu’à cent-vingt ans

Attention, je l’ai testé chez des enfants de six ans , il faut tout de même expliquer le sens des expressions, ils ne comprennent pas toujours le sens figuré, mais sensibles à l’humour regorgeant de ces histoires,  ils rient tout de même de bon cœur et en redemandent.

Si j’avais encore une classe de CM2, il est certain que je partirais de cet ouvrage pour leur faire produire des récits de ce type.

Un album à lire et à relire.

dimanche 6 novembre 2022

 

La naissance des dieux











Luc Ferry, Dim.D, Federico Santagati

Ed Glénat, 8/11/2017, 56 pages


Je découvre avec bonheur cette immense série : « la sagesse des mythes » créée par Luc Ferry, pas moins de trente-quatre tomes traitant chacun de grands thèmes mythologiques différents. Des heures de lecture et de délice pour qui aime la mythologie !

Un hasard heureux a voulu que, déambulant dans une librairie, je tombe sur le volet relatant la naissance des Dieux. Un récit fidèle à ce que l’on connaît sur ce mythe.

L’album s’ouvre sur le chaos. Le néant y est représenté par une page aux couleurs de feu et trois cartouches destinés à décrire ce que l’on peut en décrire : désordre absolu, divinité impersonnelle, indistinct, sans forme, sans contour… Chaos donnera naissances aux entités primordiales : Terre, Ciel, nuit, ténèbres, tartare et éros.

De belles planches illustrent cette création : rien n’est posé, c’est un monde sauvage, explosif, on y aperçoit d’effroyables créatures sorties des entrailles de Gaïa, et c’est avec la naissance de Zeus que le dessin semble moins perturbé, on est pourtant loin de l’équilibre de l’Olympe, ce qui donne envie de poursuivre l’aventure avec Zeus dans sa lutte contre les titans…

Une magnifique bande dessinée dans laquelle on s’enfonce avec délice, on s’arrête à chaque vignette pour contempler le dessin, parfois pour le comprendre mieux, car il faut reconnaître qu’un combat contre des monstres hideux n’est pas forcément facile à transmettre par le dessin.

Un bémol : question terminologie : pourquoi appeler « cent bras » les hécatonchires (monstres à cent bras et cinquante têtes), pourquoi ne pas reprendre les noms grecs des cyclopes, cela m’a quelque peu surprise. Par ailleurs, si cela ne m’a pas empêchée de savourer ce récit, j’ai trouvé que Zeus ne correspond pas à l’image que je m’en faisais : il apparaît comme un jouvenceau plutôt fluet, à se demander comment il entrera en conflit avec des titans. Mais ceci est une réflexion personnelle qui ne doit aucunement perturber les autres lecteurs.

Je me dépêche d’aller commander d’autres volets de cette belle mythologie.

 

jeudi 3 novembre 2022

 

Circé



Madeline Miller

Ed Pocket, 2/05/2019, 576 pages


Coup de cœur pour une Nymphe, divinité secondaire aux modestes pouvoirs qui garantissaient tout juste l’éternité : Circé, fille d’Hélios et de la naïade Perseis, fille Océan, Circé, pour qui tout espoir de rencontrer l’amour semble vain, Circé chahutée par sa sœur Pasiphaé et son frère Persès, Circé la divinité à la voix de mortel, qu’aucun roi ne veut pour épouse… sera-t-elle condamnée à l’errance éternelle ?

 

Mais la fille du soleil, intelligente et vive, saura se servir de ses erreurs pour forger elle-même sa destinée, elle n’hésitera pas à affronter les dieux de l’Olympe,puissants, jaloux, vindicatifs, belliqueux, concupiscents, inflexibles. Reine solitaire de l’île  Æaea, elle deviendra redoutable sorcière qui livrera quelques- une de ses effroyables recettes. Elle évoluera aux côtés de héros célèbres que l’on aura plaisir à redécouvrir. 


Le lecteur tremblera face aux monstres redoutables et impitoyables qu’il rencontrera, redoutera la colère des dieux, admirera la persévérance de l’héroïne et cherchera à comprendre ses ruses.


Ce fut une grande joie d’accompagner cette figure de la mythologie grecque, d’abord simple nymphe, puis grande magicienne crainte des dieux comme des mortels.



Ce livre m’a permis de retrouver une de mes  passions éteintes : la mythologie grecque, il m’a amenée à fouiller dans ma mémoire, à consulter des ouvrages pour aider les connaissances assoupies à refaire surface, connaissances indispensable pour visiter un musée, pour observer une œuvre de peintre ou de sculpteur, pour se promener dans une ville inconnue…

 

Mais ce roman est plus que le parcours d’une sorcière, c’est une belle œuvre poétique, ode à la nature riche des divinités qui la peuplent. Puissions nous imaginer la nature qui nous entoure, regorgeant de ces divinités afin de faire preuve à son égard, du plus profond respect. Car c’est bien à cela que devait conduire cette religion antique : se sentir tout petit face aux éléments, face à une nature toute puissante.

