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mercredi 22 avril 2026

 

Décrochage

 











Julien Fyot

Ed Viviane Hamy, 20/08/2025, 392 pages



Ce roman m’a paru très original par son contenu : un roman que l’on peut qualifier de policier puisque meurtre il y a, suivi d’une enquête. Mais un policier dans le milieu scolaire, ce n’est pas extrêmement banal, surtout quand la victime est un enfant. Mais considérons plutôt le récit comme une sorte de tremplin qui nous amène dans le milieu scolaire, milieu souvent dénigré quoiqu’inconnu pour qui ne le fréquente pas assidûment : parents et intervenants divers.

J’ai commencé par essayer de comprendre le « pourquoi » de l’étalage de la vie de J, notre professeur des écoles, mon explication sera la suivante : Enseigner est stressant d’avance, même quand tout se passe à merveille, on se retrouve quand même avec vingt-cinq à trente enfants dans une classe, on y vit un peu les uns sur les autres, il faut gérer l’ensemble, il faut gérer chacun, il faut se multiplier, l’auteur l’explique très bien dans un passage où il fait allusion à des animaux variés dont il faut respecter les différences. On travaille dans le bruit, on subit diverses contrariétés, bref, pas un métier facile. Dans le présent roman, le meurtre survient suite à une lutte dans la classe de J. Il se sent donc directement concerné. Ce qui peut parfaitement avoir des effets sur son comportement.

On assistera donc au parcours de ce J , enseignant qui se veut cool, compréhensif, psychologue. Oui mais, il accueille dans sa classe un nouveau, éjecté d’une ou plusieurs écoles, je ne sais plus. Un enfant qui paraît dès le début isolé par rapport à ses camarades et qui montre des réactions préoccupantes au début et hors norme par la suite. (J’ouvrirais une parenthèse à ce sujet, car, travaillant en ZEP, j’ai eu affaire à des enfants en grande difficulté de comportement que je ne suis pas près d’oublier, donc si dans ce roman, Brayan semble ne jamais laisser de répit aux adultes, dites vous que dans la réalité de tels cas sont rares, qu’il y a des moments avec répit et des moments sans. C’est vrai que le spécimen en fait baver aux éducateurs.

L’enseignant, lui, me paraît fade, est-ce pour cela que l’auteur l’appelle « J », pour insister sur son manque de personnalité ? En effet, J laisse tout couler : son ménage part à vau l’eau, qu’à cela ne tienne, l’inspectrice lui reproche d’isoler l’enfant ? Il réagit très intérieurement sans argumenter, plus loin, on s’apercevra qu’il s’incline face au démon qui terrorise les autres. Vraisemblablement, il est victime d’un « décrochage »

Faut-il voir dans ce roman, un appel au secours des enseignants qui n’ont aucun moyen d’agir face à certains cas d’enfants ? Je le crois, certains enfants s’ils ont besoin, comme les autres, de fréquenter l’école, relèvent plutôt d’un éducateur que d’un professeur. Faut-il sacrifier une classe et la priver des apprentissages indispensables pour accueillir des enfants en grande difficulté ? Eternel débat, en attendant, dans certains secteurs de plus en plus nombreux, ce n’est pas un perturbateur qui sévit, mais une proportion trop importante pour être gérées par une seule personne.

Je remercie Julien Fyot de montrer ce que peut être le milieu scolaire, afin que les « extérieurs » réalisent et comprennent le pourquoi de ces « décrochages » d’enseignants comme d’enfants et pourquoi notre système scolaire devrait être repensé.

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