Les belles promesses
Pierre Lemaître
Ed Calmann Levy, 6/01/2026, 512 pages
C’est avec un peu de vague à l’âme
que je laisse là, la famille pelletier après avoir refermé ce dernier tome que
j’ai autant aimé que les autres. Encore une fois, j’ai dû me raisonner pour ne
pas expédier ce pavé et pour le faire durer plus longtemps, mais que
voulez-vous, quand ils plaisent, les livres deviennent de véritables refuges.
J’y ai retrouvé Jean, dit
Bouboule, en espérant que son histoire aboutisse à quelque chose de concret et constater
les conséquences de son comportement. J’y ai retrouvé Geneviève, en espérant
que quelqu’un lui clouerait le bec, une Geneviève plus opportuniste plus
menteuse et intrigante que jamais, plus inhumaine et intolérante. J’ai suivi
François, comprenant ses doutes, espérant qu’il persévère dans ses recherches, j’ai
observé Colette et Philippe, qui à eux deux pourraient faire l’objet d’un
cinquième tome, ce serait intéressant.
J’ai encore une fois beaucoup
appris sur ces années de prospérité qui conduisirent à de grands travaux à Paris,
à un impitoyable remembrement et au début des groupement d’agriculteurs qui les
amenèrent à affluer sur la ville faute de réussir dans leurs exploitations.
Cette saga est bien
captivante, cependant ce dernier tome m’a semblé un peu rapide : peut-être
aurait-il été intéressant d’en faire deux volumes, car si dans les précédents
volets, Pierre Lemaître fournit des détails sur ce barrage qui a pour effet de
faire évacuer toute une population, si la guerre froide et ses effets se font
sentir, les problèmes du remembrement auraient pu être exposés avec plus de profondeur.
Mais là n’était sans doute pas l’intention de l’auteur et cela n’aurait
peut-être moins intéressés les lecteurs, plus soucieux de l’avenir de Jean. L’idée
de faire passer ce dernier pour un héros me paraît à la fois intéressante car
elle montre l’ambiguïté qui peut caractériser un individu, et révoltante pour
le lecteur qui connaît son passé. C’est sans doute ce qui m’a donné envie de
terminer ce livre : doit-on aduler Bouboule ou le faire descendre de ce
piédestal que l’on est en droit de considérer comme non mérité ?
Pour ce qui est du Jeune
Michel, Bébé sauvé par Jean, il n’y a que Geneviève pour exploiter la situation
et mettre en avant la famille pelletier, sans quoi les événements qui suivent
son accueil à l’assistance publique sont sans intérêt, c’est là mon point de
vue.
Par ailleurs, l’alternance de
chapitres courts et leur réparation dans le roman lui confèrent un suspense qui
pousse à lire encore et encore.
Série à ne pas manquer pour
tout amateur de saga.