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dimanche 1 novembre 2015


Peinturlures

Hervé Tullet
Edition Phaidon

     J’ai toujours bougonné en passant dans les écoles, en voyant des productions dites artistiques d’enfants à qui on dictait un certain nombre d’opérations à réaliser et qui aboutissait à un seul et même dessin identique d’un enfant à l’autre avec parfois une variante en couleur… c’était une pratique qui date, mais que malheureusement  on retrouve parfois aujourd’hui  encore. Faire travailler à la manière d’un peintre sollicite un peu plus la créativité tout en permettant à l’enfant de s’approprier une technique et de faire plus ample connaissance d’un peintre, cette façon de procéder est  à mon avis à utiliser de temps  en temps et non systématiquement. alors ? quelles solutions  pour faire en sorte que les enfants produisent ?  Certains intervenants en arts visuels vous diront « plus on donne de contraintes, plus c’est joli … Joli ? Pour qui ? Pour le maître ? Cela m’amène à penser que l’art devrait donc être considéré comme quelque chose de « joli » ? Que veut dire joli  alors ? Est-ce que le « joli » chez l’enfant, correspond au joli chez l’adulte ?

Oui pour certaines réalisations, il faut des contraintes, mais si on considère que la pratique artistique chez l’enfant doit être un moyen d’expression alors on ne donne pas de notion de joli dessin. C’est  l’idée de départ d’Hervé Tullet,  maître dans l’art de solliciter la spontanéité des enfants.  Il propose dans cet ouvrage, des ateliers de création à réaliser pour lesquels les enfants sont les maîtres : il donne volontairement des consignes vagues  afin de laisser s’échapper l’imaginaire. Le groupe est dynamisé par ses encouragements et parce que surtout, aucun échec n’existe : une tache ? pas grave, elle va devenir quelque chose d’intéressant. Il y a dans ces ateliers, tout ce qu’aime un enfant : peindre, bouger, s’exprimer, utiliser de la couleur. Les productions sont très intéressantes à regarder. Chaque séance est « mâchée » car l’auteur y a transcrit toutes les consignes  pour mener à bien chaque réalisation collective, en général sur des bandes de papier en rouleau. Ce livre est le compte rendu de son expérience, il ne s’agit donc pas d’approximation ni de théories, Car Hervé Tullet a proposé ces activités dans le monde entier dans les écoles, les musées, en passant par les villages africains, et lorsque qu’il affirme que les enfants aiment telle ou telle façon de procéder, on ne peut que le croire. Voici une excellente méthode pour dynamiser nos têtes blondes et leur apporter une approche de l’art différente.

samedi 31 octobre 2015


Le papyrus de César


Jean-Yves Ferry
Didier Conrad
Ed Albert René


      J’ai éprouvé beaucoup de plaisir en lisant ces nouvelles aventures de nos héros Gaulois. Les auteurs ont enfin restitué l’ambiance des bons vieux albums que l’on prend plaisir à relire. L’histoire semble reprendre la trame de quelques albums bien connus, avec un schéma typique de César à qui un conseillé véreux suggère une action ( Obélix et compagnie, le domaine des Dieux, la zizanie…) portée à la connaissance de notre célèbre village qui va réagir en envoyant nos héros en mission. Si l’action consistant en une escapade à travers la forêt des Carnutes, une réaction de Rome, et les discours d’un colporteur ambitieux ne m’a pas semblée très développée, je me suis régalée avec la mise en place par les auteurs, des technologies nouvelles façon Antiquité, des roucoulements des romains, et surtout des jeux de mots bien imaginés. Assurancetourix le barde y a son rôle et le lecteur découvrira quelques instruments dignes d’un bon Gaston Lagaffe. Je suis enchantée de cette renaissance d’Astérix et lui souhaite longue vie si les albums suivants sont semblables !