 


Je remercie infiniment les babeliotes qui ont lu ce fabuleux récit avant moi, et qui m’ont donné envie de le découvrir. 

 

samedi 29 octobre 2022

 

Tu lis quoi ?












Géraldine Collet, Mylène Rigaudie

Ed Glénat, 9/06/21, 32 pages


Zoé lit une bande dessinée, Armand termine son roman, Et toi Lou, tu lis quoi ?Lou ne répond pas, sans doute ajoute-t-elle un mystère pour épicer ce joli petit ouvrage.

Un livre très vite lu et apprécié des enfants. Un livre fait pour montrer que la lecture, il y a en a pour tous les goût, du roman au mail, du journal aux bandes dessinées… Un livre pour insister sur l’importance de la lecture dont personne ne peut se passer. Un livre pour inviter nos petits amis à s’ouvrir et à explorer le monde à travers toutes sorte de lecture.

Cet album aux illustrations fournies, agréables et comiques pourra être rapidement lu par des enfants dans le courant de leur année de CP.


jeudi 27 octobre 2022

 Le cœur de l'Angleterre













Jonathan Coe

Ed Gallimard, 25/03/2021, 608 pages


Le Brexit,  comme beaucoup en France, je l’ai vécu par le biais de l’information et à travers les paroles et affirmations des uns et des autres,  comprenant alors que la situation était grave pour le royaume uni comme pour une bonne partie de l’Europe, particulièrement d’un point de vue économique, mais mon ressenti était faible, je m’en rends compte aujourd’hui à la lecture de ce roman dans lequel Jonathan Coe raconte l’Angleterre des difficiles années 2010, la crise économique, le chômage, les difficultés de la jeunesse à se projeter dans un avenir incertain.

Il explique comment le pays en est arrivé à ce point : tensions politiques, manipulations du gouvernement, galvanisation par des groupes extrémistes écoutés par une fraction de la population qui ne manquera pas de penser que l’immigration est la cause de tous les maux.

Personnage bien choisis, représentant une jeunesse en révolte, quelques nostalgiques de la vieille Angleterre industrielle, au fait des manœuvres politiques où se laissant porter par les événements, certains accepteront les faits, d’autre envisageront l’exil…

 Roman édifiant pour les non britanniques qui s’apercevront de la violence générée par ce Brexit, à tel point que j’ai eu le sentiment que tout cela aurait pu dégénérer en émeute, le fossé se creusant entre les pro et anti-Brexit.

 Un roman écrit pour comprendre…

Un roman qui m’a intéressée et instruite, mais que j’ai parfois eu du mal à poursuivre, peut- être parce que les questions politiques ne sont pas ma «cup of tea », et sans doute parce que je n’ai pas lu les premiers tomes et que j’ai dû plonger dans un milieu inconnu sans pouvoir m’attacher aux personnages qui avaient commencé à évoluer dans les précédents romans.

 Je ne regrette toutefois pas de l'avoir lu.


mercredi 5 octobre 2022

 

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Eric Pasquinet

Ed France Loire, 24/08/2016, 264 pages


Ce roman, je j’avais abordé comme un thriller et je sentais naître l’histoire policière … Quelle méprise ! Je me suis vite rendu compte de mon erreur.

L'histoire commence par un suicide, celui de Geoffroy, ingénieur dans une entreprise pharmaceutique, un jeune homme à qui la vie sourit, un être délicat, intelligent, qui a le sens de la relation, et qui montre son empathie, un personnage apprécié de son entourage, compétent dans son travail, dynamique et toujours de bonne humeur, que demander de plus… Et Geoffroy met fin à ses jours… ce qui amène ses proches à affirmer que ce n’est pas possible, Geoffroy n’a pas pu se suicider car il profitait pleinement de la vie…

Façon géniale d’accrocher le lecteur qui cherche des explications : le récit nous emmène sur le chemin du défunt : depuis son enfance jusqu’à cet acte que l’on pourrait attribuer à un individu désespéré, en manque d’amour, seul, ou dépressif … la question reste entière, les réponses viendront à la fin, dans le journal éphémère qu'écrit Geoffroy et qui ne sera connu que du lecteur.

Un roman original qui traite de la question du suicide, un récit magnifiquement écrit par un auteur qui mérite vraiment d’être lu.