Les saules
Mathilde Beaussault
Ed Seuil, point, 06/03/2026, 272 pages.
Par le biais d’un crime
sordide, l’autrice, de son écriture ciselée, met en relief des personnalités
diverses : les membres d’une famille qui ; dès le début, apparaît asociale
avec son « pater familias » acariâtre, borné et bien peu avenant, une
mère qui cautionne son comportement, mais a-t-elle le choix, une fillette, Marguerite, mutique, sale, peu
éduquée par des parents qui la laissent grandir comme elle peut, jugée
arriérée, qualifiée de « débile de l’école » et rejetée.
On notera le caractère intemporel
du roman, qu’on peut tout de même situer en 1984, indices à l’appui. Si l’on
prend en compte la description des personnages et de leurs habitudes, il donne
une impression d’après-guerre : peu de matériel, familles campagnardes démunies
tant matériellement qu’intellectuellement, si on exclue les notables du coin, les
propriétaires de la pharmacie. On est bien en présence de familles défavorisées.
Les enfants n’y sont pas les rois, les habitants portent en eux certaines rancœurs,
dans cette micro société où tout le monde se connaît, ou chacun voudrait dicter
sa loi.
Et dans ce village où l’anonymat
n’existe pas, survient un meurtre, celui
de Marie, 17 ans, fille du pharmacien et de sa femme.
La gendarmerie se lance dans
une enquête qui patauge, et qui se base sur les témoignages des membres de
cette communauté. Témoignages sans vraiment d’intérêt et qui ne permettent pas
de trouver le meurtrier.
Si l’on est témoin d’une
enquête policière, ce roman peut-il être vraiment rangé dans la catégorie des
romans policiers ? oui si l'on en juge par le prix que le roman a reçu, mais j'ai douté en avançant dans mas lecturer, car la façon dont Mathilde Beaussault
nous introduit dans les foyers, nous présente des tranches de vie d’adultes,
nous parle de la maltraitance infantile, met en avant des querelles et des
interventions de personnages rustres fait penser plus à un essai sur sociologique
sur un milieu donné.
Témoin de ces situations
parfois bien attristantes, j’ai apprécié ce roman. J’ai trouvé Les témoignages
révélateurs de l’état d’esprit des intervenants.
Je n’ai que moyennement apprécié la fin, bien
que cette issue à laquelle je ne m’attendais pas cadre parfaitement avec l’ensemble
du récit. Elle n’aurait pas dû me surprendre. Il y aurait beaucoup à dire sur
cette fin, mais évitons de divulgâcher !
On n’aime ou on n’aime pas ce
roman, toutefois il est marquant et ne s’effacera pas de sitôt de ma mémoire.
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