jeudi 22 octobre 2015

La dernière nuit du Raïs


Ed Julliard

Mouammar khadafi bien tristement célèbre, parle dans ce roman sous la plume de Yasmina khadra tout au long du dernier jour de sa vie, alors qu’aux abois, il se terre dans une école désaffectée se Syrte,  Sa ville natale. Parlant de lui, il semble présenter un personnage juste et équilibré, mais il n’est pas nécessaire d’approfondir beaucoup la lecture pour comprendre que l’on a affaire à un individu déséquilibré, mégalomane, persuadé d’être élu de Dieu,  sans compassion pour autrui, se ventant des meurtre et des viols commis durant toutes  les années  de son règne et et qui ne peut avoir de considération pour ses semblables que si l’on sert ses intérêts. Un personnage intelligent, doté d’une mémoire phénoménale, mais qui n’a pu mettre cette intelligence au service du bien. On n’éprouve aucune difficulté après le premier tiers du roman, à anticiper les réactions du Raïs face à certaines paroles et certains actes,  de même qu’on s’aperçoit vite que le dictateur est entouré de gens qui soit ont peur de lui, soit ne montrent pas leur vrai visage, soit sont aussi déséquilibrés et prêt à vouer un culte à leur frère guide comme cela doit être vrai pour un certain nombre de dictatures.
Les informations sur Khadafi sont fournies au lecteur par les actions présentes dans une situation extrême pour tout l’entourage du colonel, les rêves d’un homme perturbé et tourmenté, et ses souvenirs d’enfance, de jeunesse, de début de règne.
Certains passages bien que nécessaire sont difficile à assimiler, particulièrement les manœuvres statégiques  pour permettre au colonel d’échapper aux rebelles.  
ce roman,  selon la formule consacrée, ne peut laisser indemne, car on a beau savoir que la violence, la torture et le crime existent, on n’en prend véritablement conscience qu’à travers de telles lectures. Cela s’applique particulièrement à la pacifique que je suis.
Un roman dur, que j’ai pu lire et je n’en suis pas mécontente, grâce à l’écriture toujours aussi merveilleuse de Yasmina khadra, écriture envoutante pour les amoureux de la langue française.

mardi 13 octobre 2015

Troisième humanité



   Un bon vieux Werber dans le même style que les fourmis, rien de tel pour me mettre de bonne humeur. J’y ai retrouvé le suspens construit par l’alternance des protagonistes, et qui en fait un roman à trois voix : le narrateur, ce très cher Edmond Wells et son encyclopédie, si surprenante parfois par les sujets qu’elle traite, pouvant aborder des  sujets mythologiques, d’histoire mais aussi la recette du cassoulet ou l’histoire du radeau de la Méduse, et plus surprenant et très sympathique : l’histoire de Gaïa, notre Terre, personnifiée , pensante et capable de souffrir ou de se mettre en colère. Bernard Werber n’a pas oublié non plus la petite énigme qui revient en leitmotiv, et dont je croyais obtenir la solution à la fin de ce volume, mais qui me forcera à réfléchir, si j’ai bien compris, jusqu’au troisième volume.
Les personnages, toujours très typés chez Werber, offrent au lecteur un éventail de personnalités qui se côtoient avec leur qualité et leur défaut pour le plus grand plaisir du lecteur, pensez donc, une amazone, une pygmée, un colonel (féminin cela va de soi), un colosse affichant la loi de Murphy du jour sur son T-shirt, tous ces acteurs  formant les ingrédients  d’un plat qui donne envie d’y revenir lorsqu’on y a goûté.
N’oublions pas les micro-humains, nés  dans cet ouvrage, et terreau des deux suivants j’imagine : bien implantés dans le tome 1, donnant sans nul doute une idée de ce que  pourront devenir ces miniatures d’humains (je trouve cela adorable !) dans les tomes suivants.
Le roman me semble très bien construit  avec les événements qui provoqueront les rebondissements et quelques surprises. Il m’est arrivé à certains moment de l’histoire, d’imaginer ce qu’allait être la suite, et de me planter, ce qui ne m’a pas déplu.
Vous l’aurez compris, j’ai A-DO-RE ! peut-être pas autant que les thanatonautes  et les fourmis qui m’ont fait découvrir Werber dont le style m’avait agréablement surprise à l’époque, mais parmi tous les romans de l’auteur, celui-ci est pour moi, dans le top 10.

Je lirai les deux autres tomes, et pour faire durer le plaisir, je vais étaler ces lectures dans le temps en alternant avec d’autres romans.

