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lundi 9 juillet 2012


J'ai un ado mais je me soigne


Des livres traitant du problème des adolescents, j’en ai lu quelques-uns, certains peu convaincants, d’autres denses, spécialisés, rébarbatifs, fondamentalistes (hé oui, certains psy américains vous servent des bondieuseries  à toutes les sauces, même pour aider nos ados à s’exprimer ! ) J’ai donc arrêté de chercher du côté de cette littérature, tant pis pour mon ado, ma sciences serait désormais fondée sur l’observation du magnifique spécimen dont je dispose à la maison.
Et puis, voilà que surgit dans ma vie, Olivier Révol, (Merci Kittywake !).
Un livre que je conseillerai à tous ceux qui voudraient se pencher sur cette question. Un ouvrage clair, faisant alterner des études de cas et des chapitres sur l’état actuel des connaissances sur les ados, et fournissant des conseils très précis aux parents. J’en suis arrivée à la conclusion que mon ado n’était pas si terrible ça !

dimanche 1 juillet 2012



La compagnie des menteurs


Karen Maitland

Où l’on fait connaissance de sept personnages : Camelot, l’ancêtre qui fait figure de meneur de la petite troupe, Rodrigo, ménestrel de son état et son élève  Joffre, adolescents perturbé, Plaisance, sage-femme, Zophiel, personnage au verbe haut, semant polémique et discorde au sein de l’équipe, Osmond et Adela, sa compagne, enceinte, Cygnus, conteur  et l’énigmatique Narigorm, voyante qui lit dans les runes. Tout ce petit monde évolue sur fond de peste de 1348 en Angleterre.
Peu à peu, les personnages se rencontrent, le groupe de forme. Pour plus de sécurité, ils décident de faire route ensemble, de fuir vers le Nord pour échapper à l’épidémie, emmenant le lecteur à travers l’Angleterre médiévale, de ville en village où ils sont tour à tour reçus, chassés quand ils ne décident pas eux-même de reprendre la route.
 Je qualifierais ce roman de roman historique, au demeurant passionnant si l’on s’arrête à l’exposé que nous fait Karen Maitland  de cette terrible année 1348. En revanche, je pense que quoiqu’en pensent les lecteurs, il ne mérite pas la dénomination de thriller : je n’ai ressenti aucune sensation de peur, de tension , même lorsque les personnages se montrent terrifiés pas un loup sensé les suivre, la peur des loups étant courante à cette époque.  Il y  a des mort, certes et des morts violentes qui  aident à bien entretenir le côté superstitieux des personnages,  mais de recherche des assassins, très peu, j’ai eu l’impression que les réponses que les personnages recherchaient plus ou moins  leur arrivaient  du ciel,  ou que leurs suppositions prenaient très vite des tournures de vérité admissibles par tous. J’aurais presque eu envie de le qualifier de roman moyenâgeux psychologique en raison des relations complexes entre les personnages, des non-dits, des révélations qui expliquent les comportements, le problème, c’est que psychologie et moyen âge constituent un anachronisme,  or certains comportements  sont largement commentés, expliqués et excusés  par  camelot, l’ancêtre, celui qui porte un regard sur les autres et expliquent leur comportement. J’ai trouvé ce personnage très humain, très tolérant, c’est tout à son honneur, mais il fait trop défenseur des droits de l’homme avant l’heure, se démarquant des autres personnages, et le fait qu’il soit le narrateur explique en partie cette vision  avec un certain  recul  sur ses pairs, mais ce n’est pas l’idée que je me faisais de la pensée en 1348, surtout après avoir lu des œuvres telles que les piliers de la terre, la promesse de l’ange, le nom de la rose...  
L’histoire s’éternise parfois : le résumé annonçant des meurtres à élucider, mais la compagnie n’est rassemblée qu’à la moitié du roman et j’en suis même arrivée à me demander si j’avais bien lu le résumé, si les événements annoncés allaient se produire.
J’ai malgré tout passé de très bons moments grâce à cet exposé que fait l’auteure, car les situations et le vécu des personnages très différents d’un individu à l’autre vont créer de grandes tensions, qui permettront au lecteur de se faire une idée de la pensée de l’époque, des superstitions, des pratiques religieuses.
Enfin certains passages sont, au choix du lecteur, à considérer soit comme du conte, soit comme une interprétation de la part des gens de l’époque, je n’en dirais pas plus.
Pour finir, j’ai aimé ce roman parce que j’aime la période médiévale et tout ce qui la concerne, et jamais je ne me lasserai de lire ce genre de récit.

