Le roi des cendres
S.A. Cosby
Ed Sonatine, 2/10/2025, 544 pages
Je crois que je vais avoir des difficultés pour me prononcer sur ce roman. Un grand roman certes, un roman dans lequel je me suis laissé embarquer avec des personnages attachants ou pas, peu importe car c’est à leur psychologie qu’il vaut mieux s’attacher. Dans ce récit, on côtoie des bons et des perturbés voire des psychopathes, les bons, on les qualifierait plutôt de gens équilibrés, capables de décisions et raisonnement. Mais ne sont-ce pas les événements eux même qui façonnent Roman, le personnage principal ? Jeune homme intelligent qui possède les qualités nécessaires pour réussir sa vie, mais les solutions qui s’offrent à lui pour résoudre les problèmes de Dante, son jeune frère qui ne s’appelle pas « Dante » par hasard, sont limités : il s’impose où il meurt. Mais comment s’imposer face à une violence extrême si ce n’est en faisant régner cette violence ? C’est ce que très subtilement il décide de faire, en commençant par analyser l’ennemi et en jouant sur ses émotions. On aura alors envie d’affirmer que son courage est extrême si l’on considère le milieu où il devra agir.
On retrouve dans cette lecture, la trame typique du récit
voire du conte : le personnage de départ mène une vie assez tranquille en
s’enrichissant grâce à la finance, sa fonction première. Puis arrive
l’événement déclencheur, il est appelé suite à l’accident de son père,
désormais dans le coma, il revient dans sa ville natale, Jefferson Run, il
agira avec des aides contre les éléments hautement perturbateurs, jusqu’à la
situation finale, comme cela se passe dans nombre de romans, mais cette trame
transpire et s’impose tellement dans le récit, que l’on se sent apte à imaginer
la situation finale.
Les éléments perturbateurs m’ont beaucoup appris sur le
milieu du narcotrafic, sur le pouvoir de l’argent, sur la guerre des gangs,
accrochons-nous : les scènes ne sont aucunement édulcorées, je me suis
sentie mal à l’aise à chaque fois que je sentais arriver ces événements, je me
suis même surprise à serrer les dents.
Quant à la petite famille qui avait fait son nid dans
Jefferson run, ville désormais en proie à la violence et à la corruption, elle
tente de tenir bon, malgré une mère disparue, un père dans le coma, une sœur
qui se dévoue pour tenter de faire tenir debout l’édifice jadis érigé pas les
parents, un jeune frère qui se prépare des cocktails magiques avec la drogue
dont il dispose, un frère aîné qui
essaie de tenir bon aux commandes, mais semble bien parfois perdre le contrôle.
Ce roman, je l’ai trouvé dérangeant, peut-être parce que dans
mon cocon, je ne vois pas la réalité de certains groupes d’humains, peut-être
parce que l’extrême méchanceté m’est inconcevable, peut-être parce que les
personnages que l’on qualifie de « bons », ne sont peut-être pas ceux
qu’on croit et que leurs décisions déroutent.
La fin m’a laissée perplexe et m’a amenée à me poser d’autres
questions.
Ce roman est marquant et je ne pense pas l’effacer de ma
mémoire.
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