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vendredi 6 mars 2026

Les belles promesses




 








Pierre Lemaître

Ed Calmann Levy, 6/01/2026, 512 pages


C’est avec un peu de vague à l’âme que je laisse là, la famille pelletier après avoir refermé ce dernier tome que j’ai autant aimé que les autres. Encore une fois, j’ai dû me raisonner pour ne pas expédier ce pavé et pour le faire durer plus longtemps, mais que voulez-vous, quand ils plaisent, les livres deviennent de véritables refuges.

J’y ai retrouvé Jean, dit Bouboule, en espérant que son histoire aboutisse à quelque chose de concret et constater les conséquences de son comportement. J’y ai retrouvé Geneviève, en espérant que quelqu’un lui clouerait le bec, une Geneviève plus opportuniste plus menteuse et intrigante que jamais, plus inhumaine et intolérante. J’ai suivi François, comprenant ses doutes, espérant qu’il persévère dans ses recherches, j’ai observé Colette et Philippe, qui à eux deux pourraient faire l’objet d’un cinquième tome, ce serait intéressant.

J’ai encore une fois beaucoup appris sur ces années de prospérité qui conduisirent à de grands travaux à Paris, à un impitoyable remembrement et au début des groupement d’agriculteurs qui les amenèrent à affluer sur la ville faute de réussir dans leurs exploitations.

Cette saga est bien captivante, cependant ce dernier tome m’a semblé un peu rapide : peut-être aurait-il été intéressant d’en faire deux volumes, car si dans les précédents volets, Pierre Lemaître fournit des détails sur ce barrage qui a pour effet de faire évacuer toute une population, si la guerre froide et ses effets se font sentir, les problèmes du remembrement auraient pu être exposés avec plus de profondeur. Mais là n’était sans doute pas l’intention de l’auteur et cela n’aurait peut-être moins intéressés les lecteurs, plus soucieux de l’avenir de Jean. L’idée de faire passer ce dernier pour un héros me paraît à la fois intéressante car elle montre l’ambiguïté qui peut caractériser un individu, et révoltante pour le lecteur qui connaît son passé. C’est sans doute ce qui m’a donné envie de terminer ce livre : doit-on aduler Bouboule ou le faire descendre de ce piédestal que l’on est en droit de considérer comme non mérité ?

Pour ce qui est du Jeune Michel, Bébé sauvé par Jean, il n’y a que Geneviève pour exploiter la situation et mettre en avant la famille pelletier, sans quoi les événements qui suivent son accueil à l’assistance publique sont sans intérêt, c’est là mon point de vue.

Par ailleurs, l’alternance de chapitres courts et leur réparation dans le roman lui confèrent un suspense qui pousse à lire encore et encore.

Série à ne pas manquer pour tout amateur de saga.


 Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage














Maya Angelou, 

Ed Livre de poche, 30/09/2009, 352 pages


C’est l’histoire vraie d’une petite fille et de son frère que leur maman ne pouvait élever, qui voyagèrent seuls vers le sud, de St Louis dans le Missouri, vers Stamps en Arkansas, pour être recueillis en Arkansas chez leur grand-mère. C’est l’histoire d’une famille noire aux Etats-Unis, quelques années avant que n’éclate la seconde guerre mondiale. L’esclavage, puis la guerre de sécession ne sont pas si loin, on constatera alors combien la vie était difficile dans les Etats proches du sud où blancs et noirs ne se mélangeaient pas, où médecins et dentistes blancs refusaient de soigner les gens de couleur, où certains blancs se montraient impitoyable avec les noirs. Cette petite fille n’est autre que Maya Angelou qui se présente dans le premier tome de son roman autobiographique. Il y en aura sept.

Cette biographie montre comment Maya fut façonnée dès l’enfance pour devenir la célèbre écrivaine, poète, danseuse, dramaturge, une grande artiste.

Ce premier tome montre comment les descendants des esclaves furent unis dans la foi, Maya nous présente une aïeule pieuse, menée dans sa vie par un Dieu impitoyable et qui se montrera tout aussi impitoyable avec ses deux petits enfants. Deux principes : ne pas mentir et être toujours propres, et gare aux enfants qui s’écartent du droit chemin. Si l’éducation rigide montre une grand-mère dure, cette dernière n’en est pas moins aimante et attentionnée. Elle leur fournira de solides fondations basées sur l’amour et sur la persévérance.

Puis nos deux enfants retournent à St Louis, chez leur mère. Maya s’adapte tant bien que mal, malgré une terrible épreuve qui ne peut laisser indemne. On entre alors dans un contexte d’éducation plus libre, sans barrières imposées par la religion, Maya y apprendra une autre façon de vivre. Un élément fixe : le frère de Maya, Bailey, ce grand frère chéri.

Retour à Stamps où la grand-mère reprend en main ces enfants qui grandissent jusqu’au moment où, elle les renvoie définitivement en Californie, près de leur mère et de leur père.

La dernière partie montrera combien Maya fut capable de s’adapter à toutes situation, particulièrement avec son père.

Ce premier tome montre combien Maya était une personne vraie, sincère, humaine, et que son féminisme et son militantisme prend ses sources dans la prime enfance.

Dans ce livre, des scènes dures, des moments de grande tendresse, des anecdotes comiques, une biographie qui se boit comme du petit lait.

Je ne connaissais pas Maya Angelou, je suis heureuse d’avoir tant appris à son contact.