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jeudi 10 septembre 2026

 

Ruptures







 







Bernard Minier

XO Editions, 26/03/2026, 540 pages


Cela faisait bien longtemps que j’avais lu un roman de Bernard Minier et le tout premier, Glacé, m’avait très moyennement plu, je l’avais trouvé plutôt confus, je me suis donc dit que je devais lui laisser une chance, et quelques années après, je tente une nouvelle lecture de cet auteur. Et cette fois, j’ai trouvé son roman bien structuré et sans confusion. Le succès de ce roman m’a amenée à choisir ce titre. Le résumé est prometteur, une panne d’électricité générale en Espagne, c’est séduisant, notre héroïne, Lucia, de la Guardia civil a tout pour plaire, dynamique et sachant dominer ses angoisses, personnellement, elle m’a séduite, question action, le roman démarre sur les chapeaux de roue. Toutefois je me suis demandé à plusieurs reprises si je parcourais un thriller ou un exposé sur les dangers de la technologie en progrès constant. Je pense avoir répondu à la question en me renseignant sur la documentation de l’auteur, documentation sérieuse utilisée dans un roman fournissant de bonnes informations au lecteur, documentation qui peut générer de l’angoisse car le personnage que poursuit la policière est un personnage fictif par le nom, mais que l’on reconnaît sans difficulté car il rappelle sans conteste un illustre et puissant mégalomane.

J’ai parfois trouvé ce récit un peu long bien que j’aie apprécié les connaissances qu’il apportait, car l’auteur m’avait déjà branché sur une intrigue ayant pour objectif de démasquer un criminel, j’ai trouvé que le dénouement se faisait trop attendre.

Mon évaluation ne peut malgré tout être négative : les personnages sont intéressants et présentés de telle sorte qu’on ne sait pas qui sont les individus en qui notre héroïne peut avoir confiance, à nous de suivre les faits, gestes et paroles de chacun d’eux pour se faire une idée. Cela donne un certain intérêt à la lecture.

Question suspens, je ne l’ai que très peu ressenti. C’est la raison principale pour laquelle je me sens mitigée. Je salue tout de même le courage de Lucia qui n’hésite pas à s’attaquer à un milliardaire puissant à la base du développement d’une science sans conscience, un individu bénéficiant de protections de plus haut, (j’ai beaucoup aimé certaines allusions à un homme politique dont on peut dire qu’il fait l’unanimité en ce qui concerne la bêtise et l’inconscience).

Je ne pense pas avoir perdu mon temps avec ce roman, j’ai passé un bon moment de lecture.

 

 

 

dimanche 30 août 2026

 Les mandragores

 











Marius de Gardin

Ed du panseur, 14/08/2025, 225 pages


Les mandragores, ce sont les plantes qui poussent aux pieds des pendus, fruits de semences sans désir, la plante qui envahit les êtres. Le titre convient parfaitement à ce magnifique roman qui nous introduit dans une famille particulière, la famille de Benito (le narrateur), Piero, l’enfant aveugle, Chiara, l’unique fille, et Primo l’aîné, enfants issus d’un couple d’émigrés italiens (les Cipriani) disparus de la vie de la fratrie. Ils habitent un ancien restaurant : Amore e gusto, ressentent la faim, les privations, l’absence de parents. L’aîné les réunit pour leur annoncer le retour de la mère sans plus d’information.

C’est Benito qui prend la parole, un jeune homme aux propos remplis d’humour qui ne peuvent empêcher de faire sourire malgré la situation catastrophique dans laquelle se trouve la fratrie : faim, alcoolisme, dénuement. On oscille entre présent et flash-back, on prend connaissance du passé de cette famille, passé peu reluisant lié à des parents non concernés par le bonheur des enfants, à un père qui subit des pressions d’un personnage important,à une mère irresponsable.

Benito ne trouve pas sa place, nulle part, il cherche le contact, il cherche le bonheur, ou plutôt le non-malheur, on le retrouve en ville, dans des lieux ou il vient chercher le réconfort, pas toujours des lieux porteurs de d’avenir, il cherche le contact de Chiara de Piero, contacts éphémères et sans lendemain, il cherche le contact d’une mère absente, il se retrouve à Sainte Anne où rien ne se passe, où il rencontrera toutefois un personnage interné comme lui, et qui sera l’étincelle qui le sauvera.

La fin est surprenante sans l’être car elle est la conséquence de la présence de cette famille largement aussi toxique que les mandragores.

Le récit de Benito m’a absorbée, l’ensemble est livré avec des répliques humoristiques, le fond l’est beaucoup moins, bravo à l’auteur pour cet équilibre dans la narration.

On comprendra que ce que Benito garde en lui, c’est de la rancœur et de la colère : colère envers des parents qui ne lui ont pas donné l’amour qu’il méritait et colère envers la société, les mandragores l’ont envahi, il ne parvient pas à s’en débarrasser, il devra devenir son propre psychologue, il y parviendra parfois, l’analyse qu’il nous livre s’avérant très juste.

