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lundi 28 février 2022

 Le sang des bêtes











Thomas Gunzig

Ed Diable VAuvert, 6/01/2022, 234 pages.


Ce roman, j’ai bien envie de la qualifier de fantaisiste, toutefois je ne pourrais me permettre de le maintenir dans cette catégorie car il renferme plus que  la fantaisie qui est  présente au service de vérités que l’auteur avait envie d’exposer.

Tom, le personnage principal y fait figure d’individu déprimé. Il se demande de quoi est faite sa vie, sa vie de bodybuilder dominé par l’apparence des individus, qui côtoie sa femme par habitude, qui passe du temps à se poser des questions auxquelles il ne peut répondre. 

Puis il rencontre N7A, jeune femme sans identité, qu’il invite à s’installer chez lui, entre sa femme qui accepte bien difficilement cette présence, son fils qui se sépare de son épouse et son père qui s’installe là afin de n’être pas seul pour recevoir la chimiothérapie qui le guérira de son cancer.

On constatera que ce lieu de vie commun n’est autre qu’une poudrière dans laquelle N7A constituera l’étincelle…

Mais N7A est bien plus, elle est celle qui fera réfléchir, se poser quelque temps pour observer sa vie, peut-être même pour changer…

On observera des habitudes et des comportements par lesquels la micro-société que compose cette famille pourrait s'enrichir comme notre société actuelle si riche de ses différences. 

On notera également l'importance de posséder une identité pour un individu, avec une pensée pour les personnes qui, dans nos populations, ne peuvent se faire une place, parce qu'elle ne peuvent se définir elle-même.


Bravo à l’auteur qui offre au lecteur un roman capable de faire réfléchir et sourire en même temps.

mardi 22 février 2022

 Calamity Jane




Goscinny et Morris
Ed Dupuis, 13/06/86, 48 pages


Je vous présente une « légende de l’ouest », un femme (ou presque) dont le destin, on n’en doute pas, était de faire partie de la collection des albums de notre célèbre Lucky Luke, le personnage réel, en tout cas semblait taillé pour cela.

La sympathique lady, chevauchant en chiquant et à la gâchette facile, rencontre le cowboy solitaire au bord de l’eau, que c’est romantique ! Mais romantisme ne fait pas partie de son vocabulaire, car on fait sortir les âmes sensibles dès qu’elle approche !

Et elle se pose, dans cette paisible petite ville de "El Plomo", afin d’y couler des jours heureux dans le saloon qu’elle a payé d’un bras de fer gagnant contre baby Sam, l’armoire normande au service de Gus Oyster, individu pas très clair dont Lucky Luke a flairé le trafic ! 

Oui mais voilà, il a besoin de poursuivre ses investigations dans le saloon, alors que la société des dames Del Plomo veut détruire ce lieu de perdition et chasser Calamity, qui devra donc passer l’examen d’entrée dans cette bonne société.

Le comique est bien au rendez-vous, Calamity se met à la cuisine, quitte sa tenue de cowboy, et accepte même une formation aux bonnes manières prodiguée par Robert Gainsborough, détaché pour l’occasion, de l’école de maintien et de bonnes manières de Houston... qui hésitera entre le suicide et l’alcoolisme face à cette élève hors norme.

Lucky Luke assumera son rôle de justicier, mais l’affaire poursuivie ne servira que de décor et renforcera la caricature de notre célèbre Calamity.

Un des meilleurs Goscinny-Morris à mon sens, je l’avais lu quand j’étais enfant,  et j’ai eu le plaisir de voir qu’il était toujours édité, la relecture quelques dizaines d’années après, ne m’a pas déçue.


lundi 21 février 2022

Le grand monde












Pierre Lemaitre

Ed Calmann-Lévy, 25/01/2022, 592 pages


Aujourd’hui, je ressentirais un certain « vague à l’âme si je n’avais pas espoir de pouvoir lire une suite de cette merveilleuse saga naissante. Ce roman m’a passionnée pour maintes raisons :

D’abord ces personnages qui quittent le nid familial pour aller occuper « le grand monde », personnage que j’ai eu tendance à suivre comme s’ils étaient de ma famille, Jean, dit Bouboule,  à qui j’ai parfois eu envie de botter le postérieur, Geneviève sa femme, la teigne qui sait ce qu’elle veut, capable de faire de grandes choses, François, l’entêté, ce qui lui permettra sans aucun doute,  de parvenir à ses fins, Etienne, le doux, le sentimental, et Hélène, qui se cherche, tout ce petit monde qui quitte le foyer et devra poser sans aide, les jalons de sa vie.

Les personnages secondaires sont également dignes d’intérêt, on se doute que quelques traitres se cachent parmi eux, mais qui ?

Ensuite les événements, l’Indochine, guerre méconnue, exportée dans des contrées trop lointaines pour susciter l’intérêt de l’opinion publique, ce qui m’a donné envie de me documenter plus encore. Et ce qui constituera une sorte de fil conducteur du récit : le scandale des piastres, passionnant exposé de Pierre Lemaître.

Enfin, les rebondissements et le suspens qui en font un roman d’une richesse inouïe à la fois documentaire, saga, policier, thriller.

Pas une minute d’ennui, j’ai dégusté ce pavé avec bonheur.

