Le chevalier inexistant
Italo Calvino,
Ed Seuil, 1/01/1984
Charlemagne avance, clopinclopant,
il passe en revue ses paladins. Arrivé devant un chevalier à l’armure blanche impeccablement
entretenue, il lui demande de décliner son identité : et le chevalier
décline : il est Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes et autres de
Carpentras et Syra, chevalier de Sélimpie Citérieure et de Fez. Ce nom suffit
déjà à faire sourire, mais ce n’est pas tout, ledit chevalier, à la demande de
son empereur, relève sa visière : il n’y a personne. C’est le chevalier
qui n’existe pas. Son armure ne le quitte pas, il est prompt au combat,
soigneux et exigeant. Mais il n’existe pas, et là je me suis dit que j’avais
vraiment envie de poursuivre ma lecture pour savoir ce que cela impliquait, d’être
un chevalier inexistant…
On verra évoluer tout au long
de ce cours roman, quelques personnages au comportement comique : Raimbaut
de Roussillon, venu pour venger son père, en tuant Izoar émir chez les
sarrazins qu’il veut « bousiller » (sic).
La belle armée part au combat,
sur son chemin, elle rencontre un individu hors norme : il s’appelle
Gourdoulou dont le nom varie selon la région, les personnes qui le connaissent,
le pays même. Gourdoulou qui devient canard parmi les canards, grenouille au
milieu des grenouille et même poirier dans un verger. C’est le personnage qui m’a
le plus amusée. Il suit l’armée et devient sur ordre de l’empereur, l’écuyer du
chevalier inexistant dont on fera plus ample connaissance à travers son comportement
que l’on comprendra comme très logique vu sa condition.
Un autre personnage se
démarque, mais je ne le dévoilerai pas par peur d’en écrire trop.
Et toujours ave le soucis de
ne pas divulgâcher, je préciserai que les repas du guerrier sont particuliers
et fort compréhensibles en plus d’être vraiment amusants.
Italo Calvino démarre avec une
situation absurde qu’il assume. Il engage l’empereur et son armée dans une
sorte de dédale liés aux situations rocambolesques qui surgissent dans le
récit. Curieusement, si le début et les événements qui surviennent sont hors du
commun, le récit, lui, se déroule de la façon la plus logique qui soit, c’est
sans doute la contrainte que l’auteur s’impose, on rappellera qu’Italo Calvino
était membre de l’Oulipo. Son récit n’est pas sans rappeler les écrits de
Raymond Queneau. Ce sont des auteurs que j’ai plaisir à lire.
Ce fut vraiment une « lecture
plaisir », il fait partie des livres que je relirai volontiers histoire de
passer un bon moment. J’aime ces auteurs fantaisistes qui jouent avec le
langage et font preuve d’un imaginaire débordant.
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