Ce qui m’a surprise tout de même c’est l’irrégularité du maniement de langue de Benito : tantôt des phrases avec des négations incomplète et un parlé familier, tantôt des magnifiques paragraphes laissant une belle place à la poésie.

J’ai beaucoup aimé les passages en italien qui montrent combien ces enfants sont fidèles à leurs origines.

 Ne jamais trembler





 







Stephen King

Ed Albin Michel, 28/01/2026, 528 pages



Cette lecture fut bien laborieuse ! Je pense que j’aurais dû abandonner de suite car dès le début, je n’accrochais pas, j’ai trouvé très confuse cette histoire de lettre qui mentionne que l’expéditeur va tuer treize innocents et un coupable. Cette lettre donne lieu à une première recherche d’explications par la police de Buckley City qui mentionne des noms inconnus, bref, une conversation à laquelle la lectrice que je suis ne se sent pas vraiment invitée. J’ai eu cependant un espoir quand le problème arrive dans les mains d’Holly, une héroïne à laquelle je me suis bien attachée depuis le cycle Bill Hodges et les tomes suivants, des volets qui regorgeaient de suspens.

Dans cet opus, Holly se montre toujours très perspicace mais je trouve qu’elle outrepasse ses fonctions, devenant une sorte de Wonder Woman prête à affronter toutes situations, même les plus dangereuses.

Ce qui a pu m’aider à ne pas abandonner, c’est peut-être la présence de Kate McKay, qui milite pour le droit à l’avortement au désespoir de ses opposant, américains imprégnés d’impératifs religieux, ce qui semble courant aux Etats-Unis, la présence entre les chapitres consacrés à Holly et à Kate de ce meurtrier inquiétant qui se fait nommer Trigg, individu déséquilibré dont on peine à découvrir l’identité.

Question suspens, on repassera, on se doute de la fin, on « ne tremble jamais » car on ne tarde pas à flairer le meurtre qui survient parfois sans aucune préméditation. Il nous décrit un meurtrier apparemment sans états d’âme, tout en mentionnant les faiblesses qui pourraient lui être fatales, les erreurs qu’il commet, on se doute bien alors que le cueillir pourrait être facile. L’auteur nous avait habitués à mieux.

Un deuxième criminel apparaît : un jeune homme victime de dédoublement de personnalité et manipulé par un prêtre, ç’aurait pu être intéressant si ce personnage s’était montré plus autonome et spontané, toutefois ses tentatives d’intimidation restent intéressantes au cours du roman.

 Par ailleurs, trop de longueurs, trop de discussions qui ne font rien avancer, où alors très lentement entre Holly et ses amis.

Holly a besoin de repos il me semble, et j’espère que pour moi, ce ne sera pas « ne plus jamais trembler » face à un Stephen King.

jeudi 20 août 2026


Les bouchères












Sophie Demange

Ed l'iconoclaste, 07/05/2026, 310 pages


Trois héroïnes pour un roman, trois jeunes femmes qui ont quelques points en commun :  deux sont bouchères, la troisième le deviendra rapidement. Mais ce n’est pas tout : chaque membre de ce trio d’enfer a croisé sur son chemin, un homme avide de sexe ou un père autoritaire et macho. Et la vie a une dette envers elles...

En observant la couverture et le titre, on ne peut que se demander quelle sera la teneur du récit. Et l’on est vite informé, vite entraîné par l’énergie que déploie chacune pour faire tourner la boucherie : mise en valeur des morceaux de viande comme s’ils étaient des œuvres d’art, quasi jonglage avec leurs instruments de prédilection : les couteaux, toutes trois travailleuses et courageuses, toutes trois volontaires et autoritaires, c’est sans doute ce qui permettra de fournir quelques excuses au comportement du trio en action somme toute compréhensible mais non excusable.

J’aime beaucoup l’humour noir, si vous avez des titres, je suis preneuse, le fait que trois femmes deviennent bouchères, abattent le travail dans rechigner, possèdent le répondant ad hoc vis-à-vis des clientes pénibles, tout cela épice le récit. Mais ne sont-elles pas un peu expéditives ? Pour moi personnellement, le comique n’était pas toujours au rendez-vous, mais qu’importe, on est tout de même en présence de trois féministes qui dénoncent les violences faites aux femmes, c’est essentiel.

J’ai trouvé délicieux les passages qui exposent nos charmantes vendeuses de viande en plein cœur d’une petite ville, dans un quartier où tout le monde se connaît, où les potins vont bon train, où la bêtise humaine s’invite dans le voisinage et qui montrent comment la rumeur devient reine.

Ce roman, sans me charmer, m’a offert de bons moments de lecture.





mercredi 19 août 2026

 En attendant Marky Moon










Natalie Adler

Ed Phébus, 27/08/2026, 326 pages.


Je n’aurais probablement pas placé ce roman dans ma bibliothèque sans un coup de pouce de Babelio qui me l’a proposé au cours d’une masse critique exceptionnelle, et cela aurait été regrettable, car ce livre renferme des richesses insoupçonnées. Si j’ai éprouvé quelques difficultés à entrer dans l’histoire, c’est sans doute parce que je ne me posais aucune question concernant la communauté LGBTQIA que je ne connais pas. Mais nous sommes en 1984, on commence à parler sérieusement du SIDA, et ce sujet m’interpelle, car cette année-là, j’étais concernée comme tous les jeunes de mon âge, et de surcroit, je travaillais au centre de transfusion et   j’eus l’occasion de recevoir des personnes paniquées parce que convoquées.              Il fallut attendre 1986 pour être convié à des réunions d’information dont le but était d’exposer la vérité lever les doutes et faire taire les bruits et idées fausses. Et c’est vraiment ce que l’on ressent à la lecture de ce livre. Information, vécu des jeunes et ressenti nous sont livrés par Renata, une jeune femme qui se servira d’un don qu’elle possède : la faculté de voir les morts sur laquelle elle s’appuie pour expliquer les ravages du SIDA chez les toxicomanes et les homosexuels (on verra que les hétérosexuels ne seront pas épargnés non plus). C’est ainsi que Renata perdra nombre d’amis ainsi que sa mère.

Renata apparaît comme une personne équilibrée qui se montre capable d’analyser les situations, c’est là l’intérêt de sa narration. Elle évolue dans un milieu particulier, un milieu composé d’artistes, de gens cultivés, de paumés parfois aussi, de gens qui cherchent un bonheur artificiel par le biais de la drogue et de l’alcool, un milieu d’êtres humains dont on ne veut pas dans la société new yorkaise, et l’auteur imagine un subterfuge pour montrer comment on s’y prend pour faire évacuer les appartements.

Le côté fantastique aurait peut-être pu être plus approfondi, si son don sert à dénoncer la discrimination et à faire valoir les droits de tout individu, on s’attend à percevoir la détresse des morts qui ont dû faire face à la déchéance, à la destruction de leur corps par une maladie cruelle pour laquelle on n’avait aucun remède, mais il n’en est rien, c’est au lecteur d’imaginer le ressenti des protagonistes omniprésents quoique morts.

Si la découverte du roman et ses premiers chapitres m’ont paru long, j’ai ensuite jugé ce roman digne d’intérêt, chaque personnage évoluant en portant son passé, son histoire, ses choix.

Un roman très intéressant qui vous invite dans le New York des années 80, riche en culture littéraire comme musicale.


lundi 10 août 2026

Sainte emmerderesse






 








Audrey Alwett

ed Héloïse D'ormesson, 15/01/2026, 416 pages



Bienvenue à Rançon sur Seine, paisible petit village normand… Paisible ? oui, pendant de longues années, avant l'arrivée de Suzanne qui achète le vieux manoir délabré qui trône en pleine campagne suite à un gain au loto. Elle s'installe en cet endroit pour fuir une famille envahissante et toxique. le décor planté, on commence à croiser des individus qui valent le détour : le paysan du coin, les chasseurs, parmi lesquels : Ludwig, fils du maire, en froid avec son père pour les raisons que l'on découvre peu à peu, le médecin du coin, vieillard lubrique et manipulateur, la boulangère, raciste et homophobe, et la narratrice, Diane, écrivaine spoliée (son histoire vaut également le détour).

Peut-être vous demandez-vous ce qui anime la joyeuse troupe composée de Diane et de ses colocataires : le médecin qui a quitté sa femme, Ludwig et Diane ? C'est une découverte peu banale : la tombe de Madame de Saint-Ange dite Sainte Emmerderesse.

L'autrice ne nous laisse pas sur notre soif de connaissance : le roman regorge de renseignements sur cette sainte fictive, cette dame qui vécut sous le règne du roi soleil, protégée de Madame de Maintenon et installée dans le manoir. Pour nous renseigner, la narratrice écrivaine se livre a de sérieuses recherches au sujet de cette femme et nous raconte son histoire, maîtrisant son sujet et captant le lecteur, je peux d'ailleurs affirmer que j'avais hâte de retrouver ces passages narratifs qui racontaient l'histoire de Sainte Emmerderesse.

Mais le roman ne se résume pas à la biographie de la sainte : Suzanne n'est pas à court d'idées, elle fait de la tombe son fonds de commerce : le site devient lieu de pèlerinage, et la charismatique Suzanne devient prêtresse des lieux. L'histoire de Madame de Saint Ange laissera la place à de savoureux passages exposant des situations cocasses voire hilarantes, des moments de colère (certains personnages, quoique caricaturaux, sont de véritables monstres d'égoïsme, de non-compassion, de bêtise), des coups de patte à certains aspects de notre société.