mercredi 20 juin 2012

Mon ami Frédéric


Hans Peter Richter



Qui lit ce roman ne peut l’oublier. Je commencerais par préciser que si votre enfant (10-11ans) le lit, soyez prêt à en discuter avec lui, à l’accompagner dans sa lecture, car ce livre ne le laissera pas indifférent. Nous sommes en 1925, Frédéric est juif et habite dans le même immeuble que son ami  Allemand (le narrateur) , les deux enfants se voient, les maman entretiennent des relations de voisinage, Frédéric est invité et bienvenu chez son ami.  Dans cette Allemagne d’avant guerre, le Nazisme monte. Peu à peu, les Juifs perdent leurs droits, (une chronologie est disponible à la fin de l’ouvrage, atterrante !) le lecteur se demande alors comment cette amitié va résister à la folie meurtrière du régime nazi. Je n’en écrirai pas plus cette l’histoire qui m’a paru d’autant plus cruelle qu’il s’agit d’enfants, des êtres qui ne se posent pas toutes les questions des adultes, des êtres malléables que la lâcheté des adultes n’épargne pas (voir scène de conditionnement dans les groupes de jeunesses hitlériennes). Je l’ai lu avec mes élèves dans le cadre de l’histoire, ils ont certes été choqués et on est resté longtemps sur ce livre avec des discussions et des explications dont les enfants avaient besoin, je ne le regrette pas, les enfants ont compris pourquoi , avec eux, j’ai étudié cette œuvre : pour ne jamais oublier !  Il y a dix ans que j’ai lu ce roman, il est toujours aussi présent dans ma mémoire et les larmes me viennent lorsque je l’évoque.

dimanche 17 juin 2012

Purge

Purge


Sofi Oksanen


Je termine ce roman en restant un peu sur ma faim, je ne dirai pas pourquoi  au risque de dévoiler des éléments essentiels de la fin , volonté de l’auteure sans doute, de laisser courir l’imagination du lecteur, et point très secondaire après avoir lu cet exposé de la vie d’une personne durant une période troublée et glauque dans cette partie du monde.
Il m’a fallu un certain temps pour entrer dans l’histoire parce que les liens entre les personnages s’y mettent à jour progressivement, éclairés par des retours dans le passé qui explicitent leur  position au moment de l’effondrement de l’union soviétique.
Puis je me suis intéressée  aux personnages,  Aliid, à travers laquelle Sofi Oksanen livre une description psychologique de cette femme qui considère sa sœur comme une concurrente , plus jolie, plus adroite et qui semble baisser les bras , puis comme une  rivale qui lui prend l’homme à qui elle aurait aimé plaire, pour enfin, la livrer aux communistes qui l’enverront en Sibérie. Jalousie profonde sur laquelle va naître ce lourd secret de famille que Zara aimerait percer.
Le personnage d’Aliid est ambigu, elle a subi la guerre 39-45, l’annexion de l’Estonie, le régime communiste, la torture mais elle livre sa sœur, se marie avec un communiste pour se cacher et cacher l’existence de son beau frère ennemi du régime, quelle femme aurait-elle été sans ces événements ? L’auteure ne tente –t-elle pas de démontrer le malaise et l’instabilité que peuvent créer ces régimes totalitaire ?
La narration est intéressante : à chaque personnage un style : très répétitif pour Aliid comme pour exprimer son angoisse constante : le narrateur semble prendre alors un rôle et emploie « peut-être que » à l’infini, très cru lorsqu’il s’agit de Pacha, proxénète qui asservit Zara, pour exprimer la violence que subit cette jeune femme, très quelconque pour Martin avec des diminutifs qui donne au personnage des aspects sournois.
Enfin j’ai beaucoup aimé ce parcours sur une partie de l’histoire que je ne connais pas particulièrement et qui nous expose  habilement par des flash-back générant le suspens l’ensemble de l’histoire de cette région sans que le lecteur se perdent dans les moments, les lieux, les personnages.
Un roman que je ne pourrai pas oublier