vendredi 25 septembre 2015


L'enfant porcelaine


Emmanuelle Colin
Jeanne Taboni Misérazzi
Ed Bilboquet

   Je viens de débusquer une pépite dans la section Albums jeunesse de ma médiathèque préférée !
Un ouvrage à la couverture magnifique représentant un enfant sous une cloche de verre, intitulé l’enfant porcelaine, dans un décor de théières en suspension sur un fond tout en nuance de bleu-vert. Il n’en fallait pas plus pour accrocher le ptitgateau !!! Le titre, laissant présager une histoire intéressante, m’aurait laissée sur ma faim si je n’avais pu lire l’histoire. J’ouvre donc cet album sur l’image tout en douceur, d’un petit garçon endormis sur un lit de coussins, toujours bleus vert aux motifs variés, sous sa cloche de verre. Le début de l’histoire annonce que l’enfant depuis qu’il était né, risquait de se casser, laissant supposer qu’on y aborde peut-être la maladie des os de verre, mais pas du tout, il s’agit en fait d’un conte : l’enfant porcelaine fait un faux pas et se brise une jambe, qui sera recollée par un spécialiste de la porcelaine, puis l’enfant part sur les chemins risquant de se briser à la première occasion,  et rencontre l’enfant pain d’épice qui se plaint qu’on le grignote, l’enfant pierre qui, avec son cœur de pierre, qui se sent seul, l’enfant bois qui se sent raide, l’enfant fil de fer, tellement maigre que personne ne le remarque… et il va de rencontre en rencontre pour arriver jusqu’à l’enfant-roi… A chaque rencontre, l’enfant porcelaine trouve les mots pour consoler et faire comprendre qu’il y a toujours plus malheureux que soit, qu’en se tournant vers autrui, on évolue et qu’il ne faut pas se laisser dominer par ses difficultés.
Les illustrations sont à couper le souffle, j’ai même eu le réflexe de revérifier le nom de l’illustrateur, pensant que Benjamin Lacombe pouvait en être l’auteur, mais non. Une fois l’histoire lue, on ne peut s’empêcher de tourner à nouveau les pages pour admirer ces dessins tout en rondeur, en dégradés  et en tons reposant pour l’œil et l’esprit.

Un livre à avoir dans sa collection d’albums ! 

mercredi 23 septembre 2015

Tiré à quatre épingles 



 J’ai trouvé ce roman policier dépourvu de suspens plutôt décevant. Les personnages étaient prometteurs  et semblaient d’après la description faite par l’auteur, posséder une certaine personnalité, mais en avançant dans l’histoire il n’en fut rien ! Le commandant Chanel, personnage principal, est présenté comme un fin limier qui se sert de son intuition, je me suis réjouie un peu vite en pensant qu’un nouvel  Adamsberg avait vu le jour, or à aucun moment il ne montre cette qualité. Les deux stagiaires  surdouées qui arrivent pour aider le commandant amènent  le lecteur à penser qu’elles  vont faire preuve de génie, elles auront toutefois un rôle très limité dans le dénouement. La victime, assassinée dans son appartement est décrite comme étant  la dernière des ordures sans aucune nuance. Et quelle idée en début de roman, de faire déménager le  36 dans d’autres locaux et de supposer qu’on y mettrait un musée de la police ou un centre commercial ??? Je me suis longuement demandée si ce déménagement avait une fonction quelconque dans le roman, on ne sait jamais, mais non, une fantaisie de l’écrivain, rien de plus.

Je ne me suis pas ennuyée malgré tout, mais comme polar, je mettrai un «peut mieux faire ».

dimanche 13 septembre 2015

 Le miroir de Cassandre



  Un Werber de plus, , pour avoir lu les trois quarts de ses romans,  et bien que je connaisse à présent sa façon d’écrire, ses dadas et ses sujets favoris je ne m’en lasse pas car il fait partie de ces auteurs qui savent exploiter  des sujets traités par les écrivains tels que  la mort, le rire, l’avenir… avec originalité et humour bien que parfois peu scientifiques. Son humour, je le retrouve à chaque fois avec délectation même s’il ne me surprend plus parce que je suis habituée à son style.  Dans le présent ouvrage, il frise l’humour noir comme il ne me semble pas l’avoir vu faire, et je trouve délicieux cette histoire de clochards qui se sont fait un nid douillet au milieu d’une décharge, ayant créé leur Etat avec ses lois, mettant en avant une révolte face à la société de consommation qui fera réfléchir le lecteur , leurs contre-proverbes, leur déclaration revenant en leitmotiv. Les personnages sont des personnages « Werberiens » pur beurre, avec  leur façon différente d’envisager la vie, les gens, de voir la réalité autrement. J’ai d’ailleurs  mieux compris en fin de roman pourquoi  Cassandre me faisait tellement penser à Lucrèce Nemrod des romans antérieurs. Je regrette un petit peu qu’il n’y ait pas d’encyclopédie du savoir relatif et absolu dans ce roman, j’ai malgré tout passé d’excellents moments de lecture !