Sortons tout de même des considérations historiques et des situations cocasses pour prendre de la distance , le récit décrit et tente de faire comprendre les travers de nos sociétés : phénomène des sectes, problème du racisme, société de consommation, comportement des éditeurs…

Curieusement, on se retrouve face à un roman à la fois dense et léger, chapeau bas à cette autrice qui manie l'humour (souvent noir pour mon bonheur) à la perfection, qui insère dans son écrit des répliques délicieuses propres à capter l'attention des lecteurs qui se mettent à l'affût des réflexions de Diane, écrivaine pleine d'esprit, et qui se montre capable de produire un roman qui satisfait pleinement le besoin de suspens, l'apport culturel, et la détente.

Une pépite que je conseille vivement.

samedi 18 juillet 2026

 

Les saules












Mathilde Beaussault

Ed Seuil, point, 06/03/2026, 272 pages.


Par le biais d’un crime sordide, l’autrice, de son écriture ciselée, met en relief des personnalités diverses : les membres d’une famille qui ; dès le début, apparaît asociale avec son « pater familias » acariâtre, borné et bien peu avenant, une mère qui cautionne son comportement, mais a-t-elle le choix,  une fillette, Marguerite, mutique, sale, peu éduquée par des parents qui la laissent grandir comme elle peut, jugée arriérée, qualifiée de « débile de l’école » et rejetée.

On notera le caractère intemporel du roman, qu’on peut tout de même situer en 1984, indices à l’appui. Si l’on prend en compte la description des personnages et de leurs habitudes, il donne une impression d’après-guerre : peu de matériel, familles campagnardes démunies tant matériellement qu’intellectuellement, si on exclue les notables du coin, les propriétaires de la pharmacie. On est bien en présence de familles défavorisées. Les enfants n’y sont pas les rois, les habitants portent en eux certaines rancœurs, dans cette micro société où tout le monde se connaît, ou chacun voudrait dicter sa loi.

Et dans ce village où l’anonymat n’existe pas,  survient un meurtre, celui de Marie, 17 ans, fille du pharmacien et de sa femme.

La gendarmerie se lance dans une enquête qui patauge, et qui se base sur les témoignages des membres de cette communauté. Témoignages sans vraiment d’intérêt et qui ne permettent pas de trouver le meurtrier.

Si l’on est témoin d’une enquête policière, ce roman peut-il être vraiment rangé dans la catégorie des romans policiers ? oui si l'on en juge par le prix que le roman a reçu, mais j'ai douté en avançant dans mas lecturer, car la façon dont Mathilde Beaussault nous introduit dans les foyers, nous présente des tranches de vie d’adultes, nous parle de la maltraitance infantile, met en avant des querelles et des interventions de personnages rustres fait penser plus à un essai sur sociologique sur un milieu donné.

Témoin de ces situations parfois bien attristantes, j’ai apprécié ce roman. J’ai trouvé Les témoignages révélateurs de l’état d’esprit des intervenants.

 Je n’ai que moyennement apprécié la fin, bien que cette issue à laquelle je ne m’attendais pas cadre parfaitement avec l’ensemble du récit. Elle n’aurait pas dû me surprendre. Il y aurait beaucoup à dire sur cette fin, mais évitons de divulgâcher !

On n’aime ou on n’aime pas ce roman, toutefois il est marquant et ne s’effacera pas de sitôt de ma mémoire.

dimanche 7 juin 2026

 

Love, Mom












Iliana Xander

Ed Fleuve noir, 8/01/2026, 416 pages


Cette histoire commence doucement, en son début, on fait la connaissance de Mackenzie, une vingtaine d’années, la narratrice qui expose sa situation : sa mère vient de mourir, elle ne semble pas en bon terme avec cette mère qui ne s’est pas beaucoup occupée d’elle, un père alcoolique, et quelques embrouilles qu’elle peut ressentir mais qui lui sont cachées. C’est dans cette ambiance de non-dit, de secret de famille occultés que l’on y est introduit. On sent une Mackenzie bien seule au milieu d’adultes au comportement de plus en plus énigmatique, mais heureusement elle peut se confie à E.J son meilleur ami qui jouera un rôle de soutien pour Mackenzie. Les informations diffusées avec une grande parcimonie donnent au roman les épices nécessaires pour rendre addict le lecteur qui y goûte : des querelles en douce, des lettres qui arrive d’on ne sait où et qui racontent à la jeune femme, un pan caché de l’histoire de sa mère. Des personnages uniquement nommés, non présentés, pour lesquels on est amené à se poser la question de leur identité et de leur rôle dans l’histoire, peu de rebondissements au final, si ce n’est que l’on avance pas à pas dans le récit, et tout de même une information de taille qui vous accroche définitivement au livre jusqu’à la fin.

