Le palais
F-H Désérable
Ed Gallimard, 20/08/2026, 416 pages
Je ne connaissais pas cet
auteur, et son nom est parvenu à mon oreille, il y a moins d’un mois grâce à ce
livre. Informée sur le sujet, j’ai décidé d’entreprendre cette lecture, et les
toutes premières pages déjà m’envoutèrent, je dois avouer que je me suis empressée
de démarrer le roman parce que ma sœur avait réservé un exposé avec François-Henri
Désérable lui-même, qui venait présenter son livre mais cela n’aurait peut-être
pas suffit si je n’avais su qu’une dégustation assurée par un œnologue était
proposée ensuite.
Gros coup de cœur donc !
Au point que l’ayant lu en numérique, j’ai acheté la version papier, pour avoir
le plaisir d’y accueillir la dédicace de l’auteur, et le plaisir de le relire
ou de sélectionner quelques passages à savourer de temps à autre, il est très
rare que je relise un roman, mais celui-ci fait exception. J’ai d’ailleurs fait
exprès de le faire durer pour le savourer.
J’ai commencé par m’amuser
follement des pointes d’humour de l’auteur (qui semble le manier au quotidien
dans sa façon de s’exprimer), les premières pages citent quelques bêtises d’enfants
bien comiques, puis l’humour part vagabonder dans les expressions employées par
l’écrivain, les états d’esprit de certains personnages et le mode de
description de certains protagonistes. Je me suis surprise à rire à maintes
reprises car certaines citations sont tout à fait surprenantes.
Puis j’ai admiré la
documentation sur le vin, me faisant la réflexion que F-H Désérable avait dû effectuer
un énorme travail, et ce n’est rien de le dire puisque qu’il précise dans ses
conférences, qu’il est allé jusqu’à faire deux ans d’études d’œnologie et visiter
des pays multiples pour connaître les vins, on apprendra que tous les vins
mentionnés dans le roman sont des vins existants, tous à l’exception du Clos
des Toucans, vin crée pour les besoins du livre. Cette documentation habilement
amenée, liée au personnage principal et à d’autres connaisseurs spécialistes de
la dégustation, insiste sur les aromes détectables dans les vins.
Pour l’inclure dans son récit,
il choisit un personnage bien particulier : Arun, né dans le pire des
bidonvilles de la région de New Delhi, la où l’on est élevé au milieu des
ordures, adopté par une famille de restaurateurs bourguignon, puni pour ses bêtises,
élève très moyen, qui qui continuant à braver les interdits, découvre le vin.
Il se trouve que l’enfant à un palais absolu et se crée sa propre cave
intérieure personnelle dans laquelle il engrangera les centaines d’aromes qu’il
détecte. S’ensuivront au cours de ses pérégrinations, de nombreuses
dégustations à l’aveugle durant lesquelles la lectrice que je suis s’est
retrouvée captivée.
Toutefois les dégustations ne
sont pas tout : Arun nous invite à le suivre dans le milieu des vignerons,
puis dans un tour de France, puis de la planète durant lequel l’auteur souffle
le chaud et le froid, on verra notre héros dans ses hauts et ses bas, malin,
espiègle, abattu, malade, se faisant des amis, des ennemis, tirant profit de
certaines relations, c’est ce qui sans doute, provoque l’attachement à ce héros
hors norme.
Par ailleurs, le personnage en
lui-même ne dégage pas réellement de sympathie : il parle peu, ne tombe
pas amoureux, ou si peu, n’exprime pas ses sentiments, ne semble s’attacher à
personne, ne s’intéresse qu’à un élément omniprésent dans le livre : le
vin.
Je qualifierais ce parcours
passionnant de quasi autobiographique : F.H Désérable y transmets sa
passion, les connaissances qu’il a acquises sur le vin, le pauvre reconnaît qu’il
possède un palais des plus ordinaires, certains éléments de sa vie qui figurent
dans des anecdotes toujours comiques, son amour de la poésie et de la littérature.
Si certains passages donnent l’impression qu’il dialogue avec le lecteur, d’autres
deviennent des envolées poétiques délicieuses à lire.
Amatrice de vin à mes heures perdues,
je ne regarderai ni ne goûterai plus le vin de la même façon.
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