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mercredi 19 août 2026

 En attendant Marky Moon










Natalie Adler

Ed Phébus, 27/08/2026, 326 pages.


Je n’aurais probablement pas placé ce roman dans ma bibliothèque sans un coup de pouce de Babelio qui me l’a proposé au cours d’une masse critique exceptionnelle, et cela aurait été regrettable, car ce livre renferme des richesses insoupçonnées. Si j’ai éprouvé quelques difficultés à entrer dans l’histoire, c’est sans doute parce que je ne me posais aucune question concernant la communauté LGBTQIA que je ne connais pas. Mais nous sommes en 1984, on commence à parler sérieusement du SIDA, et ce sujet m’interpelle, car cette année-là, j’étais concernée comme tous les jeunes de mon âge, et de surcroit, je travaillais au centre de transfusion et   j’eus l’occasion de recevoir des personnes paniquées parce que convoquées.              Il fallut attendre 1986 pour être convié à des réunions d’information dont le but était d’exposer la vérité lever les doutes et faire taire les bruits et idées fausses. Et c’est vraiment ce que l’on ressent à la lecture de ce livre. Information, vécu des jeunes et ressenti nous sont livrés par Renata, une jeune femme qui se servira d’un don qu’elle possède : la faculté de voir les morts sur laquelle elle s’appuie pour expliquer les ravages du SIDA chez les toxicomanes et les homosexuels (on verra que les hétérosexuels ne seront pas épargnés non plus). C’est ainsi que Renata perdra nombre d’amis ainsi que sa mère.

Renata apparaît comme une personne équilibrée qui se montre capable d’analyser les situations, c’est là l’intérêt de sa narration. Elle évolue dans un milieu particulier, un milieu composé d’artistes, de gens cultivés, de paumés parfois aussi, de gens qui cherchent un bonheur artificiel par le biais de la drogue et de l’alcool, un milieu d’êtres humains dont on ne veut pas dans la société new yorkaise, et l’auteur imagine un subterfuge pour montrer comment on s’y prend pour faire évacuer les appartements.

Le côté fantastique aurait peut-être pu être plus approfondi, si son don sert à dénoncer la discrimination et à faire valoir les droits de tout individu, on s’attend à percevoir la détresse des morts qui ont dû faire face à la déchéance, à la destruction de leur corps par une maladie cruelle pour laquelle on n’avait aucun remède, mais il n’en est rien, c’est au lecteur d’imaginer le ressenti des protagonistes omniprésents quoique morts.

Si la découverte du roman et ses premiers chapitres m’ont paru long, j’ai ensuite jugé ce roman digne d’intérêt, chaque personnage évoluant en portant son passé, son histoire, ses choix.

Un roman très intéressant qui vous invite dans le New York des années 80, riche en culture littéraire comme musicale.


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