J’ai hâte de lire la suite !

samedi 19 février 2022

 

Loup gris se déguise












Gilles Bizouerne, Ronan Badel

Ed Didier Jeunesse, 16/10/2019, 36 pages


Encore un grand méchant loup, cette fois-ci,  Façon Gilles Bizouerne qui semble avoir de bonnes idées puisqu’à ce jour, il doit exister quatre livres qui nous racontent les aventures de ce loup malchanceux.

Notre loup gris a faim, et il trouve une idée de génie pour attraper des oiseau : il se déguise en arbre, il s’enduit de résine et se roule dans les feuilles, puis adopte une posture d’arbre en se balançant au gré du vent, Ronan Badel, notre illustrateur, nous offre alors quelques images hilarantes de cet « arbre-loup »

Mais Demoiselle toute belle, l’hirondelle, après quelques doutes, ne se laisse pas berner par ce simili chêne qui l’invite à se reposer dans son feuillage, elle le gratifie d’une belle fiente propre (façon de parler) à le dissuader de continuer sa vie d’arbre.

Puis notre carnivore notoire tente d’appâter des moutons, des lapins, et, tel est pris qui croyait prendre, un chasseur... Mais il y croit toujours, et se remet en recherche, en se disant qu’il suffit d’utiliser son flair... Chemin faisant, il passe devant un épouvantail... bizarre cet épouvantail... !

Des histoire comme je les aime parce que je sais qu’elles feront rire l’auditoire, des illustrations comiques à souhait, un loup suffisamment idiot pour amuser petits et grands, on en redemande !

jeudi 17 février 2022

Notre mère la guerre

Deuxième complainte












Maël et Kris

Ed Futuropolis, 16/10/2010, 64 pages


Dans ce deuxième volet, on dira que l’enquête patauge, comme pataugent nos jeunes combattants dans ce bourbier immonde qu’est le front. Mais l’enquête est bien secondaire car ce tome semble plus destiné à souligner l’horreur et la noirceur de cette sale guerre durant laquelle on sacrifia des jeunes enrôlés comme chair à canon. Par deux fois on assistera à un macabre appel où les morts ne peuvent se signaler présents et les vivants commencent à se faire rare dans les rangs du caporal Peyrac.

On assistera tristement aux tentatives des soldats pour sauver Jolicoeur, en otage dans les lignes ennemies et qu’il sera difficile de sauver sans subir à son tour les tir de l’ennemi.

Le côté absurde de la guerre sera souligné par un échange entre Allemands et Français alors qu’ils sont en route pour les tranchées.

L’enquête semble se poursuivre plus assidûment par la suite, alors qu’un nouveau meurtre est commis, et que le lieutenant Vialatte découvre quelques maigres indices qui le mèneront peut-être vers le ou les coupables.

Le dessinateur, fidèle à lui-même nous offre des planches lugubres certes, par leur couleur, qui donnent cette impression de nuit perpétuelle, de crasse, de tristesse et d’effroi, mais elles traduisent si bien la situation de ces hommes qui vivent la faim, le froid, l’inconfort extrême au quotidien. De ces hommes parfois morts et restés dans l’oubli et n’ayant même pas pour dernier refuge, le moindre monument aux morts.

 

mercredi 16 février 2022

 

La chasse à l'ours













Michael Rosen, Helen Oxenbury

Ed école des loisirs, 4/11/98, 34 pages


Un de mes albums préférés qui permet de s’amuser avec l’intonation et les onomatopées, et que les enfants aiment beaucoup. Il répètent d’ailleurs immanquablement le texte en leitmotiv :

Nous allons à la chasse à l’ours,

Nous allons en prendre un très gros,

La vie est belle, nous n’avons peur de rien !


Et notre petite famille, composée des parents et de trois enfants, traversent des terrains variés : la prairie : flou flou flou..., une rivière : splich, splach..., de la boue : plaf, plouf... de la neige., criss, criss...

Je ne raconte pas la fin si ce n’est qu’ils trouvent un gros ours... une fin qui laisse les enfants bouche bée.

Comique de répétition, travail du vocabulaire en nuance, cet ouvrage comique fait partie des classiques à posséder dans sa collection de livres jeunesse !

 

Mtoto













Anne Wilsdorf

Ecole des loisirs, 5/01/1996,  27 pages



En piochant au hasard dans ma bibliothèque de classe, je suis tombée sur ce bel album aux grandes pages colorées, verdoyantes, c’est le décor luxuriant ou évolue M’toto, notre héroïne. Un livre très agréable à feuilleter.

Nous sommes en Afrique, M’toto veut faire comme sa maman : aller à la rivière pour laver le linge. Mais la rivière est dangereuse ! et sa maman attendra qu’elle ait grandi pour la laisser aller faire la lessive. Et ce jour arrive. M’toto se retrouve au bord de la rivière, mais elle laisse échapper un morceau d’étoffe et se retrouve au fond de l’eau. Arrive un énorme crocodile... qui la prend délicatement dans sa gueule... et la ramène gentiment sur la rive. Il faut dire que ce crocodile n’est pas comme les autres : il est herbivore et ne mange pas les gens. Mais les gens ne le voient pas de cette façon, ils essaient de l’abattre avec leurs flèche...

Une belle histoire qui expose les dangers de la généralisation et des préjugés et montre l’innocence des enfants prêts à accueillir l’autre. Une belle histoire d’amitié. Cette histoire captivante pour  mes enfants de 7 ans qui la redemandent sans cesse.

Une belle leçon de tolérance !