On découvre la situation grâce aux lettres , au progrès des investigations auxquelles se livrent Mackenzie et son ami, mais aussi durant quelques chapitres, par d’autres personnages dont je ne mentionnerais pas l’identité pour éviter de spoiler, ce qui en fait un roman choral qui permet de devenir le témoin des recherches de Mackenzie et de la voir s’approcher de la vérité, une vérité qui surprend soudainement. Surprise très bien placée, juste avant le témoignage des autres personnes.

J’ai beaucoup aimé ce thriller psychologique : lecture confortable, intrigue suffisante pour susciter l’envie pressante de poursuivre, pas de scènes vraiment gores, un roman très bien construit aux informations savamment dosées.

Ce roman mérite amplement son succès !

 

dimanche 26 avril 2026

 

Minjung













Ian Manook

Ed Flammarion, 01/04/2026; 471 pages



Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour cette occasion de découvrir de nouveaux écrits de l’un de mes auteurs favoris. Si j’avais beaucoup aimé Yéruldelgger, le nouveau héros, dont j’ai fait connaissance est un personnage délicieux : un « dur à cuire » certes, ancien mafieux, (enfin infiltré parmi les réseaux) ancien flic, le personnage qui en a vu de toutes les couleurs et qui ne craint plus rien, cela donne des dialogues qui se boivent comme du petit lait et qui ne sont pas sans rappeler les dialogues d’Audiard. On est bien surpris de constater comment notre héros se sort de situations plus que dangereuses pour lui, les mafieux ayant la gâchette facile. Et s’il montre les facettes d’un homme blessé au passé douloureux, aux épreuves qui lui laissent un souvenir amer, on découvre aussi un individu sentimental, compréhensif quand il le faut et impitoyable quand il s’agit de s’insurger face aux injustices de ce monde.  Je n’ai pas lu Gangnam, le premier tome, mais je me jetterai dessus à la première occasion histoire de faire connaissance avec ce héros.

Question personnage, le roman en abrite un certain nombre, des gens enfoncés dans les magouilles jusqu ‘au coup, et pour qui la loi, c’est la vengeance et les règlements de comptes .Mais n’allez pas aborder ce récit comme un roman noir de chez noir, oui, il y a des situations difficiles, des traitements d’humains à vomir, faits réels décrits par l’auteur extrêmement bien documenté, c’est vrai qu’à Séoul, on ne s’est pas contenté d’éjecter les SDF avant les jeux olympiques ce qui paraît déjà outrageant pour ces hommes et ces femmes, on les a aussi parqués, déportés, torturés, cet aspect, vous le découvrirez.  Oui donc certaines situations sont insupportables, mais question action, le récit donne une impression de « plus l’humour est noir, plus c’est drôle » : hilarante, la femme du colonel, véritable nymphomane qui connaît par cœur les habitudes de son mari, qui se sauve en déjouant les pièges, en s’arrangeant pour qu’il deviennent le coupable idéal, et qui a juré de se venger de ce conjoint désormais embarrassant, divertissant la façon que chacun a de goûter à la bonne cuisine, de montrer son sens de la fête, de citer des anecdotes comiques. Cet aspect du roman ajoute bien une note colorée au côté obscur de l'histoire de Corée.

Parmi les policiers, on a une inspectrice très divertissante : Chin-Sun à la tenue assez extravagante pour une policière, et qui entretient avec Gangnam, une relation tantôt amicale, parfois amoureuse, tantôt houleuse.

Et puis la Corée du Sud et ses recettes culinaires à n’en plus finir, et ses restaus qui pour nous Européens feraient figure de gargote, mais où il semble si bon de se rassembler pour goûter les merveilles de la cuisine Coréenne. Si Ian Manook parle peu de l’étiquette et de la façon de se comporter à table, il y fait tout de même allusion, et je peux affirmer, l’un de mes meilleurs amis étant Coréen et vivant à Séoul, que c’est véridique, particulièrement le respect dû aux plus âgés.

On prend donc connaissance du scandale des Minjungs, mais également de celui du trafic des adoptions dans les années 80.

La fin du roman laisse supposer qu’une suite est prévue, pour notre plus grand bonheur. N’hésitez pas à vous plonger dans cette aventure, si vous peinez au départ, pas d’inquiétude, c’est parce que dans les premiers chapitres, on présente souvent de nouveaux personnages et que l’on peut avoir des difficultés à accrocher les wagons, mais le confort de lecture arrive sans tarder.

 

 

mercredi 22 avril 2026

 La colère d'Izanagi


 















Cyril Carrère

Ed Folio, 20/02/2025, 336 pages



Ce thriller nous happe rapidement suite à un événement marquant : l’incendie d’un building à Tokyo, dans le quartier de Shinjuku. Incendie qui personnellement m’a fait revivre le 11 septembre, scène d’une certaine ampleur qui marque en raison des horreurs subies par les personnes présentes dans l’immeuble et les observations faites par nos enquêteurs qui relèvent du mystère mystère. Par la suite, on fera connaissance des protagonistes : Hayato Ishida, capitaine de la DPMT, police de Tokyo secondé par Noémie, issue du mariage d’une japonaise et d’un français Il faut s’y attendre, le couple est très mal assorti et quelques frictions de départs sont prévisibles. Hayato possède quelques qualités qui font partie des ingrédients d’un bon roman : il est HPI et est atteint d’une hyperosmie qui lui permet de se servir de son odorat lors de ses recherches.

