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samedi 7 novembre 2026

 

Ce qui dort sous le camélia












Claudie O Wetterwald

Ed du Gros Caillou, 27/10/2026, 423 pages



254 femmes vont être jugées, les peines qu’elles encourent : prison pour quelques années, perpétuité ou peine capitale. L’héroïne de ce roman, Lisenn, fait partie des prévenues et son crime pourrait lui valoir d’être brûlée vive. Nous sommes dans les années 2020, C’est une première accroche, on sent s’installer dès ce début la dystopie.

Une question surgit de suite : mais qu’a-t-elle pu bien faire pour mériter ce châtiment extrême ? On le découvre progressivement dans les chapitres qui lui sont consacrés. La situation de départ est des plus banales : une panne d’électricité généralisée. Cela peut paraître invraisemblable, mais peu à peu, j’ai réalisé durant cette lecture, les conséquences de ce black-out : plus d’hôpital, plus d’acheminement de nourriture, plus de carburant, les pompes s’arrêtent en cas de panne, plus de communication, plus de gestion, plus de distribution d’eau, l’agriculture devrait permettre de fournir localement en utilisant la force de l’homme, les groupes humains devraient s’organiser pour recréer des communautés basées sur les échanges. C’est exactement ce que décrit l’autrice dans ce roman, qui, s’il fait penser à un récit d’anticipation, n’est pas si loin de ce qui pourrait nous attendre en cas d’effondrement, car les sources d’énergie de notre bonne vieille Terre ne sont en rien inépuisables.

C’est dans cette situation que nous faisons connaissance de Lisenn, héroïne et narratrice en alternance avec les chapitres correspondant au récit de son avocate, Rym.

Ce roman se divise en chapitres mais également en périodes : avant cette situation que l’on qualifie de désastre, durant le désastre et après, au moment où se déroule le procès. Durant le désastre, Lisenn raconte : la panne, son contact négatif avec Cézanne et Garance, ses belles filles, sa lutte pour réorganiser sa vie et celle de son groupe, pour se nourrir et se soigner, sa grossesse devenue une source d’inquiétude, la tension quotidienne.

En alternance, Rym, l’avocate, commente les avancées du procès, les femmes condamnées et leurs peines, sa situation avant et post désastre, complétant le tableau.

La situation des populations témoigne bien de la dystopie, et lors du procès on se demande par qui la société est gouvernée après ce désastre :  la procédure pour établir la culpabilité des prévenus qui émane de la population ainsi que des juges paraît invraisemblable.

Le personnage de Lisenn me paraissait plutôt indolent et ennuyeux, mais on verra comment, dans des conditions extrêmes et lorsque la survie est en question, elle évoluera comment elle s’adaptera pour réorganiser la vie de la petite communauté dont elle est responsable. Quelques passages peuvent apparaître confus mais finissent par s’expliquer.

 

On ne pourra passer à côté de l’aspect féministe du roman : les hommes en général, ne sont pas bien perçus ou agissent en ennemis, les femmes montrent combien elles sont aptes à se sortir de beaucoup de situation, de braver des dangers, d’imaginer des moyens de se défendre, de s’entraider de survivre, c’est d’ailleurs quelque part, cette survie qui leur est reprochée lors du procès.

J’ai beaucoup aimé ce roman bien qu’il ne soit pas écrit pour rassurer, la situation de chaos décrire étant possible dans nos populations dans les années à venir.

Un bon roman que je vous conseille si vous voulez savoir ce qui dort sous le camélia.

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