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mercredi 10 août 2022

 11 septembre : le jour où le monde a basculé












Baptiste Bouthier, Héloïse Chochois

Ed Dargaud, 20/08/2021, 144 pages


11 septembre 2001, une date que l’on n’est pas près d’oublier. Ceux qui l’on vécue se souviennent encore de ce qu’ils faisaient lorsqu’ils ont appris la terrible nouvelle.

Cette bande dessinée reconstitue parfaitement l’enchaînement des événements, et, si elle peut paraître confuse, c’est parce que l’auteur exprime le climat de confusion qui régnait le jour même et dans les jours qui ont suivi l’attentat : population perturbée, foyers atterrés, fascinés et terrorisés qui regardaient en boucle les programmes afin de savoir ce que nul ne savait encore et ce qu’on pouvait imaginer pour l’avenir : conflit ? nouveau attentats ?

Le scénario, bien construit, est un bel exposé livré par l’œil de Juliette, exposé complet sur l’attentat en lui -même, les secours, les pompiers qui laissèrent leur vie entre les décombres, le problème terroriste, l’action des Etats-Unis. L’auteur traduit également à merveille l’état d’esprit des individus : événement anxiogène, compassion, recherche du sensationnel chez certains.

Je dois avouer que j’avais oublié certains aspect de cette terrible journée du 11 septembre, et lisant très peu la presse, j’ai reçu de ce livre, une compréhension plus fine du déroulement de cette catastrophe.

Bon exposé pour les personnes nées en ce début de siècle et qui n’ont pas vécu cet événement, pour les personnes qui veulent compléter leur information sur la question, pour la mémoire des gens qui laissèrent leur vie dans les avions et les tours.

lundi 8 août 2022

 La princesse des glaces













Camilla Läckberg

Ed Acte sud, Babel noir, 512 pages


Je me suis dit qu’il y avait longtemps que je n’avais pas lu un roman de Camilla Läckberg, auteure qui ne m’a jamais déçue.  Après avoir lu, dans le désordre, comme à mon habitude, Le tailleur de pierres, la faiseuse d’anges, et l’enfant allemand de la série Erica Falk et Patrik Hedström, je me suis décidée à lire le premier : La princesse des glaces.

On entre dans ces romans sans difficulté, et j’ai tout de même pris conscience que si les romans pouvaient fort bien être lu dans le désordre, il est intéressant de suivre l’évolution des protagonistes. Dans le présent récit, on découvre une Erika Falk bien seule, et un Patrik qui se remet avec peine d’un divorce, puis on sent, on sait qu’un couple va se former, on découvre deux amoureux timides et, ce qui rend leur situation comique, chacun craint de déplaire, ils ont mutuellement peur de l’autre. Et puis… !


L’intrigue est vraiment intéressante, histoire d’un crime qui prend sa source dans le passé de la petite communauté que représente Fjällbacka où une jeune femme est retrouvée morte dans sa baignoire, les poignets tailladés, ce qui fera penser à une suicide. Les déclarations et les silences des personnes concernées, famille, amis, seront à l’origine de rebondissements comme on les aime, et notre enquêteur rencontrera bien des difficultés à faire évoluer ses recherches dans cette petite ville ou tout le monde semble se connaître.


Cette série promet d’excellents moments de lecture et je vais désormais la lire dans l’ordre des titres.

vendredi 22 juillet 2022

 Les hommes ont peur de la lumière
















Douglas Kennedy

Ed Belfond, 5/05/2022, 255 pages


Enfin, Douglas Kennedy nous revient avec ce bon roman qui m’a ramené au temps de piège nuptial, des charmes discrets de la vie conjugale, quitter le monde…

 Un récit plein de rebondissement, de suspens, de belles personnes et de moins engagé vers le bien, de scènes suffisamment graves pour captiver le lecteur.

L’auteur y aborde ses thèmes de prédilection : la société américaine, le travail, l’exploitation, les débordement des puissants mais surtout un sujet grave qui demande réflexion : l’interruption volontaire de grossesse, sujet brûlant, particulièrement aux Etats-Unis, où des cohortes d’opposants sont capables de manifester plus que bruyamment, avec pour bannière, leurs émotions et leur génie culpabilisateur, et imperméables à toute discussion.

Je me suis sentie, dès le début du roman, dans la peau de Brendan, le personnage principal : un homme qui vit simplement, ne se pose pas trop de question, ne juge pas verbalement, un homme qui a baissé les bras face à une femme déterminée quoique déséquilibrée par les épreuves qu’elle a subies, et face à un prêtre, son ami d’enfance, corrompu et arriviste.

On assistera au cheminement de notre héros, aidé par une femme hors du commun et qui semble avoir les pieds sur terre, poussé par sa fille, Klara, jeune femme obstinée pour laquelle il est prêt à donner sa vie.

Le dernier tiers du livre est très mouvementé : difficile de refermer le livre avant de … savoir…

 

Un véritable page-turner relativement court que l’on referme avec un certain vague à l’âme.


lundi 18 juillet 2022

 

Alabama 1963












Ludovic Manchette - Christian Nimiec

Ed du Cherche midi, 7/10/2021, 352 pages


1963 : la guerre de Sécession est terminée depuis près d’un siècle, les esclaves ont été affranchis, le gouvernement américain tente timidement d’imposer des lois d’égalité pour en finir avec la ségrégation, mais hélas ! La question noire est plus que jamais d’actualité, plus que jamais en Alabama. Zoom sur cet état, où l’on fait connaissance d’Adela qui travaille pour les blancs, subit des injustices flagrantes que sa condition l’oblige à accepter, Adela, dévouée à sa famille, une petite femme courageuse, travailleuse, un tantinet coléreuse, déterminée qui promet d’excellents moments de lecture. Il faut dire que sur son chemin, se tiennent des personnages au tempérament bien marqué ce qui aidera à comprendre sa manière d’être et provoquera colère, sourire ou tristesse chez le lecteur. On y fait connaissance de ses amies et voisines, ses patronnes, son beau-frère, ses enfants…

…Et puis il y a Bud, peu recommandable sans doute, raciste, alcoolique, bagarreur, venant volontiers chercher querelle chez Lorraine, propriétaire du bar où il retrouve ses anciens collègues de la police, certains événements l’ayant obligé à démissionner pour devenir détective. Personnage intéressant que l’on verra évoluer tout au long du roman.

