Pages

mardi 25 décembre 2018


 De force


Karine Giebel

Ed Belfond, Pocket


  Je termine ce roman de Karine Giebel et je me sens encore toute retournée par  cette histoire. C’est ma faute, il faut l’avouer, ayant lu auparavant deux romans de l’auteure, je savais à quoi m’attendre concernant la dose d’horreur que je risquais de recevoir en pleine figure… c’est sans doute mon karma de lectrice qui veut cela : j’aime bien les émotions fortes, avoir un peu peur, passer une grande partie de roman à me demander comment les personnages vont s’en sortir… et là je dois dire que j’ai été servie copieusement question frayeur, dégoût, surprises et suspens !

Ou l’on assiste donc à la longue descente aux enfers d’Armand Reynier, professeur et chirurgien réputé, sale bonhomme imbu de sa personne qui croit qu’avec du fric, on peut tout acheter.
L’histoire commence après un prologue que l’on n’est pas en mesure de comprendre, avec l’agression de sa fille chérie, Maud, 20 ans,  par un homme qui tente de la violer. La mignonne voit sa dernière heure arrivée. Elle est sauvée par Luc, garde du corps de son état. Ce premier chapitre, je l’ai lu en serrant les dents, le corps raidi car témoin d’une scène horrible. Je me suis même dit que si tout le livre était comme ça, je ne tiendrai pas le coup… et puis le récit s’apaise en ce qui concerne la violence physique, mais pas la violence morale, car l’agression n’est qu’un premier avertissement au professeur Reynier qui sera victime d’un harcèlement d’un bout à l’autre du roman.

Le criminel : on ne sait rien de lui au début, puis on découvre petit à petit, à travers l’histoire du père et de sa fille qu’il a des comptes à régler, qu’il a décidé de prendre son temps pour faire souffrir de toutes les façons possibles.
Et là, le lecteur ne peut plus lâcher le livre, il se réveille en pleine nuit en s’interdisant d’y retourner.
Madame Giebel possède donc toujours autant de talent, sachant manipuler les ingrédients de la peur qui s’immisce progressivement chez les héros comme chez le lecteur. J’ai bien écrit les héros car dans cette histoire, il m’a semblé que chacun était un personnage principal, chacun reçoit sa dose de violence et se montre capable d’actes ou de paroles répréhensibles à l’intention des uns ou des autres, chacun est à certains moment la cible, le centre d’intérêt ou l’objet de profondes réflexions.

Puis vient la suspicion : comment le harceleur connaît-il si bien cette famille ? serait-ce une personne résidant dans la villa du professeur ? qui le renseigne ? autant de questions qui demeurent sans réponse jusqu’à la fin et qui font de ce roman un fameux page-turner.

J’ai eu bien des difficultés à trouver un autre thriller digne de ce nom après cette lecture, peur de m’ennuyer dans un autre qui serait forcément plus fade. Pas deux Giebel à suivre quand même ! d’abord parce que mes nerfs auraient peut-être du mal à le supporter, ou bien parce que je deviendrais complètement addicte et ne parviendrais plus à lire autre chose, et parce que je me réserve le plaisir de lire  d’autres romans de cette auteure en les éparpillant dans le temps pour plus de plaisir. C’est très curieux ces sentiments contradictoires : effrayée mais attirée, cela résume bien ma situation émotionnelle face aux écrit de Karine Giebel.

Je ne peux pas écrire « à lire absolument » car ce genre de littérature doit rester le choix de celui qui décide de s’y plonger. Je dirai plutôt lisez le si vous aimez les sensations fortes et ressentir de la peur en lisant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire