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samedi 21 septembre 2024

 Ce qu'il reste à faire













Marie de Chassey,

Ed Alma, 1/09/2023, 144 pages


Ce qu’il reste à faire, c’est écrire un billet sur ce roman que j’ai trouvé déprimant au point de ne pas le lire avant de m’endormir au risque de passer une mauvaise nuit. Il est court, heureusement, car je crois que j’aurais abandonné avant la fin.

Un roman déprimant au cours duquel on assiste à la progression d’un cancer incurable et agressif, chez une jeune femme qui n’a pas 25 ans, d’autant plus déprimant que la narration reste à un niveau descriptif, sans dialogue, un roman dans lequel on n’insuffle de la vie que dans les faits et gestes de la mère, Florence, qui s’agite, range, cuisine, fait des choix pour sa fille qui ne semble plus n’être que sa chose.

Je comprends tout de même que l’auteure souhaite partager le quotidien d’une femme qui masque son anxiété par l’action, qui expose les douloureux moments que l’on partage face à la maladie, face au deuil inévitable, face à l’impuissance de l’entourage à soulager la patiente, face au refus de la voir quitter le foyer pour l’hôpital.

J’ai lu ce roman parce qu’il faisait partie de la sélection des 68 premières fois, je n’aurais certainement pas, de moi-même, cherché à le lire.

Question de tempérament et de choix de lecture.

 

Notre Dame de Paris












Georges Bess, 

Ed Glénat, 8/11/2023, 208 pages.


Enthousiasmée par les critiques de cette bande dessinée, je me suis empressée de la réserver dans ma bibliothèque préférée. J’ai accueilli ce lourd volume avec quelques doutes : noire et blanc, épais, j’ai mis du temps à me décider à l’ouvrir.

Le charme a cependant opéré dès les premières pages, face à ces somptueuses planches dépourvues de couleur certes, mais si belles, aux personnages si vivants, aux visages tellement expressifs !

Je me suis replongée dans l’histoire d’Esmeralda, roman que j’ai dévoré voici quelques années maintenant, mais resté si présent dans ma mémoire, l’une de mes œuvres favorites et je me suis sentie rapidement à mon aise, la bande dessinée me rappelant certains passages ou certains personnages que j’avais oubliés, et me permettant de revivre d’autres épisodes que j’avais appréciés.

Le scénario me paraît fidèle au roman, j’ai eu quelques doutes sur les tours auxquels pouvait se livrer la petite chèvre d’Esméralda, mais en sollicitant ma mémoire, il me semble qu’il ne s’agit aucunement de l’imagination de l’auteur.

Les personnages sont en revanche moins beaux que ce que j’imaginais, ce fait est sans doute dû à l’influence de la comédie musicale, il ne faut pas espérer voir évoluer le poète Gringoire sous les traits du beau Bruno Pelletier, celui de George Bess possède les traits des individus de l’époque, et il n’est pas très attirant, Phoebus apparaît comme une brute sans finesse, Frollo porte sur lui un air sournois qui lui va à ravir, quasimodo est très réussi, Clopin est parfaitement imaginé, immense, puissant, dominateur et Esméralda... divine.

Le dessin est ciselé et d'une finesse inouïe, les vues superbes.

Cette bande dessinée est une merveille qui m’a donné envie de relire le roman, et de me procurer cette œuvre d'art qui mérite de faire partie de ma bédéthèque !

 

dimanche 8 septembre 2024

 Ce que je sais de toi













Eric Chacour,

Ed Philippe Rey, 24/08/2023, 302 pages



J’aurais pu refermer ce roman après quelques pages parcourues, l’emploi de la deuxième personne du singulier perturbant chez moi,  la prise d’information, moi qui ai parfois tant de difficulté à pénétrer au cœur des livres. J’ai donc insisté et je pense avoir eu raison. Le « tu » s’estompe tout en captant l’attention du lecteur : tu, cela signifie que l’on est en présence d’un témoin, mais qui est-il ? il faut arriver dans la deuxième moitié du récit pour le découvrir, bien que quelques indices rares et noyés dans le tout peuvent permettre de se faire une idée, c’est le côté quelque peu mystérieux que j’ai apprécié.

L’histoire en elle-même a excité ma curiosité, le contexte faisant office de terreau qui allait précipiter l’action : l’Egypte, la guerre des 6 jours, l’arrivée des salafistes, le brassage de population de ce pays, les coutumes et les mœurs qui interdisent toute ce qui est supposé être déviance.

C’est dans ce contexte qu’évolue Tarek, médecin qui consacre une partie de son temps au service des plus démunis dans le quartier des chiffonniers du Caire, là où débute l’intrigue. On le verra évoluer.

Roman original dans la présentation des personnages : le héros, Tarek, semble ne faire que passer, il agit un peu comme un acteur de film muet, se révolte -t-il ? oui, ressent-il de l’amour ? Oui,  mais c’est le témoin expose ses sentiments, qui décrit la société, prison sociale ou l’on se marie, ou l’on vit dans une communauté forte des règles que l’on ne peut transgresser sans se brûler les ailes.

La deuxième partie du roman m’a tout de même paru longue, avec beaucoup plus de passage décrivant la psychologie du personnage, ses décisions, sa recherche de la vérité.

Le roman termine sur une note apaisante.

Un très beau premier roman à l’écriture ciselée que je conseille vivement.