lundi 21 mai 2012

Dans la brume électrique


James Lee Burke

Aujourd’hui, au cours d’un « échange littéraire avec une collègue, je déclare que je viens de terminer un livre de James Lee Burke, et je me hasarde à décrire ce roman comme étant un thriller. Ce à quoi mon amie répond par une grimace (apparemment, elle n’apprécie pas le genre « thriller »), je la rassure en lui disant qu’il ne s’agit pas d’un thriller aux scènes parfois insoutenables à l’instar des écrits de Grangé ou Chattam (que j’aime beaucoup d’ailleurs) , non, non, loin de là… Et cette affirmation m’a amenée à réfléchir : quel était le but de James Lee Burke ? certainement pas  vendre de la sensation forte, du suspens à  rester coller au livre, mais plutôt, à travers une intrigue faisant office de fil conducteur, il nous raconte La Louisiane qu’il aime tant, décrit des paysages, nous amène à faire connaissance  d’ une population,  évoque des problèmes de société réels .
  Passons à  l’intrigue : Dave Robicheau, policier, arrête Elrod Syke qui conduit en état d’Ebriété. Ce dernier déclare avoir vu dans le marais, le corps momifié d’un homme noir enchaîné. Dave  Robicheaux se sent alors interpellé car il a été témoin,  35 ans auparavant, d’une scène de meurtre à l’encontre d’un homme noir au même endroit.  Par ailleurs, le cadavre d’une jeune femme  est retrouvé, atrocement mutilé. Une enquête commence, menée par Robicheaux et le FBI. Au cours du roman, Dave s’entretient régulièrement avec le John Bell hood, mort en 1879, général ayant combattu dans les rangs de l’armée des états confédérés. Je me suis à plusieurs reprises demandée  si ces conversations faisaient partie des rêves du policier, ou si, survenant toujours par temps orageux (d’où le titre du roman)  elles appartenaient au domaine du fantastique,  Je pense finalement que c’est au lecteur de décider quoique certains éléments que je tairais, pourraient être considérés comme prouvant l’aspect surnaturel du phénomène. Le général, quelle que soit la situation, joue un rôle de conscience du policier.
Le personnage de Dave robicheaux mérite qu’on s’y intéresse, je me suis délectée en lisant les dialogues dans lesquels intervenait ce personnage tour à tour perspicace, fougueux, tendre,  coléreux, déterminé trouvant toujours la réponse qui va convaincre.
J’ai beaucoup aimé ce roman  pour les descriptions des paysages de Louisiane, les dialogues savoureux, même si  certains passages étaient  parfois un peu difficiles à lire en raison  des pages d’écriture très denses auxquelles s’ajoutent les dialogues réguliers des cajuns pas toujours facile à déchiffrer. Ce qui m’a tenu en haleine, c’est le lien que je ne parvenais pas à faire entre l’homme noir trouvé mort dans le bayou, les meurtres successivement découverts, la présence d’une bande de mafieux sévissant dans la région.  Un excellent roman que je conseille vivement.

dimanche 20 mai 2012

Le vicomte pourfendu

Italo Calvino



Le vicomte Médard de Terralba prend part à une bataille contre les Turc et se retrouve coupé en deux par un boulet de canon. Ses deux moitiés continuent à vivre indépendamment, l’une semant la terreur dans le comté, l’autre faisant le bien. Un surprenant roman plein d’humour (noir) qui revêt des allures de conte philosophique. Me penchant sur la carrière d’Italo Calvino, je peux lire qu’il fut un écrivain réaliste, un fabuliste et un philosophe. A travers ce conte fantastique, il nous apporte une réflexion  sur l’être humain, non pas une vision manichéiste qui voudrait que le bien existant chez l’homme vient du ciel et le mal des ténèbres les deux à l’origine d’un combat permanent, mais plutôt un constat : l’homme possède en lui le bien et le mal qui l’équilibrent, l’un n’allant pas sans l’autre : c’est ainsi que le « mauvais vicomte » dit « l’infortuné » récolte la haine des villageois pour sa méchanceté et son injustice, le « bon » créée des tensions (Il n’est pas si facile d’être la bonté même)
J’ai commencé par prendre beaucoup de plaisir lors de la lecture, d’abord parce qu’Italo Calvino manie l’humour noir en virtuose, ensuite parce que je me suis attachée aux personnages, enfin parce que je me suis bien demandée comment allait finir cette histoire qui m’a donné envie de lire encore d’autres œuvre de ce grand écrivain.

mercredi 9 mai 2012

Rosa Candida

Audur Ava Olafsdóttir




J’ai été amenée au cours de ma lecture à me poser bien des questions :
d’abord sur les personnages : un jeune homme qui ne présente pas vraiment de traits de caractère particuliers, qui se cherche constamment, se pose une foule de questions, qui  se décrit sans exprimer de sentiment comme s’il était extérieur à lui-même et  sans communiquer son ressenti de façon évidente, un père octogénaire  anxieux, soucieux que son fils ne manque de rien, une maman décédée omniprésente, un frère autiste dont je n’ai pas bien cerné le rôle dans ce récit ,  un moine érudit qui pour répondre aux questions, utilise les moyens dont il dispose : livres et films.
Ensuite sur l’histoire : sorte d’errance contrôlée du jeune Arnljotur qui quitte le foyer pour se rendre dans un endroit perdu où les gens pratiquent un patois étranger.
Les lieux : pas d’indication de temps, de lieux.
Le but du héros : faire revivre sa mère à travers ses passions, ses actions afin qu’elle poursuive son éducation et en fasse un homme.
Je l’ai abordé finalement comme une sorte de conte avec pour épreuve, devenir un homme, devenir un père et faire son apprentissage de la vie.  Ce jeune homme m’a parfois fait sourire et  et m’a attendrie, particulièrement lors de son initiation au métier de père qui a tout à apprendre.
Par ailleurs, ce roman pourrait être assimilé à une œuvre philosophique si on considère que les nombreuses  questions que se pose Arnljotur interpellent le lecteur.
La ligne conductrice de ce récit est fort agréable et poétique : l’histoire d’une rose à huit pétales sans épine, à laquelle peut être comparé notre héros , pacifique et candide.