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vendredi 2 août 2013

Alex


Pierre Lemaître


Voici un thriller du genre de ceux que l’on n’oublie pas et pour cause, l’action démarre de suite et vous fait passer par tous les états :
Ressenti de ptitgateau : « Quelle horreur !!!! ben oui mais c’est bien !!!! OH ! Ptitgateau !!!! tu fais ta voyeuse morbide ! Ben oui mais pour plaider  ma cause, je dirais que je viens de commencer la lecture de ce roman, que ce n’est pas ma faute si la tite fille subit une torture de type moyenâgeux, et pis mince ! j’ai envie de savoir comment elle va s’en tirer.  Et puis il y a là une équipe de flics bien sympathiques  : le héros est un pote avec son mètre quarante- cinq,  ses réparties,  ses doutes,  son côté teigneux qui autorise le lecteur  à se douter  qu’il va se passer des choses lorsqu’il rencontre le juge (ces deux-là se supportent difficilement) ,  ses coéquipiers ne sont pas dépourvus d’une certaine originalité : un radin qui passe son temps à taper des clopes, des stylos et tout ce qui peut  l’intéresser, un érudit bien utile dans l’histoire, tous ces personnages génèrent une ambiance pas désagréable, heureusement !  la même histoire prise en charge par un héros trop sûr de lui, et qui ne n’aurait pas cet humour noir face à un criminel n’aurait pas vraiment d’intérêt.
Le style d’écriture est particulier : des phrases courtes,  écrites au présent, ce qui donne un impression de rapidité dans l’action (alors que l’enquête s’embourbe)  et finalement rend la lecture fluide.

Je ne manquerai pas de lire d’autres titres du même auteur ! 

mercredi 24 juillet 2013

Les enfants de l'école du diable


Sylvette Desmeuzes Balland



Titre évocateur des  tensions qui existaient dans les années 50 en Bretagne, terre de catholicisme exarcerbé.
L’histoire : sans doute classique à cette époque : années cinquante :  un couple d’enseignants, Simon et Julia Mondrieux,  arrive de la région parisienne car l’école dans laquelle ils œuvrent pour les enfants en difficultés est fermée.  Simon est nommé à Rennes et Julia à Brennac, commune des côtes du nord (aujourd’hui côte d’Armor).  Ils arrivent à Brennac en milieu fort hostile : l’école n’est ni habitable pour le couple et leurs cinq enfants, ni fonctionnelle, ils n’ont aucun mobilier, aucun matériel et doivent commencer par défricher le terrain, ne recevant que très peu d’aide de la population locale sous le joug   des religieuses,  du maire, un noble opposé à l’ouverture de cette « école du diable », mal accueillis, prévenu par des collègues de Lamballe que les enfants de l’école des sœurs « caillassent » ceux de l’école laïque.  Julia qui devra assurer l’éducation des enfants inscrits n’est pas au bout de ses peines : elle reçoit des enfants que l’on qualifierait aujourd’hui d’enfants  en grande difficulté (voir citation), de petits « sauvageons » qui n’ont pas pu recevoir une éducation parce qu’ils sont orphelins pour la plupart, et dont les sœurs ne souhaitent pas assurer l’éducation. elle fera pourtant  de son métier, un sacerdoce, risquant d’y laisser sa santé, son moral, sa vie de couple.
 Ce livre expose la façon dont on a pu instrumentaliser la  religion catholique, alors encore  largement pratiquée en Bretagne dans ces années.  Je savais qu’il y avait eu des  oppositions très fortes  entre les laïques et les cléricaux, particulièrement dans les années qui suivirent la séparation de l’église et de l’état au début du siècle, et que cette situation avait perduré,  et que dans les années cinquante, les  on faisait encore la différence entre ceux qui allait dans le public et ceux du privé pour en avoir entendu parler par mes aînés, alors que je vivais moi-même en Bretagne, mais je n’imaginais pas qu’un maire puisse refuser toute aide à une école, jusqu’au chauffage pour des enfants, accordant une aide financière uniquement  à ceux qui s’inscrivent chez les sœurs qui, dans la logique, ouvertes à tous, refusaient les enfants perturbés, handicapés, de parents dits communistes sous prétexte qu’il ont des relations avec quiconque sympathise avec le diable.
Au début le style m’a paru lourd à force de phrases alambiquées et kilométriques pleines d’appositions  et de propositions relatives  pour  expliquer qu’un train arrive en gare ou présenter des personnages.  Puis on s’installe confortablement dans ce roman que je qualifierais de documentaire fortement romancé tant la documentation de l’auteure est sérieuse et approfondie.
Ce qu’il faut retenir de ce livre, c’est que, bien que nous ne soyons plus dans les années cinquante et que les mentalité aient évolué,  dans toutes les religions, il y a les intolérants,  les personnes qui se permettent de juger comme si elles étaient Dieu en personne,  sans pour autant agir, et puis d’autres qui vivent leur foi en s’ouvrant aux autres , et encore d’autres qui ne pratiquent aucune religion mais vivent  chaque jour de leur vie comme une mission,  aujourd ‘hui plus que jamais, pas  seulement  en Bretagne…


Je remercie Babélio et les éditions  Presse de la Cité pour ce partenariat.

jeudi 18 juillet 2013

La vérité sur l'affaire Harry Quebert


Joël Dicker

Un roman surprenant ! Surprenant par son style, présenté sous la forme d’une mise en abyme, le livre dans le livre, ce qui nous change du policier classique,  une énigme résolue à force de retours en arrière, de témoignages,  de loi du silence dans la petite ville d’Aurora…
Mon avis sur ce roman est neutre, fait à la fois de positif et de négatif : j’ai aimé l’ambiance mystérieuse que chaque personnage, avec son vécu et ses souvenirs, apporte à l’histoire. J’ai apprécié les nombreux rebondissements (parfois sans surprise), j’ai souri à la lecture des passages dans lesquels Marcus Goldman communique avec sa mère (malgré le comportement de cette mère juive qui fait un peu trop cliché).
J’ai admiré la documentation de l’auteur Suisse au sujet des Etats-Unis  car j’ai su, alors que j’étais déjà bien plongée dans l’histoire, que notre écrivain est Suisse.
Je n’ai pas toujours apprécié la façon parfois lourde dont le suspens est amené : « elle ne remarqua pas la silhouette tapie dans les fourrés qui l’observait » phrase écrite au moins trois fois durant le roman.
Je me suis souvent ennuyée : les passages où intervient l’éditeur avide de richesse, pressé de voir sortir un roman qui rapportera même s’il est mauvais, je m’en serais bien passé, pourquoi ces passages ? pour tenir le lecteur en haleine ?  Raté ! Ça m’aurait plutôt donné envie d’interrompre la lecture, que je dois le dire, j’ai fait traîner à ces moments.
Les personnages sont souvent caricaturaux : stupidité  apparente du Mari de Tamara Quinn  qui veut bien faire passer pour un idiot aux yeux de sa femme, réactions démesurée de Cette dernière, sorte de Madame Olson prête à tout pour sa fille, maladresse de Travis Dawn,  transcription de la façon de s’exprimer  de Luther malvenue dans un tel roman.
J'ai vécu la fin comme si j'assistais moi-m^me à un incroyable gâchis, les personnes qui ont lu le livre comprendront pourquoi...
Pour terminer, l’écriture m’a semblé particulièrement banale, sans relief, sans charme.

Je ne sais pas si j’aurai envie de lire un autre livre de cet auteur.

dimanche 9 juin 2013

 Vacances Cauchemars


Anne Marie Desplat-Duc
ed éveil et découverte

J’ai eu la chance de rencontrer Anne Marie Desplat-Duc  qui est venue discuter avec nos élèves, la semaine passée. Parmi les livres qu’elle a écrits, vacances cauchemars est de ces romans, inspiré de la série « chair de poule » dont les enfants de 10 à 12 ans se sont délectés il y a quelques années.
Pour écrire ce roman, l’auteure s’est inspirée de l’histoire de Marie-Louise Tromel, dite  Marion du Faouët,  qui, à la manière de Robin des bois, volaient aux riches pour donner aux pauvres.  Elle était populaire parmi les gens de la région qui la cachaient et la défendaient. Trahie en 1755, elle est morte pendue. La légende raconte qu’elle a juré de revenir se venger. Elle avait pour aide, un dénommé Yann à qui elle aurait dit avant de mourir, où se trouvait le trésor qu’elle avait caché.
Vacances cauchemars raconte l’histoire d’une famille de Parisiens qui arrive en vacances au Faouët  et ont loué le manoir d’un homme qui passe pour sorcier, fou, et chez qui il se passe de drôles de phénomènes. Cet homme n’accepte dans son manoir, que des familles dont un fils s’appelle Yann…
Il précise bien que le manoir est hanté, et qu’il ne serait pas étonné que le fantôme de Marion se manifeste, car nous sommes le 2 août, anniversaire de sa mort. Tous  les éléments d’une histoire à faire peur sont donc bien là : la Bretagne mystérieuse, un manoir, de préférence réputé hanté, une légende, de quoi plaire à nos enfants.

En tant qu’adulte, ça m’a moins accrochée que le premier « chair de poule « que j’ai lu parce que dans ce roman, il y a toujours un adulte pour ramener les enfants à la raison, ce qui crée un équilibre, mais qui peut empêcher de frissonner vraiment. Je ne me suis donc pas véritablement mise dans la peau d’un enfant. C’est la raison pour laquelle je conseillerais ce roman à des enfants légèrement plus jeunes  (8 ans (bons lecteurs) à 10 ans, car à cet âge, ils auront  le niveau de lecture suffisant, et vivront   l’histoire plus intensément que leurs aînés.

jeudi 2 mai 2013


Le tailleur de pierre

Camilla Lackberg

  Ça fait une semaine que j’ai terminé la lecture de ce roman, et j’ai attendu un peu  avant de me décider à écrire mon avis.  D’abord parce qu’il s’agit d’un thriller comme j’en ai beaucoup lu, et que dire de plus ?
 Ce qu’il me reste en mémoire aujourd’hui, c’est une histoire qui se déroule dans une petite ville de Suède ou tout le monde semble se connaître. Une petite ville qui possède une histoire, un passé. C’est ainsi  Camilla Lackberg nous raconte deux histoires, une qui commence vers 1920, l’histoire d’Agnès dont que ne parlerai pas volontairement,  l’autre  qui fait évoluer des personnages  vivant à l’heure actuelle et que nous retrouverons dans d’autres romans.
Ce qui me reste de ce roman, c’est le fait que l’histoire est relativement simple à suivre : un meurtre, des suspects, un policier et son équipe. Le tout sur fond de querelles de voisinage, de tensions, de secrets de famille, de névrose prenant leur source dans le passé.
L’auteur semble parfois nous imposer des longueurs  inutiles,  toutefois, ces longueurs (descriptions de personnages, de situations familiales) sont nécessaires pour comprendre l’ensemble des romans : certaines histoires ont une origine  dans ce premier roman et je me suis dit que la suite devait se trouver dans les romans qui suivent (l’oiseau de mauvais augure, l’enfant allemand…), ce qui engage à lire la suite avec une autre affaire criminelle bien sûr !
J’aurais aimé un peu plus de surprise sur la fin, Camilla Lacksberg  diffusant avec finesse, des indices au long du roman, ce qui amène gentiment le lecteur à trouver lui-même le coupable.
J’ai passé de bons moments à écouter ce livre audio et je le recommande !

lundi 1 avril 2013


Les arcanes du chaos


Maxime Chattam

Un roman abracadabrant et renversant :  voila comment je le qualifierais : abracadabrant parce que l’histoire est originale et permet de sortir des sentiers battus des thrillers classiques  en exposant la situation bien peu enviable de Yael, transformée en pion sur un échiquier mondial, manipulée par les pièces maîtresses, petite chose en ce monde de magouille. Si je devais faire un lien entre ce roman et d’autres écrits,  je penserais immédiatement à la planche d’idées noires de Franquin, dans laquelle les généraux ont transformé le monde en un gigantesque terrain de pétanque dont notre planète est le cochonnet et les boules, des grenades.
Un roman qui fait peur : en ce bas monde, pas de hasard, pas de coïncidences, du Titanic au 11 septembre 2001, tout serait orchestré par une poignée d’individus qui détiennent le pouvoir, ça fait froid dans le dos car on ferme le livre en se demandant quelle est la part de vérité ? On imagine bien qu’au niveau mondial, il existe des « dessous que l’on ignore » ! Je préfère ne pas creuser la question.
Ce roman m’a fait passer d’agréables moments, en dépit des  longueurs qui surgissent de temps à autres, le suspense est entretenu par les intermèdes que constitue le blog de Kamel Nasir, blog qui dénonce la manipulation des peuples, le pouvoir de l’argent, l’appropriation de notre Terre par ceux qui reçoive légitimement le droit d’exercer le pouvoir, et quel pouvoir !
Curieusement, pour une fois, je ne me suis pas sentie attachée au personnage de Yael,  ce n’est sans doute pas un hasard : sa situation est disproportionnée par rapports aux ombres contre lesquelles elle tente de combattre.
Ce n’est peut - être pas le meilleur roman de Maxime Chattam à mon humble avis, toutefois on n’a pas envie d’abandonner, le début fantastique permettant  d’accrocher le lecteur et la suite incitant à poursuivre afin d’arriver au dénouement.

dimanche 17 mars 2013


Le tribunal des âmes


Donato carrisi

En audiolib
Le tribunal de l’âme… je dirais un roman intéressant, mais aussi un roman basé sur l’énigme, c’est cela, un roman énigmatique à en devenir pénible.  Je pense être passée par tous les états de lecteur en écoutant ce thriller ! Un début mystérieux, mais quoi de plus normal, bien des romans commencent ainsi dans le but d’accrocher le lecteur.
Il y a d’abord ce curieux personnage de Marcus, on ne sait d’autant pas qui il est et d’où il vient que lui-même est amnésique, et à part quelques révélations  qui lui ont été faites (que je tairais), il ne sait rien de son passé. Il commence son travail à la recherche de Lara, une jeune femme disparue, fil conducteur de ses enquêtes. Il  est guidé par Clemente, dont on ne connaît rien.  Marcus est sans identité  et doit le rester, personne ne doit avoir vent de son existence. Ses enquêtes se font donc dans la plus grande discrétion et  il n’a aucun lien avec la police qu’il évite.
Puis on découvre le personnage de Sandra, policière de son état, veuve depuis peu, son mari étant décédé dans des circonstances non élucidées. Elle évolue au cours du roman avec le tout aussi énigmatique Chalbert, policier travaillant pour Interpol, personnage inquiétant.
Enfin il y a le « chasseur », qui est-il ? Pourquoi est-il en recherche d’une proie, un individu apparemment louche ???  On retrouve ce chasseur régulièrement au cours du roman et jusqu’à la fin.
Pourquoi ai-je précisé énigmatique à en être pénible ? parce ce que j’ai eu bien des difficultés à percevoir  ce que recherche Marcus exactement, quel est  le but de ses enquêtes, trois affaires sans lien les unes  avec les autres, parce que on oublie certains personnages pour se préoccuper d’autres individus, que surviennent des noms inconnus  qui sortent d’on ne sait où, parce que trop de noms, trop d’affaires. 
Le personnage de Marcus m’a perturbée également parce qu’il déduisait très vite et trouvait des solutions comme tombées du ciel (deviner qu’un personnage s’est suicidé, déduire sans avoir vu le corps, sans le connaître, la façon dont il est passé à l’acte et aller vers un interrupteur parce qu’on a supposé que le système de surveillance est installé à cet endroit, l’est balèze le gars.  Et son parcours est plein de ce genre de déduction sur les auteurs de meurtres,  les cachettes de corps de disparus…
Et comme si ce n’était pas assez compliqué, il y a des chapitres où les personnages  (Sandra et les autres) enquêtent sur l’enquête de Marcus et sur Marcus lui-même. Ce fait est intéressant car il apporte des renseignements au lecteur et entretient le suspens (c’est ce qui m’a empêchée d’abandonner la lecture).
Chaque chapitre commence par une indication de temps (un an avant, il y a deux heures, maintenant, et ça je n’ai pas compris à quoi ça correspondait, peut-être faute d’attention de ma part, merci aux lecteurs qui voudront bien m’éclairer à ce sujet.
Puis vient le temps des révélations, lecteur accroche-toi, elles surprennent et valent le coup d’avoir persévéré dans la lecture.
J’ai donc aimé ce thriller dans sa globalité. Lorsque j’y repense, je découvre que j’y ai appris beaucoup.