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mardi 4 novembre 2025

 

Deux vérités, un mensonge




 










Claire Mc Gowan,

Ed Hauteville, 7 mai 2025, 384 pages


Comment générer de l’angoisse dans la belle petite société qui s’invite sur une île écossaise à l’occasion de l’anniversaire de Vic et de son frère jumeau Jonathan, qui s’apprêtent, dans la bonne humeur, à célébrer leurs quarante ans avec leurs amis de vieille date ? Je ne vois vraiment pas 😊, pensez donc, un lieu magique, au milieu de nulle part, sans wifi, sans âme qui vive, avec juste une petite maison, quelques moutons sauvages, de belles grottes, un groupe électrogène en cas de besoin. Huit adultes et trois enfants s’y retrouvent, on a tout prévu, même les jeux, sauf que … Tout part de l’un de ces jeux :  chacun écrit, le concernant, deux vérités et un mensonge, on comprendra vite que les billets écrits par chacun des convives ne sont pas neutres, mais bon, passons, ça servira pour la suite, et l’un des billet, message surnuméraire, comporte les affirmations précisées en quatrième de couverture.

Il sera intéressant de suivre l’évolution psychologique des personnages après ce message, chacun d’abord dans un déni dont ils vont vite sortir en réaction aux événements qui surviendront, lentement (art suprême de l’auteur de faire mariner le lecteur), événements entrecoupés de vérités qui tombent peu à peu, informations édifiantes sur chacun des personnages. On progressera d’ailleurs dans la connaissance de ces individus grâce aux chapitres dédiés à quelques femmes, comme si l’auteur promenait une loupe géante sur ce groupe et grossissait certains aspects pour nous permettre d’entrer dans le vécu des acteurs.

Il est vrai que ce récit peut rappeler « Ils étaient dix  », ce fut ma première pensée en lisant le résumé. Mais on s’aperçoit très vite que l’autrice, si elle plante un décor d’île écossaise sans moyen de communication et exploite les travers du genre humain un peu comme l’a fait Agatha Christie, transforme vite son récit en un massacre bien orchestré avec des disparitions angoissantes, des retrouvailles, parfois, des personnages qui se retrouvent dans des lieux exposés à tous les dangers, des situations anxiogènes, des tensions extrêmes entre les protagonistes, des affinités qui tournent au vinaigre, des injustices liées à la présence d’enfants, et le summum : y a-t-il une neuvième personne qui rôde sur l’île ? Y a-t-il des criminels parmi les invités, et sur ce billet ? quel est le mensonge et quelles sont les vérités ?

Je dois dire que je me suis délectée ! avoir peur dans les romans, j’adore, me faire le témoin des vices des gens, oui, quand il s’agit de romans, étudier les mécanismes qui mènent à la discorde, certainement, voir se stimuler ma curiosité, celle qui va me mener à la fin qui me délivrera le dénouement, quel bonheur !

 Les larmes du Reich












François Médéline, 

Ed 10x18, 7/04/22, 184 pages.


L’histoire d’un inspecteur de police qui se rend sur le lieu d’un odieux crime : Les époux Delhomme sont assassinés au fusil dans leur ferme. Ils avaient une fillette de 10 ans dont on ne retrouve pas la trace.

A-t-elle été éliminée comme ses parents ? Ce qui expliquerait sa disparition car elle demeure introuvable. L’inspecteur Michel, homme solitaire se déplaçant sur de bien longues distances à vélo, poursuit son enquête tout au long de roman, il cherche l’enfant, il cherche le criminel, il cherche autre-chose, quelques indices feront comprendre dès le début que sa quête n’est pas toujours louable.

L’auteur délivre avec parcimonie les informations qu’il glane, ce qui rend le roman très intéressant, car au fil des pages, se dessine une situation, un peu comme ces dessins mystères au numéro que l’on voit apparaître après avoir disséminé ça et là, des touches de couleur.

Nous sommes après-guerre, en 1951, et la narration, au présent, permet de voir que la France panse encore ses plaies, que tout n’est pas au clair, que de lourds soupçons pèsent encore sur le passé de certains personnages, un passé qui leur colle désormais à la peau.

Certaines relations entre des acteurs de la guerre et leur victime semblent peu crédibles, je n’en dirai pas plus afin d’éviter de spoiler.

J’ai trouvé dans ce roman, quelque chose de dérangeant, la guerre est terminée, mais on ne vient pas à bout de la violence, une ambiance difficile à accepter dans cette histoire : la paix est revenue, la corruption demeure, et la guerre offre son lot de conséquences dramatiques. J’ai trouvé dérangeant également, mais peut-être est-ce parce que j’ai lu cet écrit comme on passe sur une route, sans émotion, sans ressenti par rapport à un sujet plus que préoccupant, sans jugement, sans pensée positive ou négative. Bien curieux ressenti. Cela vient-il de la narration, y a-t-il une volonté de banalisation de la violence d’après-guerre et de passivité de certains personnages ?

Ce court roman me laisse une drôle d’impression. Il est de ceux que l’on pourrait oublier, mais qui marque par son côté court, son temps présent qui force à prendre les événements comme ils viennent sans se soucier de l’après, et les idées qu’il véhicule.


dimanche 2 novembre 2025

 Transylvania












Nicolas Beuglet

Ed Xo, 18/09/2025, 349 pages



Je me faisais une joie de découvrir ce nouveau roman de Nicolas Beuglet, pensez donc ! Transylvania, moi qui venais de relire le roman de Bram Stoker, je comptais assouvir dans ce roman, ma faim de suspens, mon besoin d'effroi, l’auteur m’y avait habituée dans ses précédents opus, mais hélas, le temps de me plonger dans l’intrigue, avec des personnages qui ne semblent pas cacher leur inquiétude face à la jeune femme qui se présente à eux comme inspectrice de police, le temps donc de faire quelques pas dans la neige épaisse et de me retrouver dans le château de Dracula, le décor prometteur avait disparu, je me suis d’ailleurs demandé pourquoi intituler ce roman "Transylvania" alors que cette région mythique n'est que la  très courte étape d’une histoire abracadabrante qui mènera notre héroïne de pays en pays sans plus aucun rapport avec le château de Bran, quelle déception !

La suite n’est pas vraiment l’idée que je me fais du thriller. Bien sûr, l’auteur avait parfaitement le droit d’utiliser les contes comme support à un roman, mais passer des possibles histoires de vampires à Blanche neige, ça m’a contrariée.

Question enquête, je m’attendais à autre chose qu’une espèce de jeu de piste orchestré par un individu pour mener la policière à la solution, le reste n’étant qu’une affaire de course poursuite de pays en pays.

Par ailleurs, le récit se transforme lors de certains passages, en un documentaire maladroit qui expose des statistiques, ou en article qui ferait merveille comme éditorial dans la presse. Ces passages, je les ai trouvés très longs.

L’héroïne, on ne doutera pas de sa valeur, mais elle semble pas moments se transformer en Wonder Woman, ce qui tue le suspens, car on se doute alors que par un coup d’éclat, elle sera tout à fait en mesure de se sortir de situations dangereuse, certains événements semble d’ailleurs surajoutés et artificiels.

Le sujet que Nicolas Beuglet avait choisi d’exploiter est digne d’intérêt, mais il est plaqué et amené sous forme d’exposé d’un fait de société, dont on ne ressent aucunement les effets en qui concerne les individus qui interviennent dans le roman, si ce n’est auprès de quelques individus qui s’entendent pour mener le monde.

Je ressors donc bien mitigée de ce livre, je continuerai à lire des roman de Nicolas Beuglet que d’habitude, j’apprécie, mais je me renseignerai avant de les lire.

jeudi 23 octobre 2025

Astérix en Lusitanie













Fab Caro, Didier Conrad

Ed Hachette Astérix, 23/10/2025, 48 pages.


Notre célèbre petit village d’Armorique est plutôt calme, les dames se pâment parce que le marchand phénicien, Epidemaïs, est de retour avec une belle cargaison, tout est au top, sauf que … 

le commerçant présente Boulquiès, venu de Lusitanie pour demander l’aide des courageux Gaulois et de leur poção magique, car son ami, Mavubès est emprisonné en attendant de servir d’amuse-gueule aux lions de César pour avoir tenté d’empoisonner l’auguste général. 

Une fois de plus, nos deux amis partent en voyage pour notre plus grand plaisir, les Astérix que je préfère étant ceux dont le scénario se déroule hors de Gaule.

En route donc, pour la Lusitanie et le fado fortement ancré dans ce peuple,  qui va et vient et rythme l’histoire pour nous faire sourire. On s’en doute, Obélix fait la tête, la morue, c’est pas son truc, en revanche il en profite pour piquer quelques idées pour sa carrière. 

Ils agiront tout en subtilité pour sortir Mavubès des griffes de César et de quelques individus corrompus qui ne pensent qu’à gravir les échelons du pouvoir.

Toujours des jeux de mots qui font sourire, d’autant plus que l’ami Fab s’adapte à une société en plein progrès et qui ne lésine pas sur les termes à la mode, il n'a pas oublié de mettre au goût du jour, les noms des Gaulois, des romains, des portugais et des autres.

Attenção !  Cet album, il faut le lire lentement en s’arrêtant bien à chaque bulle afin de ne rien louper.

Il m’a peut-être fait moins rire que l’iris blanc, mais j’ai tout de même passé un excellent moment de lecture. Je n’en dis pas trop de peur d’empêcher mes amis lecteurs de découvrir par eux même ce nouvel album.

 


mercredi 22 octobre 2025

Les enfants sont rois












Delphine de Vigan

Ed Folio, 11/08/2022, 368 pages



J’avais déjà bien du mal à comprendre les personnes qui passent leur journée sur les réseaux sociaux, mais bon, on a le droit d’avoir des amis, de les liker, de prendre de leurs nouvelles, de raconter un voyage, de partager des joies après tout. En revanche, tout ce qui touche aux reality shows m’a toujours dérangée, pour cette raison, je ne m’intéresse absolument pas à ces émissions, et le seul réseau social qui m’intéresse est littéraire si vous voyez ce que je veux dire…

C’est un peu pour cela que j’ai jugé passionnant le roman de Delphine de Vigan, les enfants sont rois. J’ai quand même l’impression d’avoir quelques métros de retard et je n’aurais peut-être pas dû tomber des nues de cette façon durant la lecture.  Mais être le témoin d’enfants esclaves de leur mère qui produit des stories et transforme ses enfants en influenceurs malgré eux, j’ai trouvé cela révoltant.

Je ne voyais pas vraiment au début, où voulait en venir l’autrice, je pensais qu’elle allait s’attaquer aux reality shows de type Loft Story, mais une phrase annonce la suite lorsqu’elle écrit : « elle allait devenir célèbre », ce qui augure des moyens mis en œuvre pour que Mélanie, l’héroïne, arrive à ses fins. Le point de départ, l’enlèvement de sa fille, Kimmy, donne au roman un côté policier pas désagréable, mais ce n’est que le point de départ d’une problématique bien autre : on apprend que Kimmy et son frère Sammy sont source de revenus conséquents pour leur parents qui les filment dans leur vie quotidienne, qui les associent à des challenges idiots de type, on a dix minutes pour acheter tout ce qui commence par F, que cela soit utile ou pas, et l’on s’en vante sur You Tube. Je ne raconterai pas toutes les idées de génie de cette mère. 


Peu à peu , Delphine de Vigan nous fait découvrir les malheurs d’enfants désormais célèbres, qui n’ont rien demandé, et les conséquence d’une telle éducation, conséquences parfois graves. Ce roman quasi documentaire est très édifiant.


Comme je le fais souvent après la lecture d’un roman, je suis allée me renseigner, j’ai visionné quelques vidéos pour voir si tout cela était véridique. Et c’est les yeux écarquillés et sentant monter la colère que j’ai assisté au déballage de la vie d’enfants que l’on saccage, une vie remplie de vide.

Et la mère dans l’histoire, cette femme somme toute superficielle, persuadée de faire le bien, ne se rend même pas compte de ce que peut vivre Kimmy à l’école et dans sa relation avec les autres enfants. Sammy, lui semble mieux supporter les conséquences, toutefois on le retrouve plus tard, il n’est pas indemne.


Truman show m’avait fait de l’effet sans plus parce que je n’avais pas fait le lien avec la réalité, et le poids de l’internet dans nos vies était moindre dans les années 90, mais ce livre m’a marquée, et pour longtemps.


Merci Madame de Vigan, d’avoir dénoncé ces faits. Cela ne fera pas disparaître ces pratiques, l’appât du gain sera toujours très fort pour certains, mais puisse-t-on continuer à légiférer pour protéger nos enfants.

 


samedi 18 octobre 2025

Champs de bataille













Inès Leraud, Pierre Van Hove

Ed Delcourt, la revue dessinée, 20/11/2024, 192 pages.


Un champ de bataille, c’est ce qu’est devenu la France au XXème siècle, et on ne parlera pas dans cet ouvrage, de guerre, la littérature sur nos deux guerres mondiales étant déjà très abondante, non, on évoquera une guerre sournoise dont les objectifs seront une fois de plus le profit aux dépens de familles que l’on aura bien spoliées.

Cette guerre là trouve son origine dans le gouvernement de Vichy, ses effets commenceront à se faire sentir dans la France rurale des années 50, et possède sa part de responsabilité dans les problèmes climatiques aujourd’hui, cette guerre fut générée par le remembrement.

Le remembrement, j’en entends parler depuis ma plus tendre enfance, issue de milieu paysan, j’ai bien des fois entendu mes aînés parler des dégâts occasionnés par cette mesure, déjà simplement au niveau des haies supprimées, celles qui retenaient l’eau dont nos cultures ont tant besoin, remembrement par ci, remembrement par là… Et c’est en découvrant cette bande dessinée que j’ai eu envie de me documenter de façon plus profonde. Et je n’ai pu m’empêcher de me révolter avec les agriculteurs en première ligne, devenus dans certains départements de véritables guérilleros.

Le remembrement fut décidé en haut lieu et débute alors que la France a besoin d’une relance économique, que son salut est la croissance paraît-il, que l’amitié Franco-Américaine est au beau fixe, qu’un certain Monsieur Marshall veut lancer sa politique d’aide à l’Europe en reconstruction et écouler les tracteur américains, que certains spécialistes français y voit le profit énorme qu’ils peuvent tirer de l’agriculture, transformant les paysans en industriels de la terre, ces même paysans qui à leur tour, deviennent les vaches à lait.

Le remembrement, ou du moins la façon dont il s’est opéré, est juste inhumain : spoliation des petites parcelles, disparition des vergers et des arbres fruitiers 





plantés avec amour par une génération pour les générations suivantes, disparition des petites fermes qui ne font plus le poids, invitation « magnanime » contre dédommagement à lever le camp et partir à la ville pour devenir ouvrier (nouvelle forme d’exploitation), disparition en masse d’exploitations, recours aux pesticides, création d’un syndicat obligatoire qui deviendra la FDSEA, puis la FNSEA, le paysan n’a alors plus de marge de manœuvre, plus de pouvoir de décision, voilà où en est notre agriculture aujourd’hui.

Et dans nos campagnes alors paisibles, s’installe la discorde entre pro et anti remembrement, s’installe la tristesse de voir partir à l’abattoir, les chevaux remplacés par les tracteurs, s’installent les élevages industriels… le progrès oui sans doute, mais à quel prix humain ?  Et disparaissent les oiseaux et certains insectes, aujourd’hui encore, on se débat pour protéger nos abeilles…

Cette bande dessinée, vraiment complète, explique tout ce que vous vouliez savoir sur le remembrement, sujet auquel on est peut-être plus sensible suivant sa relation avec la terre. Toutefois les dégâts sont si conséquents que le milieu urbain les subit également, bien que quelques aménagements ont été décidés afin de mesurer l’impact écologique des décision prises désormais, ce qui ne constitue qu’une cautère sur une jambe de bois, l’argent et le profit ne cessent de mener le monde !

En conclusion, ce livre aide à comprendre que l’on ne doit pas jeter trop vite la pierre aux agriculteurs, leur marge de manœuvre et leur pouvoir de décision est si mince que prendre une orientation différente comme le bio par exemple, relève d’un courage et d’un dynamisme extraordinaire, en complément, on peut d’ailleurs s’intéresser à la série de bandes dessinées : les Seigneurs de la Terre.

Une excellente BD merveilleusement bien documentées.

 




Un champ de bataille, c’est ce qu’est devenu la France au XXème siècle, et on ne parlera pas dans cet ouvrage, de guerre, la littérature sur nos deux guerres mondiales étant déjà très abondante, non, on évoquera une guerre sournoise dont les objectifs seront une fois de plus le profit aux dépens de familles que l’on aura bien spoliées.

Cette guerre-là trouve son origine dans le gouvernement de Vichy, ses effets commenceront à se faire sentir dans la France rurale des années 50, et possède sa part de responsabilité dans les problèmes climatiques aujourd’hui, cette guerre fut générée par le remembrement.

Le remembrement, j’en entends parler depuis ma plus tendre enfance, issue de milieu paysan, j’ai bien des fois entendu mes aînés parler des dégâts occasionnés par cette mesure, déjà simplement au niveau des haies supprimées, celles qui retenaient l’eau dont nos cultures ont tant besoin, remembrement par ci, remembrement par là… Et c’est en découvrant cette bande dessinée que j’ai eu envie de me documenter de façon plus profonde. Et je n’ai pu m’empêcher de me révolter avec les agriculteurs en première ligne, devenus dans certains départements de véritables guérilleros.

Le remembrement fut décidé en haut lieu et débute alors que la France a besoin d’une relance économique, que son salut est la croissance paraît-il, que l’amitié Franco-Américaine est au beau fixe, qu’un certain Monsieur Marshall veut lancer sa politique d’aide à l’Europe en reconstruction et écouler les tracteur américains, que certains spécialistes français y voit le profit énorme qu’ils peuvent tirer de l’agriculture, transformant les paysans en industriels de la terre, ces même paysans qui à leur tour, deviennent les vaches à lait.

Le remembrement, ou du moins la façon dont il s’est opéré, est juste inhumain : spoliation des petites parcelles, disparition des vergers et des arbres fruitiers plantés avec amour par une génération pour les générations suivantes, disparition des petites fermes qui ne font plus le poids, invitation « magnanime » contre dédommagement à lever le camp et partir à la ville pour devenir ouvrier (nouvelle forme d’exploitation), disparition en masse d’exploitations, recours aux pesticides, création d’un syndicat obligatoire qui deviendra la FDSEA, puis la FNSEA, le paysan n’a alors plus de marge de manœuvre, plus de pouvoir de décision, voilà où en est notre agriculture aujourd’hui.

Et dans nos campagnes alors paisibles, s’installe la discorde entre pro et anti remembrement, s’installe la tristesse de voir partir à l’abattoir, les chevaux remplacés par les tracteurs, s’installent les élevages industriels… le progrès oui sans doute, mais à quel prix humain ?  Et disparaissent les oiseaux et certains insectes, aujourd’hui encore, on se débat pour protéger nos abeilles…

Cette bande dessinée, vraiment complète, explique tout ce que vous vouliez savoir sur le remembrement, sujet auquel on est peut-être plus sensible suivant sa relation avec la terre. Toutefois les dégâts sont si conséquents que le milieu urbain les subit également, bien que quelques aménagements ont été décidés afin de mesurer l’impact écologique des décision prises désormais, ce qui ne constitue qu’une cautère sur une jambe de bois, l’argent et le profit ne cessent de mener le monde !

En conclusion, ce livre aide à comprendre que l’on ne doit pas jeter trop vite la pierre aux agriculteurs, leur marge de manœuvre et leur pouvoir de décision est si mince que prendre une orientation différente comme le bio par exemple, relève d’un courage et d’un dynamisme extraordinaire, en complément, on peut d’ailleurs s’intéresser à la série de bandes dessinées : les Seigneurs de la Terre.

Une excellente BD merveilleusement bien documentées.

 


Un champ de bataille, c’est ce qu’est devenu la France au XXème siècle, et on ne parlera pas dans cet ouvrage, de guerre, la littérature sur nos deux guerres mondiales étant déjà très abondante, non, on évoquera une guerre sournoise dont les objectifs seront une fois de plus le profit aux dépens de familles que l’on aura bien spoliées.

Cette guerre-là trouve son origine dans le gouvernement de Vichy, ses effets commenceront à se faire sentir dans la France rurale des années 50, et possède sa part de responsabilité dans les problèmes climatiques aujourd’hui, cette guerre fut générée par le remembrement.

Le remembrement, j’en entends parler depuis ma plus tendre enfance, issue de milieu paysan, j’ai bien des fois entendu mes aînés parler des dégâts occasionnés par cette mesure, déjà simplement au niveau des haies supprimées, celles qui retenaient l’eau dont nos cultures ont tant besoin, remembrement par ci, remembrement par là… Et c’est en découvrant cette bande dessinée que j’ai eu envie de me documenter de façon plus profonde. Et je n’ai pu m’empêcher de me révolter avec les agriculteurs en première ligne, devenus dans certains départements de véritables guérilleros.

Le remembrement fut décidé en haut lieu et débute alors que la France a besoin d’une relance économique, que son salut est la croissance paraît-il, que l’amitié Franco-Américaine est au beau fixe, qu’un certain Monsieur Marshall veut lancer sa politique d’aide à l’Europe en reconstruction et écouler les tracteur américains, que certains spécialistes français y voit le profit énorme qu’ils peuvent tirer de l’agriculture, transformant les paysans en industriels de la terre, ces même paysans qui à leur tour, deviennent les vaches à lait.

Le remembrement, ou du moins la façon dont il s’est opéré, est juste inhumain : spoliation des petites parcelles, disparition des vergers et des arbres fruitiers plantés avec amour par une génération pour les générations suivantes, disparition des petites fermes qui ne font plus le poids, invitation « magnanime » contre dédommagement à lever le camp et partir à la ville pour devenir ouvrier (nouvelle forme d’exploitation), disparition en masse d’exploitations, recours aux pesticides, création d’un syndicat obligatoire qui deviendra la FDSEA, puis la FNSEA, le paysan n’a alors plus de marge de manœuvre, plus de pouvoir de décision, voilà où en est notre agriculture aujourd’hui.

Et dans nos campagnes alors paisibles, s’installe la discorde entre pro et anti remembrement, s’installe la tristesse de voir partir à l’abattoir, les chevaux remplacés par les tracteurs, s’installent les élevages industriels… le progrès oui sans doute, mais à quel prix humain ?  Et disparaissent les oiseaux et certains insectes, aujourd’hui encore, on se débat pour protéger nos abeilles…

Cette bande dessinée, vraiment complète, explique tout ce que vous vouliez savoir sur le remembrement, sujet auquel on est peut-être plus sensible suivant sa relation avec la terre. Toutefois les dégâts sont si conséquents que le milieu urbain les subit également, bien que quelques aménagements ont été décidés afin de mesurer l’impact écologique des décision prises désormais, ce qui ne constitue qu’une cautère sur une jambe de bois, l’argent et le profit ne cessent de mener le monde !

En conclusion, ce livre aide à comprendre que l’on ne doit pas jeter trop vite la pierre aux agriculteurs, leur marge de manœuvre et leur pouvoir de décision est si mince que prendre une orientation différente comme le bio par exemple, relève d’un courage et d’un dynamisme extraordinaire, en complément, on peut d’ailleurs s’intéresser à la série de bandes dessinées : les Seigneurs de la Terre.

Une excellente BD merveilleusement bien documentées.

 

Un champ de bataille, c’est ce qu’est devenu la France au XXème siècle, et on ne parlera pas dans cet ouvrage, de guerre, la littérature sur nos deux guerres mondiales étant déjà très abondante, non, on évoquera une guerre sournoise dont les objectifs seront une fois de plus le profit aux dépens de familles que l’on aura bien spoliées.

Cette guerre-là trouve son origine dans le gouvernement de Vichy, ses effets commenceront à se faire sentir dans la France rurale des années 50, et possède sa part de responsabilité dans les problèmes climatiques aujourd’hui, cette guerre fut générée par le remembrement.

Le remembrement, j’en entends parler depuis ma plus tendre enfance, issue de milieu paysan, j’ai bien des fois entendu mes aînés parler des dégâts occasionnés par cette mesure, déjà simplement au niveau des haies supprimées, celles qui retenaient l’eau dont nos cultures ont tant besoin, remembrement par ci, remembrement par là… Et c’est en découvrant cette bande dessinée que j’ai eu envie de me documenter de façon plus profonde. Et je n’ai pu m’empêcher de me révolter avec les agriculteurs en première ligne, devenus dans certains départements de véritables guérilleros.

Le remembrement fut décidé en haut lieu et débute alors que la France a besoin d’une relance économique, que son salut est la croissance paraît-il, que l’amitié Franco-Américaine est au beau fixe, qu’un certain Monsieur Marshall veut lancer sa politique d’aide à l’Europe en reconstruction et écouler les tracteur américains, que certains spécialistes français y voit le profit énorme qu’ils peuvent tirer de l’agriculture, transformant les paysans en industriels de la terre, ces même paysans qui à leur tour, deviennent les vaches à lait.

Le remembrement, ou du moins la façon dont il s’est opéré, est juste inhumain : spoliation des petites parcelles, disparition des vergers et des arbres fruitiers plantés avec amour par une génération pour les générations suivantes, disparition des petites fermes qui ne font plus le poids, invitation « magnanime » contre dédommagement à lever le camp et partir à la ville pour devenir ouvrier (nouvelle forme d’exploitation), disparition en masse d’exploitations, recours aux pesticides, création d’un syndicat obligatoire qui deviendra la FDSEA, puis la FNSEA, le paysan n’a alors plus de marge de manœuvre, plus de pouvoir de décision, voilà où en est notre agriculture aujourd’hui.

Et dans nos campagnes alors paisibles, s’installe la discorde entre pro et anti remembrement, s’installe la tristesse de voir partir à l’abattoir, les chevaux remplacés par les tracteurs, s’installent les élevages industriels… le progrès oui sans doute, mais à quel prix humain ?  Et disparaissent les oiseaux et certains insectes, aujourd’hui encore, on se débat pour protéger nos abeilles…

Cette bande dessinée, vraiment complète, explique tout ce que vous vouliez savoir sur le remembrement, sujet auquel on est peut-être plus sensible suivant sa relation avec la terre. Toutefois les dégâts sont si conséquents que le milieu urbain les subit également, bien que quelques aménagements ont été décidés afin de mesurer l’impact écologique des décision prises désormais, ce qui ne constitue qu’une cautère sur une jambe de bois, l’argent et le profit ne cessent de mener le monde !

En conclusion, ce livre aide à comprendre que l’on ne doit pas jeter trop vite la pierre aux agriculteurs, leur marge de manœuvre et leur pouvoir de décision est si mince que prendre une orientation différente comme le bio par exemple, relève d’un courage et d’un dynamisme extraordinaire, en complément, on peut d’ailleurs s’intéresser à la série de bandes dessinées : les Seigneurs de la Terre.

Une excellente BD merveilleusement bien documentées.

Merci 0 Inès Leraud et Pierre Van Hove pour cet ouvrage d'utilité publique.

 

dimanche 5 octobre 2025

 L’appelé












Guillaume Viry

Ed du canoë, 06/09/2024, 160 pages


Pour exprimer sa souffrance, son dégoût, peu de mots suffisent, et c’est ce que nous amène à comprendre Guillaume Viry dans ce roman surprenant.

D’abord étonnée par le style d’écriture sans aucune ponctuation, succession de lignes très courtes, écriture qui paraît hachée, j’ai failli abandonner, mais quelque chose me retenait, sans doute quelques mots échappés du texte m’ont-ils interpellée.

Peu de mots ont suffi pour comprendre la folie du héros, Jean, pour comprendre son mal-être, pour comprendre qu’il n’a pas choisi son destin, que la guerre d’Algérie s’est imposée, qu’il a subi l’horreur des massacres, qu’il est devenu témoin du viol et de la torture.

Ce livre m’a bouleversée, d’autant plus que je connais quelques personnes qui aujourd’hui ne sont  plus de ce monde et qui ont dû par malchance, effectuer leur service militaire au mauvais moment, avec en guise de formation, la guerre. Combien en sont revenus indemnes ?

Ce roman est marquant par les idées qu’il véhicule, et laissera une trace dans ma mémoire car j’ai vraiment trouvé géniale l’expression du ressenti par un choix minutieux des mots. Une œuvre d'art qu'il faut étudier, observer pour en extraire la substantifique moëlle.

Un premier roman très réussi.