Maman dort
J’ai beaucoup apprécié le
début de ce court roman : l’auteur cite un fait divers comme il doit malheureusement
en survenir un certain nombre dans une année, un fait divers qui indique la
profonde solitude de certaines personnes. Être seul, c’est vivre seul au milieu
de la foule, dira Leni Escudero. Et c’est vrai. Cette femme sans histoire cependant
sera découverte sans vie grâce au préposé de la poste qui transmettra son
inquiétude, et c’est ainsi que la mairie de la petite ville découvrira l’inacceptable :
deux petites filles qui affirment que « Maman dort », deux petites
filles qui pendant une dizaine de jours, se sont nourries comme elles ont pu…
Témoignage autour d’une situation sordide, chapeau bas aux personnes
suffisamment dévouées pour intervenir, pour soigner la relation avec les
fillettes.
Ce roman, je m’y suis
introduite en témoin, avec grande facilité : le style me plaisait :
roman choral dans lequel chacun apporte sa vision des faits.
La seconde partie m’a déçue :
on oublie le roman choral, les filles ont grandi, l’ainée, Angélique, est
devenue une adolescente, avec des questions d’adolescente, sans plus. Les
filles ont été placées dans une famille d’accueil aimante et compréhensive.
Angélique découvre la vie, protège sa petite sœur, tombe amoureuse… j’ai
ressenti un manque de relief de cette deuxième partie ce qui m’a un peu ennuyée
durant la lecture. J’en suis arrivée à me demander ce qui pouvais différencier
Angélique d’une autre adolescente. La fin permettra toutefois de comprendre qu’elle
reste en recherche de ses racines, de son identité bien qu’elle reste très secrète
vis-à-vis de ses parents adoptifs, de ses lecteurs, de son entourage. Je pense
que j’aurais peut-être dû analyser plus finement ses actes et ses réactions
pour comprendre son vécu, toutefois le récit me semble une peu rapide et ne
permet pas de se faire une idée de la psychologie de ces deux sœurs.
Ce récit reste toutefois un
bel exemple de résilience.
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