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mardi 29 septembre 2026

 

Nishim












Michel Jean

Ed Seuil, 2/10/2026, 272 pages.



Je remercie Babelio et les éditions Seuil de m’avoir permis de découvrir ce roman.

Michel Jean, lui-même d’origine innue communique dans ce livre, toutes les facettes de la question indienne. Je m’étais déjà informée en lisant « cinq petits indiens » de Michelle good de la situation de ces enfants enlevés à leur famille pour être « incarcérés » dans ces pensionnats ou il était impératif de « tuer l’indien pour sauver l’homme » (sic). C’est ainsi que l’on détruisit nombre d’enfants en les privant de leurs parents, culture et de leur langue. Ce génocide culturel aboutit à des situations catastrophiques dans les populations indiennes privées de repères et d’identité.

J’ai apprécié, dans le roman à deux voix que nous propose l’auteur, de faire un bout de chemin avec cette famille sur plusieurs générations, et on ne peut que constater les effets délétères de ces tentatives d’acculturation.

La situation des personnages est intelligemment pensée : une famille avec les grands-parents, qui ont eu des enfants parmi lesquels, deux filles : l’une : la maman de Claude, s’est mariée avec un blanc et s’est installée en ville, l’autre, la maman de Jeannette vit à dans la réserve de Pointe-Bleue, ou les innus peuvent vivre encore selon leurs traditions.

Claude et Jeannette font connaissance assez tardivement, et on découvre grâce à la narration alternée de ces deux fillettes, que leur éducation n’a que très peu de points communs. Claude s’initie à la pêche et à la chasse avec Jeannette, et la première partie du roman montre combien les indiens sont respectueux de la nature, et combien ils communiquent avec leur environnement.

La deuxième partie est plus difficile à supporter, il faut y considérer le mal que des individus on fait à un peuple pacifique et présent bien avant ces colons. On suivra donc le cours du temps, les générations qui se succèdent, la perte, puis les tentatives de renouer avec sa culture, les échecs, les réussites, les deuils. Cette mini saga m’a absorbée car je me suis attachée à ces personnages bien que l’ensemble soit constitué de chapitres rapides, comme un survol de différents moments de vie.

Un roman nécessaire pour ne pas oublier ces peuples spoliés qui tentent encore aujourd’hui de sauver leur savoir, leur langue, leurs fondations.

Pensées pour ces enfants morts en pension, suite aux mauvais traitements et au manque de soin.

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