J’ai passé quelques heures délicieuses à la lecture de ce roman thriller plein de rebondissements et de surprises, un de ces romans passionnants sur la question noire aux Etats-Unis dans les années 60, à lire absolument pour compléter ces connaissance sur cette épineuse page de l’histoire d’Amérique.

mardi 12 juillet 2022

 

La mine d'or de Dick Digger











Morris

Ed Dupuis, 1/01/1949, 46 pages


La mine d’or de Dick Digger est le premier album de la série Lucky Luke. L’album comprenait à l’origine trois histoires dont la première, Arizona, fut publiée dans le journal de Spirou en 1946 et n’apparaît pas dans cet ouvrage.

L’album que je viens de terminer renferme deux histoires que l’on pouvait lire dans le journal de Spirou en 1947 : la mine d’or de Dick Digger, histoire d’un chercheur d’or assez indiscret qui s’attire bien des ennuis avec l’or qu’il a trouvé et le plan d’accès à sa concession.

Le deuxième épisode raconte les aventures de Mad Jim, sosie de Lucky Luke qui va être pendu pour avoir braqué une banque et tué tout le personnel. On se doute de la suite, Lucky Luke ressemblant à s’y méprendre au bandit.

Deux histoires à la fois agréables et inconfortables, le comique s’il n’est pas encore très développé, est bien présent, mais quoique déjà assez malicieux, ce n’est pas encore le héros dont on a l’habitude : svelte, habile au tir, exploitant la bêtise humaine, le dessin est plutôt grossier, la connivence avec Jolly Jumper existe, sans plus. Ce cow-boy ne demande qu’à évoluer.

Deux histoires toutefois riches en rebondissements, situations burlesques, action, on ne s’y ennuie pas même si on ne sent pas la signature de Goscinny, et pour cause, Morris en est l’unique et talentueux auteur. L’association du scénariste et de l’illustrateur, on le sent, ne pour qu’être un succès !

C’est parti pour un été dédié à notre cher cow-boy solitaire. Je sens que je vais m’amuser !

vendredi 8 juillet 2022

 

Les Seigneurs de la terre T3











Fabien Rodhain, Luca Malisan

Ed Glénat - 6/12/2017 - 48 pages


Suite à ses soucis de couple renforcés par l’accident de sa fille, Lou, dont il est la cause, suite à des révélations sur sa mère Florian vend sa ferme et s’expatrie en Inde où il espère la retrouver.

Il y croisera de belles personnes, s’y retrouvera confronté aux agissements de Misaint, la multinationale fictive mais représentative des groupements qui sévissent actuellement,  toute puissante,  qui impose OGM et pesticides à des populations qui doivent choisir entre mourir de faim et se nourrir des produits qui regorgent de glyphosate.

L’intérêt de ce volet, c’est la rencontre de groupes qui œuvrent pour préserver une terre et des semences anciennes traditionnelles. On y apprend beaucoup sur les cultures OGM, les pesticides et leurs méfaits.

J’y ai approfondi également la connaissance de cette merveilleuse femme : Vandana Shiva, femme de caractère dérangeante pour le commerce des empoisonneurs tout puissants, et de son combat :  manifestations pacifiques et distribution de semences saines.

Un tome très intéressant et édifiant. Un bémol, peut-être suis-je seule à ressentir cela, mais certains passages sont confus, comme s’il manquait quelques explications pour comprendre les agissements de personnages, et certains événements, ce qui oblige à des retours en arrière pour assimiler les informations.

Par ailleurs, les dessins, véritables photos aux couleurs renforcées sont un plaisir pour l’œil.

Une bande dessinée que chacun devrait lire pour comprendre que le respect de la terre passe par un combat acharné.

lundi 20 juin 2022

 Après












Stephen King

Ed Albin Michel, 3/11/2021, 336 pages




J’ai lu des roman du grand Stephen King bien plus passionnants et addictifs. Alors que je me réjouissais d’une bonne petite lecture de préférence nocturne pour me faire peur juste comme j’aime... pensez donc : une histoire d’enfant capable de voir les défunts et de converser avec ... J’étais déjà aux portes de l’au-delà... Mais je crois que je suis restée sur le paillasson, adieu donc, morts inquiétants, entités glauques et autres mystères ... Notre héros se contente de voir les morts qui ne peuvent pas lui mentir, qui s’effacent au fil des jours, et qui se présentent comme ils étaient quand ils sont passés de vie à trépas, de préférence bien amochés pour donner une impression d’horreur au lecteur.

Les personnages ? Une mère poule qui connaît le secret de son fils, sa compagne, Liz, policière pas clean et sans scrupule, qui essaiera par deux fois d’exploiter le don du jeune Jamie... et puis c’est à peu près tout... bien superficiel tout ça.

Au cas où le lecteur n’aurait pas compris, il assure et répète au long du roman qu’il s’agit d’une histoire d’épouvante. J’ai ressenti plus d’agacement que d’épouvante en progressant dans ce récit sans grand intérêt. J’espère que King se montrera plus grandiose la prochaine fois.