On fait par ailleurs connaissance de deux étudiants que la destruction de l’immeuble empêche de conserver le job qui leur permettait de poursuivre leurs études.

Un roman des plus riches entre deux détectives apparemment incompatible, Hayato n’est pas très sociable, Noémie a des impératifs, l’empathie pour laquelle on la connaît a des limites, et sa franchise peut contrarier notre jeune capitaine.

Dans ce roman : du mystère, des énigmes, de type codage, des victimes collatérales, des prises d’otage, d’énigmatiques et intelligents personnages qui mènent la danse via le darknet. Un roman qui réserve bien des surprises.

Et le Japon, particulièrement Tokyo et quelque escapade dans la campagne, mais également le japon au jour le jour, qui s’entremêle avec un certain japon des traditions auxquelles l’auteur fait allusion, un roman riche en événements et en action dans lequel on ne peut s’ennuyer.

 

Décrochage

 











Julien Fyot

Ed Viviane Hamy, 20/08/2025, 392 pages



Ce roman m’a paru très original par son contenu : un roman que l’on peut qualifier de policier puisque meurtre il y a, suivi d’une enquête. Mais un policier dans le milieu scolaire, ce n’est pas extrêmement banal, surtout quand la victime est un enfant. Mais considérons plutôt le récit comme une sorte de tremplin qui nous amène dans le milieu scolaire, milieu souvent dénigré quoiqu’inconnu pour qui ne le fréquente pas assidûment : parents et intervenants divers.

J’ai commencé par essayer de comprendre le « pourquoi » de l’étalage de la vie de J, notre professeur des écoles, mon explication sera la suivante : Enseigner est stressant d’avance, même quand tout se passe à merveille, on se retrouve quand même avec vingt-cinq à trente enfants dans une classe, on y vit un peu les uns sur les autres, il faut gérer l’ensemble, il faut gérer chacun, il faut se multiplier, l’auteur l’explique très bien dans un passage où il fait allusion à des animaux variés dont il faut respecter les différences. On travaille dans le bruit, on subit diverses contrariétés, bref, pas un métier facile. Dans le présent roman, le meurtre survient suite à une lutte dans la classe de J. Il se sent donc directement concerné. Ce qui peut parfaitement avoir des effets sur son comportement.

On assistera donc au parcours de ce J , enseignant qui se veut cool, compréhensif, psychologue. Oui mais, il accueille dans sa classe un nouveau, éjecté d’une ou plusieurs écoles, je ne sais plus. Un enfant qui paraît dès le début isolé par rapport à ses camarades et qui montre des réactions préoccupantes au début et hors norme par la suite. (J’ouvrirais une parenthèse à ce sujet, car, travaillant en ZEP, j’ai eu affaire à des enfants en grande difficulté de comportement que je ne suis pas près d’oublier, donc si dans ce roman, Brayan semble ne jamais laisser de répit aux adultes, dites vous que dans la réalité de tels cas sont rares, qu’il y a des moments avec répit et des moments sans. C’est vrai que le spécimen en fait baver aux éducateurs.

L’enseignant, lui, me paraît fade, est-ce pour cela que l’auteur l’appelle « J », pour insister sur son manque de personnalité ? En effet, J laisse tout couler : son ménage part à vau l’eau, qu’à cela ne tienne, l’inspectrice lui reproche d’isoler l’enfant ? Il réagit très intérieurement sans argumenter, plus loin, on s’apercevra qu’il s’incline face au démon qui terrorise les autres. Vraisemblablement, il est victime d’un « décrochage »

Faut-il voir dans ce roman, un appel au secours des enseignants qui n’ont aucun moyen d’agir face à certains cas d’enfants ? Je le crois, certains enfants s’ils ont besoin, comme les autres, de fréquenter l’école, relèvent plutôt d’un éducateur que d’un professeur. Faut-il sacrifier une classe et la priver des apprentissages indispensables pour accueillir des enfants en grande difficulté ? Eternel débat, en attendant, dans certains secteurs de plus en plus nombreux, ce n’est pas un perturbateur qui sévit, mais une proportion trop importante pour être gérées par une seule personne.

Je remercie Julien Fyot de montrer ce que peut être le milieu scolaire, afin que les « extérieurs » réalisent et comprennent le pourquoi de ces « décrochages » d’enseignants comme d’enfants et pourquoi notre système scolaire devrait être repensé.

