Pages

dimanche 25 octobre 2026

 

Dans les replis du temps












Kate Atkinson

Ed Livre de poche, 14/01/1998, 403 pages


Isobel. Isabelle. Isabelle Tarentelle – une danse un peu folle. Je suis folle, donc je suis. Isabelle. C’est ainsi que se présente notre narratrice, non sans avoir, auparavant présenté la famille dont elle est issue, celle qui remonte à la nuit des temps : la lignée des Fairfax qui entrèrent dans cette légende dont ils étaient eux-mêmes les héros. Et la légende ne s’arrête pas là, Isobel et son frère sont bien seuls avec on ne sait quel secret qui semble planer sur la famille, et quelle famille ! : le père, Gordon, qui semble vivre sa vie aux côtés des siens, bien discrètement, aurait-il quelques raisons pour raser les murs à ce point ? La tante Vinny, omniprésente dans la vie familiale et qui semble-t-il, fait office de baromètre, contribuant à l’ambiance tantôt glaciale, tantôt tiédasse de la maisonnée, Le frère, Charles qui cherche désespérément signe de vie de sa mère, Eliza, évaporée, disparue, partie sans ce qui comptait le plus à ses yeux : ses enfants… Mais je vous parle d’un temps… on va dire, présent, dans ce récit, car Isobel dans sa supposée folie, nous promène dans son histoire, s’immisce dans les sorties que le temps lui offre, elle s’accuse même de tuer le temps qui se venge, merci à l’autrice de ce beau clin d’œil à Alice, celle du pays des merveilles.

Donc Isobel part en arrière, dans le passé, où l’on rencontre l’aïeule, dite « la veuve », terrible maîtresse de maison, aux petits soins pour son fils Gordon qui, après son heure de gloire, introduit dans cette si tranquille famille anglaise (lol), le diable en la personne d’Eliza, ça c’est le point de vue d’une veuve jalouse et d’une tante acariâtre. Que d’action : on se pourrit allègrement la vie, on s’envoie de jolies répliques assassines, que d’ambiance !

On comprendra que, pris dans le tumulte de ces allées et venues dans le temps, l’humour est au rendez-vous, un humour quelques peu « So british » qui m’a happé. J’ai lu l’ensemble du roman à l’affût du moindre trait d’esprit d’Isobel dont les images servant à décrire les personnages m’ont comblée.

D’autres personnages ajoutent leur lot de drôlerie : Les voisins : Mrs Baxter, cuisinière hors pair, la douceur même, qui n’a d’autre choix que de côtoyer son directeur et maître d’école de mari, individu intransigeant et inquiétant. Les amies d’Isobel, Eunice ou Madame Je-Sais-Tout, Carmen la goinfre, Audrey Baxter, l’effacée.

Et je ris, je ris, parfois jaune, car le roman tourne souvent au tragique, certains chapitres qui semblent sans rapport avec l’histoire, nécessaires pour expliquer la genèse de certains personnages, sont bouleversants, mais heureusement l’humour de Kate Atkinson semble bien empêcher ce récit de devenir carrément glauque.

N’hésitez pas à pénétrer dans ce monde de légende qui confère à certains personnages ainsi qu’à l’environnement une dimension magique une ambiance dans laquelle il faut se laisser porter.

Une histoire familiale originale ! Je remercie Gwen d’avoir placé cette écrivaine dans la liste des œuvres du challenge solidaire, cela m’a permis une belle découverte.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire