Les larmes du Reich
François Médéline,
Ed 10x18, 7/04/22, 184 pages.
L’histoire d’un inspecteur de
police qui se rend sur le lieu d’un odieux crime : Les époux Delhomme sont
assassinés au fusil dans leur ferme. Ils avaient une fillette de 10 ans dont on
ne retrouve pas la trace.
A-t-elle été éliminée comme
ses parents ? Ce qui expliquerait sa disparition car elle demeure introuvable.
L’inspecteur Michel, homme solitaire se déplaçant sur de bien longues distances
à vélo, poursuit son enquête tout au long de roman, il cherche l’enfant, il
cherche le criminel, il cherche autre-chose, quelques indices feront comprendre
dès le début que sa quête n’est pas toujours louable.
L’auteur délivre avec
parcimonie les informations qu’il glane, ce qui rend le roman très intéressant,
car au fil des pages, se dessine une situation, un peu comme ces dessins
mystères au numéro que l’on voit apparaître après avoir disséminé ça et là, des
touches de couleur.
Nous sommes après-guerre, en
1951, et la narration, au présent, permet de voir que la France panse encore
ses plaies, que tout n’est pas au clair, que de lourds soupçons pèsent encore
sur le passé de certains personnages, un passé qui leur colle désormais à la
peau.
Certaines relations entre des
acteurs de la guerre et leur victime semblent peu crédibles, je n’en dirai pas
plus afin d’éviter de spoiler.
J’ai trouvé dans ce roman, quelque
chose de dérangeant, la guerre est terminée, mais on ne vient pas à bout de la
violence, une ambiance difficile à accepter dans cette histoire : la paix
est revenue, la corruption demeure, et la guerre offre son lot de conséquences
dramatiques. J’ai trouvé dérangeant également, mais peut-être est-ce parce que
j’ai lu cet écrit comme on passe sur une route, sans émotion, sans ressenti par
rapport à un sujet plus que préoccupant, sans jugement, sans pensée positive ou
négative. Bien curieux ressenti. Cela vient-il de la narration, y a-t-il une
volonté de banalisation de la violence d’après-guerre et de passivité de
certains personnages ?
Ce court roman me laisse une
drôle d’impression. Il est de ceux que l’on pourrait oublier, mais qui marque par
son côté court, son temps présent qui force à prendre les événements comme ils
viennent sans se soucier de l’après, et les idées qu’il véhicule.
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