Ici commence mon père
Céline Bagault
Ed de l'olivier, 7/02/2025, 144 pages
Pour chacun d’entre nous, c’est
un passage obligatoire, et même si nous ne nous en rendons pas compte, tout
changement dans une vie provoque un travail de deuil nécessaire, nous passons nos
vies à perdre, casser et reconstruire. C’est encore plus vrai lorsque nous
perdons un être cher.
Encore faut-il disposer des
moyens pour effectuer ce travail de deuil, c’est ce que nous amène à comprendre
Céline Bagault dans ce court mais indispensable récit.
Six ans, c’est une longue
période de questionnement. Aussi, prévoit-on un enterrement après avoir
abandonné tout espoir de voir revenir le disparu et éprouvé le besoin de faire
le deuil. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’on prévoit des cénotaphes
dans les cimetières, lorsque le défunt est quelque part en mer, en montagne ou
dans des lieux ou l’on ne peut le retrouver.
Son père a disparu, il s’est
échappé de l’EHPAD qui l’hébergeait. Il demeure introuvable, Mais auparavant, l’autrice
nous fait savoir que la gendarmerie a retrouvé le corps, six ans après sa
disparition. On découvrira au fil du récit, une alternance de chapitres :
recherche du père, avis de disparition, espoir, abandon et retour vers un passé
ou il était vivant et en pleine possession de ses facultés mentales, sans doute
une façon de retrouver ce père atteint d’Alzheimer, on comprendra combien cette
maladie est une mort avant la mort pour l’entourage. Elle raconte ce père sans
jugement et comme si elle lui rendait la vie, par besoin de parler du disparu.
Céline Bagault décrit avec justesse
le ressenti d’une personne qui a un lien fort et qui l’exprime, un roman
sincère dans lequel chacun peut se retrouver.
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