 

Maman dort



Michel Le Bourhis

Ed JC Lattès, 8/01/2025, 186 pages


J’ai beaucoup apprécié le début de ce court roman : l’auteur cite un fait divers comme il doit malheureusement en survenir un certain nombre dans une année, un fait divers qui indique la profonde solitude de certaines personnes. Être seul, c’est vivre seul au milieu de la foule, dira Leni Escudero. Et c’est vrai. Cette femme sans histoire cependant sera découverte sans vie grâce au préposé de la poste qui transmettra son inquiétude, et c’est ainsi que la mairie de la petite ville découvrira l’inacceptable : deux petites filles qui affirment que « Maman dort », deux petites filles qui pendant une dizaine de jours, se sont nourries comme elles ont pu… Témoignage autour d’une situation sordide, chapeau bas aux personnes suffisamment dévouées pour intervenir, pour soigner la relation avec les fillettes.

Ce roman, je m’y suis introduite en témoin, avec grande facilité : le style me plaisait : roman choral dans lequel chacun apporte sa vision des faits.

La seconde partie m’a déçue : on oublie le roman choral, les filles ont grandi, l’ainée, Angélique, est devenue une adolescente, avec des questions d’adolescente, sans plus. Les filles ont été placées dans une famille d’accueil aimante et compréhensive. Angélique découvre la vie, protège sa petite sœur, tombe amoureuse… j’ai ressenti un manque de relief de cette deuxième partie ce qui m’a un peu ennuyée durant la lecture. J’en suis arrivée à me demander ce qui pouvais différencier Angélique d’une autre adolescente. La fin permettra toutefois de comprendre qu’elle reste en recherche de ses racines, de son identité bien qu’elle reste très secrète vis-à-vis de ses parents adoptifs, de ses lecteurs, de son entourage. Je pense que j’aurais peut-être dû analyser plus finement ses actes et ses réactions pour comprendre son vécu, toutefois le récit me semble une peu rapide et ne permet pas de se faire une idée de la psychologie de ces deux sœurs.

Ce récit reste toutefois un bel exemple de résilience.

 

 

dimanche 5 avril 2026

Il pleut sur la parade












Lucie-Anne Belgy

Ed Gallimard, 14/08/2025, 256 pages

Une histoire assez complexe que l’histoire de Lucie : Lucie qui ne réagit pas quand sa mère décide qu’elle ne ferait pas de communion, Lucie qui pas amour, sacrifie ses valeurs pour se consacrer à un homme de religion juive, non pratiquant, enfin presque non pratiquant, Lucie qui devra affronter un beau père qui ne discute pas avec les obligations liées à sa pratique religieuse et qui s’entend qualifier de shikse, une souillure, parce qu’elle ne pourra pas transmettre la judéité  à son fils, Lucie qui devra renoncer à sa religion pour accepter de voir son Mari initier son fils à quelques pratiques. Cette situation constitue le premier grand thème abordé dans ce premier roman.

Le récit offre une deuxième problématique plus ou moins liées sans doute à la première, quoique…

Ariel, le petit garçon de Lucie et Jonas, fréquente alors l’école maternelle. Cet enfant fait preuve de violence à l’égard de ses pairs, au point de compromettre un week-end au cours duquel Lucie doit retrouver son amie d’enfance, au point de blesser. On laisse là l’aspect religieux pour aborder des questions plutôt éducatives.

La difficulté de ce sujet éducatif comme religieux, c’est que l’on aborde ces sujets avec son vécu, c’est pourquoi j’ai pu me sentir agacée par moment par le manque de réaction de Lucie lorsqu’on lui expose les faits de violence reprochés à Ariel, et par son incapacité à délivrer des messages clairs : elle se confie au lecteur dans une très belle et intéressante déclaration de son ressenti alors qu’elle doit accepter toutes les pratiques religieuses imposées à son fils, mais face à sa famille, elle n’émet pas son avis de façon très dynamique, on va dire qu’elle est dans le carcan d’une communauté plus puissante qu’elle.

Le petit Ariel apparaît comme un enfant particulièrement intelligent, capable de comprendre les choses, et qui ne demande qu’à apprendre, alors que se passe-t-il ? On le découvre peu à peu pour arriver à une fin plutôt décevante, façon conte de fée ou issue miraculeuse, chacun choisira.

Cela n’empêche pas de s’attacher au vécu de cette famille mixte et de compatir, se désoler où partager les bons moments.

Si certains passages m’on fait réagir, j’ai tout de même passé un excellent moment de lecture et j’ai beaucoup appris sur la pratique des juifs ashkénazes, ce livre se boit comme du petit lait.

 

 

 

mardi 24 mars 2026

 

Feuilles













Michael Fenris

Ed Prisma, 19/11/2015, 406 pages



Nous sommes dans une contrée d’Amérique, toute proche de la frontière canadienne. Hope Falls est une petite ville en milieu forestier, dédiée à la découpe du bois. Vernon Krueger, maire de la ville est propriétaire de la scierie et emploie des bûcherons. Les faits sont narrés par Jed, son bras droit. Jed commence son récit en précisant qu’il déteste l’automne. Il le détestera plus encore après le phénomène qu’il décrit : les feuilles cette année-là, ne se contentent pas de joncher le sol, elles semblent envahir toute la ville. C’est alors que survient l’agence de la protection de l’Environnement qui envoie des représentants pour enquêter en raison de coupes illégales et abusives qui menacent le bien-être de la ville, et les habitants de la forêt, un groupe d’indiens algonquins.

C’est alors que surviennent des événements que l’on peut aisément qualifier de « paranormaux », des accidents suspects, et des témoignages qui révèleront un grand malaise dans un milieu qui jusqu’alors, semblait paisible.

On peut avoir des difficultés à imaginer cet envahissement par les feuilles, et le phénomène qui s’amplifie et se combine avec le crime, la corruption, la sagesse d’un vieil indien ferait un superbe scénario avec des bons et des méchants, des événements tous plus surprenants les uns que les autres. Le côté fantastique serait alors magnifique et captivant.

Pas le temps de s’ennuyer, les événements s’enchaînent, on part d’un doute sur des coupes abusives, on arrive à un bouquet final parfois extravagant, les feuilles douées de raison n’en finissent pas de surprendre.

Concernant les personnages, ils sont bons ou mauvais, à chacun de choisir son camp, mais ce n’est pas aussi simple :  les bons ne sont peut-être pas ceux que l’on croit au-dessus de tout soupçon.

 J’ai apprécié ce roman en y mettant un bémol : on a beau être dans le fantastique, la nature me semble trop personnifiée au point de reconnaître ses alliés.

Jed adore, semble-t-il la musique et case régulièrement dans son récit un titre qu’il apprécie et qui a, certes, un rapport avec ses propos mais qui semble mal placé dans la narration, cela m’a un peu agacée et la fin m’a quelques peu déçue en ce qui concerne certains personnages qui auraient mérité d’être mis en évidence de façon plus active.

J’ai tout de même passé un bon moment de lecture.

vendredi 6 mars 2026

Les belles promesses




 








Pierre Lemaître

Ed Calmann Levy, 6/01/2026, 512 pages


C’est avec un peu de vague à l’âme que je laisse là, la famille pelletier après avoir refermé ce dernier tome que j’ai autant aimé que les autres. Encore une fois, j’ai dû me raisonner pour ne pas expédier ce pavé et pour le faire durer plus longtemps, mais que voulez-vous, quand ils plaisent, les livres deviennent de véritables refuges.

J’y ai retrouvé Jean, dit Bouboule, en espérant que son histoire aboutisse à quelque chose de concret et constater les conséquences de son comportement. J’y ai retrouvé Geneviève, en espérant que quelqu’un lui clouerait le bec, une Geneviève plus opportuniste plus menteuse et intrigante que jamais, plus inhumaine et intolérante. J’ai suivi François, comprenant ses doutes, espérant qu’il persévère dans ses recherches, j’ai observé Colette et Philippe, qui à eux deux pourraient faire l’objet d’un cinquième tome, ce serait intéressant.

J’ai encore une fois beaucoup appris sur ces années de prospérité qui conduisirent à de grands travaux à Paris, à un impitoyable remembrement et au début des groupement d’agriculteurs qui les amenèrent à affluer sur la ville faute de réussir dans leurs exploitations.

Cette saga est bien captivante, cependant ce dernier tome m’a semblé un peu rapide : peut-être aurait-il été intéressant d’en faire deux volumes, car si dans les précédents volets, Pierre Lemaître fournit des détails sur ce barrage qui a pour effet de faire évacuer toute une population, si la guerre froide et ses effets se font sentir, les problèmes du remembrement auraient pu être exposés avec plus de profondeur. Mais là n’était sans doute pas l’intention de l’auteur et cela n’aurait peut-être moins intéressés les lecteurs, plus soucieux de l’avenir de Jean. L’idée de faire passer ce dernier pour un héros me paraît à la fois intéressante car elle montre l’ambiguïté qui peut caractériser un individu, et révoltante pour le lecteur qui connaît son passé. C’est sans doute ce qui m’a donné envie de terminer ce livre : doit-on aduler Bouboule ou le faire descendre de ce piédestal que l’on est en droit de considérer comme non mérité ?

Pour ce qui est du Jeune Michel, Bébé sauvé par Jean, il n’y a que Geneviève pour exploiter la situation et mettre en avant la famille pelletier, sans quoi les événements qui suivent son accueil à l’assistance publique sont sans intérêt, c’est là mon point de vue.

Par ailleurs, l’alternance de chapitres courts et leur réparation dans le roman lui confèrent un suspense qui pousse à lire encore et encore.

Série à ne pas manquer pour tout amateur de saga.